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jeudi 12 octobre 2017

Lourd verdict dans le procès de la voiture de police brûlée quai de Valmy à Paris

Le président a suivi ou alourdi les peines demandées par le procureur dans l’ensemble, en s’autorisant des comparaisons limites. Les condamnés sont sommés de payer au syndicat de police Alliance, partisan du tout sécuritaire, 5000 euros de dommages et intérêts. Les condamnations se sont basées sur la foi du témoignage anonyme d’un policier du renseignement qui n’a jamais pu être contre-interrogé et dont les propos se contredisaient à plusieurs reprises : Angel B. : relaxé ("participation à un groupement en vue de la préparation de violences volontaires") / Leandro L. : coupable, 1 an de prison avec sursis ("participation à un groupement en vue de la préparation de violences volontaires") / Bryan M. : relaxé ("participation à un groupement en vue de la préparation de violences volontaires") ; coupable, 1000€ d’amende ("refus de prélèvement d’ADN") / Thomas R. : coupable, 2 ans de prison dont 1 avec sursis ("auteur de coups de poing et de coups de pieds sur le véhicule") / Kara B. : coupable, 4 ans de prison dont 2 avec sursis ("jet d’un plot métallique sur le pare-brise") / Ari R. : coupable, 5 ans de prison dont 2 ans et demi de sursis ("coups à l’arrière de la voiture à l’aide d’un plot métallique) / Nicolas F. : coupable, 5 ans de prison dont 2 et demi avec sursis ("coups sur le policier avec une tige") / Antonin B. : coupable, 5 ans de prison dont 2 avec sursis sans mandat de dépôt ("agression du policier à l’intérieur de la voiture et bris de la vitre arrière") / Joachim L. : coupable, absent, 7 ans de prison (jet du fumigène)... 

mercredi 16 août 2017

Lesbiennes, nous sommes les clandestines

Article publié dans Le Monde libertaire 1782 - du 15 octobre au 14 novembre 2016
Lorsque mon amie Mélusine m’a proposé d’écrire un article pour ce numéro consacré aux problématiques "LGBT", ma première réaction a été de me dire qu’en tant que lesbienne et féministe radicale, je ne me reconnais pas et je ne me suis jamais reconnue sous cet intitulé LGBTQ... I... Y... Z... et plus si affinités ! Trop de lettres dans une formule qui, une fois de plus, vise à ensevelir les femmes sous un fourre-tout mélangeant femmes et hommes, de tous bords politiques, diluant les préoccupations, l’Histoire et les spécificités du vécu des femmes. Femmes otages de revendications politiques qui ne sont pas les leurs. Défiler derrière une banderole portant des mots d’ordre pro-prostitution ou encore pro-GPA, lors de marches des fiertés, censées représenter TOUTES les lesbiennes. Nous menant ainsi tout droit à la coupure d’empathie et au sabotage de la sororité si vitale pour les femmes, opprimées et sacrifiées au nom de la toute-puissance libérale patriarcale !
Femme-ventre, femme-oreille, femme-vagin, femme-épaule, femme-petites-mains, femme-faire-valoir...
L’illusion, aussi, qu’il suffirait de vouloir inverser le rapport de force et que l’on pourrait adopter les codes des oppresseurs pour parvenir à changer la donne. Joliment briqués derrière une vitrine des plus fun et branchouille, intitulée "performances de genre" !
À mesure que je fréquentais le milieu LGBT, force était de constater qu’il contribue avant tout à cultiver chez les lesbiennes une certaine dose de misogynie, les rendant dissociées, alliées des hommes gays, mais surtout pas de toutes les femmes ni d’elles-mêmes ! "Ne me libérez pas, je m’en charge !" disaient nos soeurs d’hier ! Avons-nous donc oublié ?
Et puis, j’ai pensé à l’émotion que j’ai ressenti, cet été, à l’annonce si discrète de la mort de Françoise Maillet-Joris, autrice qui m’était jusqu’alors inconnue. Aucun article ne la présentait comme faisant partie de l’Histoire des cultures lesbiennes, pas plus que comme ancienne Compagne de Marie-Paule Belle. Dans le texte : "celle qui a vécu avec", "sa collaboratrice", mais pas CELLE QU’ELLE A AIMÉE, SON AMOURE, SA COMPAGNE. Il avait dû falloir pourtant une bonne dose de courage à cette femme, alors âgée de 19 ans, pour publier en 1951 un premier roman lesbien, "le rempart des béguines", alors que Françoise Sagan, derrière "Bonjour Tristesse", resterait longtemps contrainte à se dissimuler dans un placard à double fond ! Une fois de plus, les médias effacent l’identité lesbienne de ce parcours de femme, jusqu’après sa mort et, par conséquent, nous empêchent d’écrire notre Histoire, plus encore que l’Histoire du Peuple des Femmes.
Nous sommes les clandestines !
- Maman a prévu deux petits lits séparés de hauteurs différentes, dans la chambre, pour scinder notre couple jusque dans notre intimité.
- Ma compagne refuse que je décroche le téléphone filaire de notre appartement, qui lui sert de lieu de travail. Ses collègues pourraient comprendre...
- Je n’ai pas pu accompagner ma compagne lors du voyage annuel offert par sa boite dans un luxueux hôtel Marocain. Les cadres étaient invités à profiter de ce moment de détente avec leur conjoint, mais moi je n’ai pas d’existence...
- Mon nom ne figure pas sur la porte de l’appartement, pas plus que sur le bail. Nous avons craint les représailles lesbophobes.
- Nos regards restent en alerte dans l’espace public, et nos mains se lâchent brutalement au moindre signe de haine lesbophobe.
- Nous ne pouvons pas nous embrasser librement lors des départs sur les quais de gare. Les regards insistants me mettent mal à l’aise.
- Ma vie est un coming-out permanent : travail, médecin, administrations...
- Nous n’avons pas d’Histoire.
- Au Collège, les cours d’éducation sexuelle étaient hétéronormés. J’ai longtemps pensé être une femme sans désir.
- Le cinéma ne nous représente pas, ou nous vole tout ! Femme aux cheveux bleus. "le bleu est une couleur chaude", oeuvre de Julie Maroh pillée, piétinée... Abdellatif Kechiche... homme se croyant légitime à représenter des amoures lesbiennes, nous instrumentalisant au bénéfice des désirs masculins.
- Violette Leduc n’a pas fait partie des autrices à découvrir lors de mon cursus en Bac Littéraire et, pourtant... Et pourtant...!
- Les sites de rencontres proposent les cases "bi curieuse", "active", "passive", pour ne jamais inviter les femmes qui font le premier pas vers elles-mêmes à se reconnaître tout à fait.
- Bouleversée à la lecture d’un rare témoignage d’une femme ayant perdu sa compagne. Je réalise que je n’avais aucune représentation du deuil pour un couple lesbien. Aucun magazine ou autre média ne m’en a donné la possibilité. Pourtant, nous sommes confrontées aux mêmes affres de la vie, de même que nous vieillissons aussi.
Où sont ces femmes ?
- La première fois que j’ai embrassé une femme, j’ai pensé "c’est mal, mais qu’est-ce que c’est bon !"
- À 15 ans, dans ma petite ville natale, je n’avais aucune possibilité d’identification à des lesbiennes, pas de mots pour imaginer ou vivre ma réalité. À 19 ans j’ai dû partir !
- À 15 ans j’étais lesbophobe, parce que colonisée par le système patriarcal dans lequel je baignais comme toutes individues. J’avais déjà intégré la haine des femmes et de mon lesbianisme.
- La gynécologue m’a débité un questionnaire hétéronormé et a parue gênée, lorsque je lui ai dit que je n’étais pas concernée.
- À la réception de l’hôtel, face au regard intrusif du réceptionniste, ma compagne, envahie par la honte, m’a fait passer pour sa nièce.
- À la pause entre collègues je ne partage pas les anecdotes sur mon quotidien. Les miennes auraient un goût de désordre.
- Je suis femme, lesbienne, et ainsi érigée, je suis un affront.
- Elle dit qu’elle a eu un béguin, une attirance pour une femme, mais elle était bien jeune..., enfin c’était avant ...!
- Elle est en colère contre elle-même d’être troublée par une femme. Elle dit que c’est trop tard. On ne devient pas lesbienne à 50 ans, ça ne se fait pas !
- On m’a souvent dit que je ne faisais pas lesbienne !
- Elle dit, concernant le partage charnel entre femmes, que de nos amours hors-normes, tout reste à inventer, et j’aime cette idée !
Reconnaissons-nous femmes, amies, amoures et soeurs, dans un espace sécure, que nous nous offrons, pour nommer, dire, partager, ressentir, s’écouter, s’écrire, se définir, se préférer, se choisir, se soutenir, et amorcer ainsi un nouveau virage. Car c’est bien de cela dont il s’agit et dont nous avons vitalement besoin !
Esquisser ensemble les contours de la sororité pour ne plus être les clandestines aux consciences mutilées !
Periquita

