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lundi 6 août 2018

Non à la nouvelle loi asile-immigration


Mercredi 1 août, le parlement a définitivement adopté la nouvelle loi asile immigration qui durcit encore les modalités d'accueil des immigré-e-s et facilite les expulsions. Le gouvernement, au travers de son ministre de l’intérieur G. Collomb, avait déjà lancé son grand plan anti-migrant-e-s et sans papiers dès le 12 décembre 2017 en publiant la nauséabonde circulaire autorisant le « recensement » des personnes étrangères dans les centres de d’hébergement d’urgence par des « équipes mobiles » de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Ces équipes seront composées d’au moins un agent de préfecture compétent en droit des étrangers et d’agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, auxquels peuvent s’ajouter «des personnels compétents en matière de veille ou d’évaluation sociale» elles ont pour but de «s’entretenir avec les personnes étrangères» pour «procéder à l’évaluation administrative» de leur situation.
Sous couvert de pouvoir mieux les « orienter en fonction de leur situation