samedi 8 juillet 2017

De la poudre de perlimpinpin

Après toutes ces élections, on nous annonce que la « révolution » est en marche, que nos vies vont changer, s’améliorer, ... grâce à la secte « mais en même temps» la république en marche sous la houlette de leur grand gourou E. macron qui ne commente rien mais dirige tout en sous main. Ce gouvernement,à grand coup de renfort médiatique, nous annonce plusieurs mesures dites fortes ou phare comme le dédoublement des classes de CP, la continuité de l’interdiction des pesticides qui tuent les abeilles, le renouvellement à mi mandat de tous les postes clefs de l’assemblée sans la possibilité de se représenter.

Ne nous leurrons pas, ces mesures ne sont la que pour mieux masquer les vraies objectifs du gouvernement notamment la nouvelles lois travail, inscrire l’état d’urgence dans la constitution, la suppression de 120.000 fonctionnaires, augmentation de la CSG, … qui toutes seront mises œuvre par ordonnances et non pas par vote des assemblées, vive la démocratie ! Si on est taquin, on notera que ce renouvellement à mi mandat des postes clef de l’assemblée nationale tombe juste avant des élections majeurs tels que les municipales, régionales et départementales. On ne peut croire que le grand chef, selon le sens du vent (droite ou gauche), se mettra dans le bon sens pour « rester en marche », #lopportunismecouledansmesveines.

Ho la belle assemblée !/? On nous rabâche les oreilles qu’il n’y a jamais eu autant de femme à l’assemblée nationale. Si on regarde de plus près, certes il y a 223 femmes sur 577 députés, mais aucune n’a de poste à responsabilité, de l’extrême gauche à la droite, chasse garder des hommes, de plus les 4 grands postes clef de l’État sont tenus par des hommes. Ce n’est pas parce que ce sont des femmes qu’elles sont forcément féministes et ce n’est pas en mettant des marionnettes à l’assemblée et au gouvernement que c’est la fin du patriarcat. On peut aussi noter que cette assemblée nationale, paritaire ou pas, ne sera la que pour faire bonne figure car les « vraies » lois seront toutes faites par ordonnances et non pas par vote. Sous couvert « les francais-es- veulent que leur vie change rapidement», la monarchie présidentielle prend tout ses aises sous l’approbation/le renoncement de la population. On nous dit aussi que 424 députés sont « novices », mais si on regarde de plus près, ces mêmes nouvelles/eaux ne le sont pas autant que cela, entre celles et ceux qui travaillaient pour d’anciens députés, ministres et celles et ceux qui travaillaient pour de grands groupes industrielles, pharmaceutique, lobbyistes de tout bords … Ils ne fait nul doute qu’elles/ils seront renvoyés l’ascenseur à leurs anciennes compagnies.

Les attaques contre nos libertés, nos droits de travailleur-se-s, de chomeu-ses-rs, de syndicalistes, tout simplement contre nos vies… vont se multiplier à grands coups d’ordonnances, organisons nous et ripostons ! Ils ont besoin de nous, nous n’avons pas besoin d’eux ! Re-prenons nos vies en mains ! Pour l’autogestion, la démocratie directe, l’égalité économique et sociale !

jeudi 9 mars 2017

Monde libertaire n°1785







ÉDITO DU ML N°1785

DOSSIER : ANTIMILITARISME

« Je veux aller de l’avant pour que la liberté ne recule jamais » ; non ce n’est pas une réplique de La Reine de Neiges, ni une citation d’Élisée Reclus.
Non, aujourd’hui, le monopole de la liberté et du progrès est entre les mains de notre belle armée française. Aujourd’hui, « la grande muette » a tendance à l’ouvrir un peu trop. Le bruit de ses bottes dans les gares, ses pubs à chaque arrêt de bus, et cet odieux slogan, entre une chanson de Nirvana et l’invitation d’un fameux fast-food : « Devenez vous-même ». On peut même lire sur ses sites internets la crème de sa philosophie novatrice : « On ne naît pas soldat, on le devient ». Voilà à quoi ressemble l’armée aujourd’hui : moderne, connectée, sociale et humanitaire, et aussi proche de la réalité qu’une mission en mode « difficile » d’un jeu vidéo. N’est-elle pas magnifique ? Elle semble tellement l’être qu’on voudrait aujourd’hui nous y renvoyer pour un « service civique » ou une « garde nationale ». Face à ces idées, à cette propagande l’anti-militarisme n’est donc pas une lutte du passé. L’Ukraine, la Syrie, le Mali, la Palestine : si la guerre change de forme, elle reste pourtant toujours la même. C’est convaincu de la nécessité de la poursuite de ce combat que Le Monde Libertaire a voulu ce mois-ci consacrer son dossier à l’antimilitarisme. Contre sa discipline, contre sa violence, contre son mensonge, nous nous devons de continuer à clamer haut et fort : maudite soit la guerre, maudits soient ses bourreaux. 
 

SOMMAIRE


Édito - le CRML 01
TERRAINS DE COMBAT :
Sexisme en médecine - FÉLIX 02
LE DOSSIER DU MOIS : 2017 : TOUJOURS ANTIMILITARISTES !
Quelques réflexions sur l'antimilitarisme et l'anarchie - RAMON PINO 10
Antimilitarisme, abolition de l'armée, non-violence, désarmement unilatéral - JEAN-MARC RAYNAUD 13
Entretien avec l'Union pacifiste de France - CRML 15
Je n'irai pas ! - HUGUES LENOIR 20
Désobéir à la guerre - LES DÉSOBÉISSANTS 21
Acte des colloques de Francesse et de St-Nazaire - JEAN-MARC RAYNAUD 23
Le temps de l'insoumission totale - DANIEL AÏACHE 25
Refuser de faire la guerre - MICHEL AUVRAY 30
Récit d'un ancien appelé qui déteste l'idée du service militaire et l'armée - FAB 33
Service militaire : le retour ? - PATRICK SCHINDLER 38
Pax neoliberalia - HÉLÈNE 41
Construisons des digues de paix en nous pour contrer les flots de la peur - FRED 44
Des chants pas patriotiques du tout ! - JIHEL 45
Être antimilitariste aujourd'hui ? - PIERRE SOMMERMEYER 47
ZONES DE CHANTIER :
Non ! M. le banquier, le paysan n'est pas un "agri-manager" !... - (Entretien) CONFÉDÉRATION PAYSANNE 54
SECTEURS À EXPLORER :
Le riz est-il pain bénit ? - NESTOR POTKINE 57
Qu'est ce que NE PAS être anarchiste ? - STÉPHANE POLSKY-HICHERI 59
SANS FRONTIÈRES :
Traversée du miroir - MONICA JORNET 61
DOMAINES CULTIVÉS :
Cinéma et Moyen-orient. Trois réalisatrices s'emparent de la caméra - CHRISTIANE PASSEVANT 63
"De la beauté de ne pas savoir la vérité" - CHRISTIANE PASSEVANT 65
Agenda des sorties cinéma - CHRISTIANE PASSEVANT 66
Musique : Angry cats - CHRISTIANE PASSEVANT 66
Musique : T. Hymas joue Léo Ferré - THIERRY VANDENNIEU 66
A propos du livre de G. Davranche : trop jeunes pour mourir. - RENÉ BERTHIER 68
La race comme si vous y étiez - LE FURET 70
1936 à travers le Libertaire - THIERRY GUILABERT 70
La quiche était froide - THIERRY GUILABERT 71
ARCHIPEL LIBERTAIRE :
La conquête du pain ne fermera pas ! 72
Bulletin d'abonnement 73
Les groupes de la Fédération anarchiste 74
Le programme de Radio Libertaire 76
Agenda militant Couverture

lundi 23 janvier 2017

Un militant des IWW blessé par balle d’un coup de revolver à Seattle

Vendredi 20 janvier et samedi 21 janvier, il y a eu de nombreuses manifestations anti-trump et anti-capitaliste. Lors de celle qui passait par l’université de Whashington à Seattle, pour contrer et empêcher un discours pro-trump du fasciste Milo Yiannopoulos (suprémaciste blanc), un membre des IWW (confédération syndicaliste révolutionnaire) a reçu une balle à bout portant.
Ci-dessous la traduction de l’appel de fond pour lui payer les soins et les probables frais de justice.

Le CRML


"Dans la soirée du vendredi 20 janvier, un de nos compagnons a été blessé d’une balle dans l’estomac dans le lieu le plus public du campus de l’Université de Washington à Seattle – un endroit appelé «Place Rouge» pour la couleur de ses briques plutôt que pour sa politique.
Ce compagnon (c’est ainsi que les membres de l’IWW se désignent entre eux) est un militant anti-fasciste actif de longue date, membre des Industrial Workers of the World (IWW) et du Comité de Défense Générale de l’IWW. Il est actuellement dans un état critique à Harborview Hospital à Seattle. Ils ont un centre de traumatisme de niveau 1, donc il est probable qu’il reçoive la meilleure qualité de soins disponibles, ce pour quoi nous sommes profondément reconnaissants.

Comment réagissons-nous ? Nous construisons une présence anti-autoritaire, anti-capitaliste, antiraciste, anti-sexiste et antifasciste élargie à Seattle, et cette personne était à la tête de cet effort. Est-ce que d’autres sont prêts à s’avancer et à le remplacer pendant qu’il guérit ?
Nous n’avons pas beaucoup de temps pour montrer au monde ce qui est clair pour nous : nous subissons une attaque armée. La droite fasciste sait où nous trouver – les manifestations anti-Donald Trump, ou les actions contre la brutalité policière. Dans les Villes Jumelles [Minneapolis et Saint-Paul] vient de commencer le procès d’Allen Scarsella, un des suprématistes blancs qui s’est rendu à la quatrième circonscription à Minneapolis en novembre 2015 et a ouvert le feu, tirant sur de nombreuses personnes.
Nous n’avons pas la confirmation que la personne qui a tiré sur notre compagnon était un contre-manifestant en colère contre ceux qui protestaient contre la détestable misogynie blanche nationaliste de Milo. Nous savons qu’il s’est rendu lui-même à la police plusieurs heures plus tard, en revendiquant la « légitime défense ». C’est bien sûr exactement ce que Scarsella a également fait.
Notre ami aura d’énormes frais d’hôpital et sans aucun doute des frais juridiques aussi. Il subira également une perte importante de revenus. Soutenons-le afin qu’il n’ait pas à s’inquiéter de ce genre de problème. S’il vous plaît donnez. Tout l’argent sera contrôlé directement et rien ne sera attribué à aucune autre cause, à l’exception des frais associés au service de collecte de fonds utilisés.
S’il vous plaît ne vous contentez pas de donner ; dites à vos amis, à vos familles et à vos organisations de donner. Cela peut sembler décourageant, mais voici pourquoi ils devraient le faire :
Il ne s’agit pas seulement d’un individu. Vos amis et vos familles savent que la situation a radicalement changé. Ils savent que les choses changent rapidement, et ils ont beaucoup entendu le mot fascisme depuis que Trump a été élu. Ils peuvent même soupçonner que le rythme effréné des révélations médiatiques et des décisions de l’exécutif vise à les distraire et à les faire se sentir impuissants.
Il s’agit de protéger ceux qui se sont déjà mis en avant pour nous protéger. Ceux qui se sont organisés pour nous et qui se sont engagés avant même Donald Trump ait été élu. Il s’agit de les protéger. Il s’agit d’encourager NOTRE côté à s’organiser pour se protéger, plutôt que de simplement solliciter la protection contre les fascistes et les racistes. Dont certains sont maintenant au pouvoir.
Nous devons leur assurer un soutien généralisé, et nous devons le faire au nom de l’anti-fascisme organisé. Nous devons démontrer que, indépendamment de notre propre analyse politique ou de notre identité – progressiste, libérale, de gauche, radicale, etc. – nous soutenons l’antifascisme et nous soutenons les antifascistes. Nous ne laisserons pas les nôtres en arrière. Nous soutiendrons les efforts antifascistes, surtout parce qu’ils sont plus nécessaires que jamais, et parce que ne pas les soutenir en ce moment crucial serait une catastrophe.
Merci de lire cet appel jusqu’au bout. Il est difficile d’entendre qu’un compagnon a été blessé par balle. Nous n’avons peut-être pas tout exprimé de la manière la plus organisée ou la meilleure, et si tel est le cas, veuillez accepter nos excuses.
Nous espérons que vous envisagerez de faire une contribution et peut-être écrire des lettres ou d’appeler le président de l’Université de Washington en exprimant votre soutien à la victime de la fusillade et aux manifestants, en exprimant vos critiques à l’égard de l’administration de l’Université Washington qui a autorisé un événement dont elle savait qu’il allait encourager la violence contre les groupes minoritaires. Maintenant, ils ont obtenu ce qu’ils auraient dû prévoir. Appelez ou écrivez au procureur du comté et exigez des poursuites agressives. Appelez les conseillers municipaux de Seattle et demandez-leur de publier une déclaration publique de condamnation des attaques violentes contre des manifestants antiracistes et antifascistes, et demandez-leur de soutenir notre compagnon.
Dites la vérité à vos voisins. Changez le récit que les médias vont essayer de vous présenter."

SOURCE : https://www.crowdrise.com/medical-fundraiser-for-iww-and-gdc-member-shot-in-seattle

Trad. René Berthier pour le Monde libertaire 

LE MONDE LIBERTAIRE N°1784



ÉDITO DU ML n°1784

Dossier : nouvelles technologies

La fête au sapin vient de passer, le nouvel an aussi. Alors que vous digérez tranquillement vos différents excès, vous vous repassez le film en accéléré.

Bien sûr, vous avez abonné tout vos proches au Monde Libertaire, et ça, c’est bien. Mais soyons réaliste : le ML, c’est pas ce qui se vend le mieux en fin d’année…
Sous le sapin, on trouvera plutôt du drone, du smartphone, de l’ordinateur, de la console vidéo.
Clairement, les « nouvelles technologies » ne le sont plus tant que ça, en ce début d’année 2017.
Alors bien sûr, tout ça nous facilite plutôt les choses. Tenez, rien que pour faire ce journal, nous avons utilisé massivement Internet, nos ordinateurs etc.

Le CRML travaille en équipe, mais une équipe dispersée dans toute la France. Même si on s’aime bien, on se voit pas beaucoup en chair et en os. Heureusement, on a de super outils (rien qu’à nous) et des moyens de communication résolument modernes.
Le problème, c’est qu’avec toutes les possibilités offertes par les nouvelles technologies, viennent aussi pas mal d’interrogations nettement moins sympathiques concernant la protection des données, la surveillance de masse, l’extraction des métaux rares etc.

Nous ne voulons pas, ici, dresser un tableau totalement négatif, ni faire d’angélisme concernant les nouvelles technologies. Nous avons voulu mettre à contribution nos plumes sur un sujet qui nous concerne tou.te.s, de près ou de loin. 
 

SOMMAIRE


Édito - le CRML 01
TERRAINS DE COMBAT :
État d'urgence : quand l'exception devient la règle - JEAN-JACQUES GANDINI 02
Faire face à une perquisition de la police au petit matin : conseils pratiques - MARION 06
Cherche-t-on à museler une radio libre ? - FAB 08
La double peine des migrants LGBT - PATRICK SCHINDLER 10
Face à la répression antisyndicale et à la loi Travail, ne lâchons rien ! - BERTRAND 12
SECTEURS À EXPLORER :
Science ou hiérarchie ? - XAVIER ZAMBRANA-PUYALTO 48
En finir avec l'EPR, en finir avec le nucléaire - ÉLAN NOIR 51
Du paysan au paysan - JEAN-PIERRE TERTRAIS 54
SANS FRONTIÈRES :
Mondialisation et exploitation - FRICCHE (FAI) 57
DOMAINES CULTIVÉS :
Personal shopper - FRANCIS GAVELLE 60
Fernando Solanas : un cinéaste en colère - THIERRY VENDENNIEU 62
38ème Cinemed : un cinéma méditerranéen sans frontières - CHRISTIANE PASSEVANT 64
Agenda des sorties cinéma - CHRISTIANE PASSEVANT 65
What matters nox par Ursus Minor - THIERRY VANDENNIEU 66
Le maître insurgé - HUGUES LENOIR 67
La grande transformation - GREG 69
Chantal Montellier - CHRISTOPHE 71
ARCHIPEL LIBERTAIRE :
Bulletin d'abonnement 72
Les groupes de la Fédération anarchiste 74
Le programme de Radio Libertaire 76
 

dimanche 30 octobre 2016

LE MONDE LIBERTAIRE N°1782

 

SOMMAIRE


Édito - le CRML 01
TERRAINS DE COMBAT :
Loi travail, après la rue - Guillaume 02
LE DOSSIER DU MOIS : NO GENDER, NO MASTER !
Bref rappel historique de l'homosexualité permise - Nestor Potkine 06
Les bi.e.s sont il.le.s bienvenu.e.s ? - Séverine 07
Interview d'Harvey Tronti - Gilles Durand 08
Les luttes continuent - Florence Varin 11
Ma communauté - Jules 12
Lesbiennes, nous sommes les clandestines - Periquita 13
Les gays sous le franquisme - Patrick Schindler 16
Constat personnel des dérives normatives du mouvement LGBTIQ - Fab 19
À la croisée des mondes - Angèle 21
Les lesbiennes dans le mouvement LGBTIQ : ah bon, il y en a ? - Edwige Marty 23
Penser un féminisme plurisexuel - Élisabeth Kam 25
La belle histoire d'Act-Up Paris - Patrick Schindler 28
PORTFOLIO :
Homofilia : Out in the street - Fotini Tikkou 34
ZONES DE CHANTIER :
Nuit debout - Luc Rigal 38
Nature et Progrès : entretien - Patrick Schindler 41
SECTEURS À EXPLORER :
La morale de Donald - Nestor Potkine 45
SANS FRONTIÈRES :
Xème congrès de l'IFA- Fred 49
DOMAINES CULTIVÉS :
Arménie, si loin du ciel - Stéphane 51
Dans la bibliothèque - Olivier Bouly 56
Nous, ouvriers - Philomène le Bastard 59
Close encounter with Vilmos Zsigmond - Christiane Passevant 60
Agenda des sorties cinéma - Christiane Passevant 62
ARCHIPEL LIBERTAIRE :
Agenda militant 64
Les groupes de la Fédération anarchiste 66
Le programme de Radio Libertaire 68

Edito


Dossier : No Gender, No Master !

C’est l’histoire de Kara, jeune transsexuelle américaine, arrêtée à la suite de l’incendie de la voiture de police au bord du canal Saint-Martin le 26 mai 2016, qui est à l’origine du choix de ce dossier. Son histoire, c’est aussi celle d’innombrables personnes, homosexuel.le.s, transsexuel.le.s, transgenres ; en somme, toutes ces personnes qui participent à ces combats quotidiens regroupés derrière ces lettres : LGBTIQ.

Ce sigle, qui est en constante évolution, dit toute l’activité de ses acteur.trice.s, mais aussi la complexité de leur combat. Mais que désigne-t-il au juste ? Comment l’appréhender et le comprendre ? Au-delà du Lesbians, Gays, Bi, Trans, Intersex, Queer, il désigne une communauté qui cherche à s’exprimer et à se protéger contre le système patriarcal, hétéronormé, qui représente une structure oppressante et discriminative pour les individu.e.s qui ne s’y retrouvent pas.

Le Monde Libertaire a voulu donner la parole à ces personnes qui subissent tous les jours, et depuis trop longtemps, des violences physiques, morales, psychologiques. Par ces témoignages et ces pensées, nous espérons pouvoir offrir un espace d’expression et de réflexion dont sont trop souvent privé.e.s les LGBTIQ.

 

mercredi 21 septembre 2016

LE MONDE LIBERTAIRE N°1781 en Kiosque



SOMMAIRE


Édito - le CRML 01
TERRAINS DE COMBAT :
Tout commence ! - Maurice 02
Défendons la ZAD ! - Les lapin-e-s enragées 04
Le boycott, trois histoires - Pierre Sommermeyer 06
Lettre aux lecteurs - Administration du ML 09
LE DOSSIER DU MOIS : QUELS SYNDICALISMES ?
Nos petites grèves feront la grande - Guillaume Goutte 10
Le syndicalisme est avant tout un "lien de vie" - Fab 14
Reconsidérer l'histoire du syndicalisme révolutionnaire - René Berthier 15
Autour des orientations syndicales de la CNT espagnole d'après un de ses acteurs - Gwénolé Kerdivel 19
Syndicaliste à vendre - Justhom 21
(Comment) faire vivre l'esprit des bourses du travail aujourd'hui (?) - G. Blèque 23
Proposition de structuration d'une caisse de grève interprofessionnelle - Nathan 25
PORTFOLIO :
E-Dolls - Sofftwix 29
ZONES DE CHANTIER :
Dionycoop à Saint-Denis - Jean-Claude Richard 36
SECTEURS À EXPLORER :
Creuser, jusqu'où ? - Jean-Pierre Tertrais 40
SANS FRONTIÈRES :
L'anarchie en pratique, la communauté "la esperanza" : un exemple d'autogestion vivante - FA Grande Canarie 43
Brésil : l'avis des marginalisés sur la thèse du "coup" - Vantiê Clinio Carvalho de Oliveira 46
DOMAINES CULTIVÉS :
L'essai - Bernard Hennequin 48
Les cahiers de Justo Garcia - Olivier Bouly 49
Surveillances - Olivier Bouly 49
Dans la bibliothèque 50
Cinéma de réflexion, cinéma de protestation, cinéma politique - Christiane Passevant 54
Cinéma de la révolte : proud to be black - Thierry Vandennieu 58
ARCHIPEL LIBERTAIRE :
La révolte interroge Germinal 60
Appel de la librairie Publico 63
Agenda militant 64
Les groupes de la Fédération anarchiste 66
Le programme de Radio Libertaire 68

samedi 9 juillet 2016

Entretien avec Mammad Azizov (anarchiste azerbaïdjanais)

Que s’est-il passé le 9 mai à Bakou ?

Deux anarchistes d’Azerbaïdjan, Bayram Mammadov et Qiyas Ibrahimov ont fait des graffitis sur le mausolée de l’ancien président Heydar Aliyev, père du président actuel Ilham Haliyev. Le message était : « Les joyeux jours des esclaves ». Cette action eut lieu à la veille de l’anniversaire de Heydar Aliyev, le 10 mai 2016, qui est annuellement célébré par le gouvernement de manière ostentatoire et inutile. Dans un contexte de culte de la personnalité absolue de Aliyev, cet acte a été sévèrement condamné par le gouvernement. La police a dissimulé de la drogue sur Bayram et Qiyas afin d’éviter de les accuser uniquement pour hooliganisme. L’accusation de trafic de drogue est passible de douze ans de prison, selon la loi azerbaïdjanaise.
Ce n’est pas le premier sale tour du gouvernement d’Azerbaïdjan. Le gouvernement tente de faire croire au bonheur des citoyens, à la libéralité du système politique et ainsi anticipe toute menace contre son pouvoir absolu et ses conspirations. Il essaie de faire passer tous les militants politiques pour des toxicomanes ou des dealers, neutralisant toute action révolutionnaire avec des mensonges.
Il a exigé que Bayram et Qiyas présentent des excuses pour leurs actes devant des monuments de Heydar Aliyev et leur a fait subir des heures de torture... Tel est le message du gouvernement, mais nos camarades n’ont pas nié leurs actions. Ils doivent renier leur personnalité politique ou subir 12 ans d’emprisonnement et ils ont fait leur choix.
Ils ne sont pas les seuls, il y a jusqu’à 100 prisonniers politiques en Azerbaïdjan en ce moment.





Crédit image : Kédistan [note]

Quelle est la situation politique en Azerbaïdjan ?

En Azerbaïdjan, le gouvernement en place est répressif, auto centré et corrompu. Les autorités utilisent toute une gamme de fausses accusations pour incarcérer les auteurs de critiques contre le régime, y compris la possession de stupéfiants et d’armes à feu, le hooliganisme, l’incitation, et même la trahison. Le gouvernement se dirige de plus en plus vers la dictature. C’est un régime tyrannique.

Quelle est la situation économique en Azerbaïdjan ?

L’Azerbaïdjan dispose d’importantes réserves de pétrole au large des côtes de la mer Caspienne. Le contrôle de l’État sur les ressources pétrolières et la structure oligarchique de l’économie est une des raisons de la corruption généralisée en Azerbaïdjan. La famille Aliyev et leurs parents proches accroissent leur richesse personnelle, déjà significative, en puisant dans les ressources nationales du pays. En conséquence, les gens deviennent de plus en plus pauvres, alors que l’élite oligarchique exploite les ressources pour son propre profit.
Depuis que Bakou est fortement tributaire des exportations de pétrole et de gaz naturel, la chute des prix du pétrole a beaucoup affecté le pays. Comme toujours, les premières victimes sont les pauvres. Ceux qui souffrent sont les Azéris ordinaires à cause d’une dévaluation de leur salaire, des pensions etc. Après la dévaluation du Manat (monnaie nationale), les prix de tous les produits ont augmenté immédiatement, ce qui conduit à des protestations dans toutes les régions d’Azerbaïdjan. Et le gouvernement a utilisé sa puissance militaire pour les punir ...

Quels sont les besoins et les revendications de la jeunesse en Azerbaïdjan ?

Je ne peux pas répondre qu’à propos de la jeunesse puisque toutes les générations souffrent également de l’injustice et de l’inégalité en Azerbaïdjan.

Pourrait-tu nous parler rapidement de l’histoire du mouvement anarchiste en Azerbaïdjan ? Quand les premiers militants anarchistes sont-ils apparus ?

L’anarchisme est un petit mouvement politique minoritaire en Azerbaïdjan, mais il a des racines qui remontent au XIXe siècle. Les premiers anarchistes sont apparus en 1904 à Bakou. L’apogée de l’activisme anarchiste a eu lieu de 1906-1907. A l’époque, il a existé jusqu’à quarante organisations anarchistes en Azerbaïdjan, mais elles regroupaient peu de membres. Je peux nommer "Anarkhiya", "Borba" (Lutte), "Bunt ", "L’Internationale", "Sotnya Krasnaya" (Les Cent Rouge), " Les anarchistes individualistes ", "Black Crow", "Bombers Anarchistes", "Drapeau rouge", "Terreur", "Terre et liberté", "Azad" (libre).
En ce moment, il n’y a pas de groupes anarchistes réellement organisés en Azerbaïdjan, seulement des individus. Malgré ce manque de structures organisationnelles, l’idée de l’anarchisme se diffuse en Azerbaïdjan depuis quelques temps. L’émergence d’une nouvelle gauche dans les pays capitalistes centraux influence les pays périphériques, y compris les mouvements d’opposition en Azerbaïdjan. Cependant, la tradition et l’histoire du mouvement anarchiste sont également une base pour le développement de l’anarchisme en Azerbaïdjan.

Y a-t-il d’autres courants d’opposition en Azerbaïdjan ? Sont-ils concentrés dans les villes ou y en a-t-il partout ?

Il existe différents partis d’opposition en Azerbaïdjan, principalement concentrés à Bakou. Cependant, ils ont des membres et des organisations locales dans la plupart des régions. Mais les directions régionales de l’opposition traditionnelle ne sont pas très actives car il est très facile pour le gouvernement de les réprimer en province.

Comment l’opinion publique internationale peut agir pour protéger les militants azerbaïdjanais ?

Afin de montrer leur solidarité, les militants internationaux devraient interroger leurs autorités qui prétendent être démocratiques, mais qui en fait, ont de bonnes relations et affaires avec le gouvernement azerbaïdjanais.

mardi 21 juin 2016

Le Monde libertaire n°1780


EDITORIAL -
Le 19 juillet 1936, il y a 80 ans, la révolution sociale en Espagne débutait.
Cette histoire longtemps occultée et encorelargement méconnue du grand public,est le seul exemple historique du prolétariat réussissant à organiser la production économique sur des bases libertaires, tout en s’opposant au fascisme les armes à la main.
Du concret quoi... des propositions, des réalisations, des réflexions que tous ceux qui ont participé à cette révolution ont légué aux générations suivantes. Car ce n'est pas la nostalgie qui nous a motivé pour faire ce dossier mais c'est l'idée, partagé au sein du comité de rédaction, que connaître le passé permet de vivre le présent et préparer le futur.
Bien sûr, l'idée d'un avenir anarchiste en fait ricaner plus d'un. Mais dans le présent, que voit-on ? Des assemblées générales la nuit, ou le jour, qui fonctionnent avec des commissions et des mandaté.e.s au mandat impératif, des syndiqué.e.s qui pratiquent la grève, le blocage, le sabotage chers aux anarchistes, des personnes qui s'organisent sans chef pour la production et la distribution…. Certes tout n'est pas parfait mais l'émancipation, l'autonomie individuelle, l'organisation directe de nos vies sont des chemins longs et sinueux qui restent fondamentaux car pour nous, anarchistes, les moyens doivent rester en adéquation avec la fin.
¡ Feliz cumpleaños y viva la anarquía !
Le prochain Monde Libertaire sera livré en septembre 2016 avec une nouvelle équipe au Comité de Rédaction mandatée au dernier congrès de la FA. Car n'oublions pas que ce journal est en gestion directe par des mandaté.e.s militant.e.s à la FA et qu'il n'a pas de Dieu ni de Maître..
LE CRML



SOMMAIRE

TERRAINS DE COMBAT
02 Quelles stratégies maintenant ?
Par NATHAN
03 On bloque tout !
MOTION DU 74ÈME CONGRÈS DE LA FA
05 Message du groupe libertaire
Organisaçao Popular (Rio de Janeiro)
RELATIONS INTERNATIONALES DE LA FA
09 Ni État, ni frontières : tout ce qui est
humain est nôtre
MOTION DU 74ÈME CONGRÈS DE LA FA

Le dossier du mois :
1936-2016
i FELIZ CUMPLEAÑOS !
10 Trois jours qui auraient pu changer le
monde
Par RAMON PINO
16 La révolution espagnole vue d'en bas
Par FRANÇOIS ROUX
20 Entre fascismes et alternatives libertaires :
le sport, de 1936 à aujourd'hui
Par NICOLAS GUILLAUME
26 Mujeres libres :
la vie sera mille fois plus belle !
Par HÉLÈNE HERNANDEZ
30 Les communistes contre la révolution
Par RENÉ BERTHIIER
34 L'assaut
Par BERNARD D'AUBENAS
37 Benito Pasanau Bianch
Par PASANAU


ZONES DE CHANTIER
38 Un lycée autonome et autogéré à Lyon
Par LE COLLECTIF DU LYAALY
43 Projet : participez à la naissance de
l'Étoile Noire !
Par LE GROUPE KROPOTKINE
SANS FRONTIÈRES
44 Journée internationale de solidarité avec
les prisonniers anarchistes et antifascistes
russes
Par L'ANARCHIST BLACK CROSS MOSCOW


PORTFOLIO
48 Pochoirs et street art
Par RNST
Street acteur et sérigraffichiste, adepte des
cultures alternatives, RNST explore et s’amuse
avec le Street Art ou art urbain depuis le
milieu des années 1990 sous diverses formes :
graffiti, affiches, collages, pochoirs. Au milieu
des années 2000, il prend ses distances avec la
rue avant de la réinvestir réellement en 2009
avec la sérigraphie (affichage) et le pochoir.
Son atelier est un laboratoire dans lequel
il mélange les recettes, les couleurs et les
genres. Le discours et l’oeuvre de RNST sont
imprégnés de deux constantes dans lesquelles
le rock prend racine : provoc et romantisme.
D’influences multiples, amateur de supports
en tous genres et surtout de récupération, son
travail de création est un lien direct entre la
rue et l’atelier. L’actualité et l’espace public ne
doivent pas nous échapper, c’est bien là que
l’artiste vient se positionner. RNST envisage
ses créations comme de véritable passerelles
entre le monde et son univers intime afin de
poser question, déranger et interroger…Mais
son engagement ne se limite pas au fait de
prendre parti pour une cause. Son discours
révèle en effet une multitude d’influences
qui viennent nourrir son travail. RNST tire
principalement son inspiration de l’actualité,
« et pas forcément celles des autres… ».
L’artiste s’amuse à mêler des éléments a priori
sans lien entre eux, qui, lorsqu’il les assemble,
atteignent une toute autre dimension que leur
premier niveau de lecture.

DOMAINES CULTIVÉS
56 Femmes à la caméra,
femmes devant la caméra
Par CHRISTIANE PASSEVANT
58 Les habitants de Raymond Depardon
Par PHILOMÈNE LE BASTARD
59 Je me tue à te le dire de Xavier Seron
Par C.P.
61 Ça ira (1) Fin de Louis de Joël Pommerat
Par PIERRE SOMMERMEYER
63 Religion et désobéissance, la Coopérative
integrale catalane, de Emmanuel Daniel
Par OLIVIER BOULY
64 Dans la Bibliothèque

ARCHIPEL LIBERTAIRE
66 Adieu aux roses noires
Par HUGUES LENOIR
67 L'agenda militant
70 Les groupes de la Fédération anarchiste
72 Le programme de Radio Libertaire
73 Bulletin d'abonnement

mercredi 25 mai 2016

LE MONDE LIBERTAIRE N°1779


SOMMAIRE


Édito - le CRML 01
TERRAINS DE COMBAT :
Exigeons les 32 heures ! - Guillaume Goutte 02
Brèves syndicales - Nathan 03
Mobilisation chez Mc Donald's - Nathan 06
Inceste : ni oubli, ni pardon - Mélusine Vertelune 06
LE DOSSIER DU MOIS : CONSTRUIRE LA RÉVOLUTION
De quelques obstacles sur le chemin de l'utopie - Renaud Garcia 10
Nuit debout prépare t-elle la révolution ? - François 14
Y a t-il un sociologue dans la salle ? - Pola Key 16
Des dangers de l'hypostase - Nestor Potkine 28
Occupons tout ! - Alexis 25
Citoyennisme debout... ou anarchisme demain ? - Fab 26
Construire la révolution - René Berthier 28
La révolution la guerre et la Syrie - Pierre Sommermeyer 32
ZONES DE CHANTIER :
Les lentillères, un quartier libre à Dijon - Quentin 36
Alternative en actes : retrouver le sens politique - Lucien LAG 38
Un collège coopératif et polytechnique à Aubervilliers - bérangère, isabelle et claudia 39
SECTEURS À EXPLORER :
Biotechnologies, moustiques et darwinisme - Thierry Lodé 44
SANS FRONTIÈRES :
Quel genre de soulèvement dans le Kurdistan irakien ? - Zaher Baher 48
Communiqué de la commission des relations de l'internationale des Fédérations anarchistes - CRIFA 50
Congrès de l'Internationale de Fédérations anarchistes - CRIFA 50
DOMAINES CULTIVÉS :
Le cinéma d'Amérique latine, un cinéma puissant et ancré dans les réalités sociales - Christiane Passevant 51
Festival du court métrage de Clermont-Ferrand : de l'art de la dichotomie - Francis Gavelle 54
Dans les salles 54
Eva ne dort pas de Pablo Agüero - C.P. et Daniel Pinos 55
Zoom de Pedro Morelli - C.P. 56
Jean Genet, traces d'ombres et de lumière de Patrick Schindler - Pierre Sommermeyer 57
Dans la bibliothèque 58
Les anarchistes contre le mur de U. Gordon et O. Gretzer - Thierry Guilabert 60
La Salle Gueule : ambiance cool au bar - La Salle Gueule crew 62
Galettes fraîches - CRASSFLICT 63
ARCHIELS LIBERTAIRES :
Lucy Parsons interroge La Révolte 64
Les affiches libertaires de la Guerre d'Espagne sur le web ! 67
Agenda militant 68
Les groupes de la Fédération anarchiste 70
Le programme de Radio Libertaire 72

édito du Monde Libertaire N° 1779

8 mois ! C’est la durée de l’État d’urgence. On a connu des hivers moins longs, vivement le printemps !
Pendant ce temps-là, sous le drapeau, les flics s’équipent pour la guerre et portent leur arme de service à domicile. Des fois qu’ils auraient envie de ramener du travail à la maison. Ça, c’est de la conscience professionnelle. Prenez-en de la graine, feignasses grévistes !
Si le projet de loi Travail peut être vu comme l’étincelle ayant fait déborder le vase déjà plein d’inégalités en tout genre, de la question des migrants, du racisme… ne nous y trompons pas, le bruit qui gronde n’entend pas simplement négocier la longueur des chaînes.
Du côté de l’État, on s’agite, on s’affole, on s’équipe, on commande des stocks hallucinants de munitions pour les quatre prochaines années.
C’est ambitieux ; vous avez interdit, contrôlé, perquisitionné, assigné, réprimé, mutilé, assassiné sans crainte, nous ne vous laisserons pas ces quatre ans. Faites-nous des vacances, allez plutôt vous faire un squash avec vos Flashball. Le dernier voyant a perdu.
Si l’idée de révolution pouvait, il n’y a pas si longtemps encore, faire sourire, elle se fait chaque jour plus nécessaire. Quel que soit le sens qu’on lui donne, c’est indéniablement une idée qui fait son chemin. En témoignent les actuelles peintures rupestres aéroprojetées, les rassemblements spontanés, les débats et les mobilisations qui se radicalisent.
En témoigne aussi l’évolution du discours de celles et ceux qui, hier encore, suivant l’injonction médiatique à la non-violence hypocrite, voulaient à tout prix faire la différence entre "bons" et "mauvais" manifestant.e.s, et qui aujourd’hui, après s’être pris les mêmes coups de tonfas et les mêmes gaz, se promettent de ne plus tomber dans le piège. Alors, nous aussi on s’équipe, on s’agite, on occupe. Bien décidé.e.s à ne pas laisser l’espace aux tenants du couvre-feu ou aux services d’ordre trop zélés.
Quand on parle de révolution, les sourires laissent aujourd’hui souvent place aux mines songeuses et en colère, décidées à ne pas laisser la révolution aux historiens.
La révolution, avec qui ? Pourquoi ? Comment ? C’est ces interrogations que pose ce mois Le Monde Libertaire. 

lundi 9 mai 2016

Les anarchistes, toujours contre le mur !




Tandis que depuis bientôt soixante-dix ans que les Palestiniens ont été expulsé de leur pays en 1948 (et en 1967), ils n’ont toujours pas reçu les dédommagements prévus par les organisations internationales après la création de la ligne verte devant soi-disant marquer les frontières entre Israël et ses voisins... Pour synthétiser, après les accords de Camp David ; après la guerre du Liban et le terrible épisode de Sabra et Chatilla, entraînant les troubles permanents entre Palestiniens et Israéliens en Cisjordanie et dans la région de Gaza ; après la première Intifada, la ‘guerre des pierres’ en 1987 et l’enlisement de la situation entre l’Etat militaire israélien et l’Autorité palestinienne ; après le début de la colonisation de la région par l’Etat d’Israël ; après la seconde Intifada d’octobre 2000, il aura encore fallu attendre 2001, pour que d’immenses manifestations soient organisées à Tel Aviv et en Palestine, insufflées par le mouvement de solidarité international avec le vague espoir d’arriver à un compromis…
Mais, suite à la destruction du camp de réfugiés palestiniens de Jénine en 2002, les violences redoublent contre les Palestiniens. Ceux qui vivent encore en Israël sont victimes d’un apartheid tandis que les colons israéliens commencent à construire une ‘barrière de sécurité’ (ne respectant que 20 % de la fameuse ligne verte) entre les deux peuples, les coupant de tout contact, empêchant les Palestiniens d’aller travailler en Israël - pour des salaires de misère.
Pendant ce temps, les colons israéliens occupent leurs terres situées de l’autre côté de la ‘frontière’, détruisent leurs maisons, leurs oliviers et leur confisquent leurs sources d’eau potable.

Il faudra encore attendre 2003 pour voir la création des Anarchistes contre le Mur, en réaction à la construction de ce qui est devenu effectivement un véritable mur; à l’image de celui de Berlin.
La lutte contre le mur s’intensifiera en décembre 2003, quand Gil Na’amati - un Israélien faisant partie du mouvement - se fera tirer dessus à balles réelles par les militaires israéliens, ce qui provoquera une vive réaction, tant en Palestine qu’en Israël.
C’est à partir de février 2005 que les militants des Anarchistes contre le Mur décident de se rendre tous les vendredis dans les villages limitrophes de la ligne de démarcation, à Bil’in, Nil’in, Ma’asra et beit Ummar. Les militaires israéliens classent ces villages détruits par les colons israéliens en ‘zone militaire’. En 2009, un millier de personnes (Israéliens et Palestiens) défilent à Tel Aviv contre la guerre de Gaza. Dénoncés comme ‘traîtres et fauteurs de troubles’, 700 Palestiniens sont arrêtés. Depuis, les militants des Anarchistes contre le Mur manifestent leur soutien au peuple palestinien tous les vendredis dans les villages cisjordaniens situés le long du mur.

Les Editions libertaires ont rassemblé dix textes de sensibilités différentes de ces militants dans un petit recueil qui témoigne de manière crue et sans fard de leur révolte contre un état militaire et colonialiste, de leurs motivations, de leurs doutes et de leurs contradictions, mais surtout de leurs espoirs.
L’ouvrage s’ouvre sur un avant-propos d’André Bernard et Pierre Sommermeyer, et une préface de Ilan Shatif qui nous explique le pourquoi de cette édition française, avant de laisser la parole à Uri Gordon et Ohal Grietzer qui ont rassemblé lesdits textes.
Pour bien nous mettre dans le contexte, le fascicule présente plusieurs déclarations et discours qui ont jalonné l’existence du mouvement, avant de céder la place aux commentaires des militants.

Le premier est celui de Leenee Rothschild, qui raconte, sans fioriture aucune, l’histoire du petit village de Nabi Saleh (région de Ramallah) dont les 500 résidents protestent tous les vendredis contre l’occupation et les colons qui leur volent leur source d’eau potable. Leenee raconte le jour où la police militaire tire à balles réelles, tandis que Uday, un Palestinien est arrêté avec deux militants israéliens. Deux poids, deux mesures : Uday écopera de 8 mois de prison, tandis que les deux israéliens seront relâchés.
Plus tard, Mustafa Tanimi, un autre Palestinien, sera blessé à la tête par une lacrymo lancée à bout portant par un militaire et mourra de la suite de ses blessures. La description des funérailles est poignante.
Petite consolation, deux ans plus tard, un groupe obstiné de femmes palestiniennes réussira à atteindre pour la première fois la source volée par les colons, dans le village de Leehee Rothschild.

Le second texte de Kobi Snitz constate que, si le Mur est terminé, la partition de la Cisjordanie sera permanente et irréversible, tandis qu’aucun parti israélien ne soutient la lutte contre sa construction. Il constate amèrement que, même dans la lutte aux côté des Palestiniens, les Israéliens restent des privilégiés et que ce sont les Palestiniens qui prennent le plus de risques.

Roy Wagner nous fait pénétrer dans Tel Aviv, la plus belle ville du monde… entourée de militaires ! Il nous fait voyager de l’autre côté du miroir touristique et bourgeois, dans le quartier de la gare routière, dont la vieille population arabe, juive-yéménite et caucasienne a été expulsée, tandis que les Philippins ont fini par fuir les derniers vestiges sur la colline, laissant la place aux derniers arrivants, les Soudanais et les Erythréens qui y vivent dans des conditions de misère. Roy nous parle de ces jeunes israéliens qui oublient un peu vite, une fois leur service militaire effectué, leur position d’oppresseur des Palestiniens. Il milite avec les Anarchistes contre le Mur et travaille dans une ONG, « Peut-être encore une façon pour moi de ne pas parler de l’occupation à ma propre communauté », conclue-t-il.

Tali Shapiro, dans un registre de sincérité confondante, se pose la question de l’image que renvoient les militants Anarchistes contre le mur qui, à force de défendre leurs convictions, isolés des leurs, sont devenus petit-à-petit des loups solitaires et auto-suffisants. Les mâles ashkénazes sont les plus machistes, vouent un culte au héros, tandis que les femmes et les gays sont discriminés, tout comme que les Mizrahi, les russophones, les handicapés et les personnes âgées. Pour Tali, au final, les militants des Anarchistes contre le Mur devraient se poser des questions, car selon elle, « le privé aussi EST politique ».

Pour Sarah Assouline, juive canadienne immigrée en Israël (qui vit dans une bulle), aujourd’hui, ce sont les assassins qui sont des héros ! Elle a découvert l’autre face d’Israël en commençant à participer aux manifestations hebdomadaires des Anarchistes contre le Mur, « pour obliger les gens à prendre conscience qu’il y a bien occupation, nettoyage ethnique (80 % des Israéliens a soutenu le massacre de Gaza), et que les Palestiniens existent ! Mais on dirait que le monde n’a pas encore assez bu de sang palestinien » éructe-t-elle.

Iris Arieli se penche sur les situations d’urgence que vivent les Anarchistes contre le mur et leur négligence du soutien post-traumatique lorsqu’ils rentrent d’actions violentes et qu’ils souffrent de dissociation, d’évitement et de flash-backs. Ils finissent épuisés de l’intérieur et ont une image négative d’eux-mêmes. « Il faut prendre le temps de prendre soin de soi malgré l’urgence de l’action », est sa conclusion.

Uri Ayalon revient sur la naissance des Anarchistes contre le Mur et le rôle non négligeable qu’ont joué des journalistes engagés et courageux qui n’ont pas hésité, au risque de perdre leur job, à les faire connaître, sinon reconnaître - car pour ce dernier, « Dans le combat pour la vérité, une caméra est une arme efficace », avant d’avertir : « Aujourd’hui, Plus personne ne pourra dire.. ‘Je ne savais pas’ »...

Yossi Bartal se demande comment, en tant que militant anarchiste et queer, combattre un Etat d’occupation, après le recul enregistré après la seconde Intifada, la reprise du contrôle religieux, nationaliste et militariste. Le retour en arrière, les violences homophobes contre la Gay Pride de Tel Aviv, et la même ségrégation qui sévit en Palestine... Cependant, il convient : « Ce n’est pas notre combat de changer et contester la culture palestinienne avec ses éléments patriarcaux, militaristes et homophobes, mais celui de nos camarades palestiniens auxquels nous devons offrir notre solidarité ».

Ruth Edmond se penche sur la difficulté de garder ses amis et de bons rapports avec sa famille quand on est un militant radical. On s’en éloigne progressivement. Elle se souvient de l’assassinat de Mustaa Tanimi, tandis qu’une amie lui dit « Tu ne vas tout de même pas y aller ? Mais comment aurait-elle réagi si un juif avait été tué ? ». Ruth pense qu’il faut continuer à parler à ses amis à se famille, « afin qu’ils n’enfouissent pas leur tête dans le sable ».

Enfin, Chen Misgav, durant une manifestation à Nabi Saleh, décide de garder son insigne arc-en-ciel (gay et queer) et de continuer à l’arborer. Il y fait une rencontre qui va changer sa vision du monde : il se lie d’amitié avec un jeune Palestinien de Ramallah. Durant le week-end qu’il passe pour la première fois en terre palestinienne, il visite le siège de l’Autorité palestinienne interdite aux juifs par la loi, et même la tombe de Yasser Arafat, « J’espère que beaucoup d’Israéliens auront l’occasion de faire connaissance des habitants d’une ville de l’autre côté de la frontière, où par temps clair, on peut voir Tel-Aviv ». Nous l’espérons également !...






Les anarchistes contre le mur
Editions libertaires
134 pages – 13 €
En vente à Publico (145 rue Amelot 75011 Paris ou sur la librairie en ligne)

Source : http://www.monde-libertaire.fr/?article=Les_anarchistes_toujours_contre_le_mur_!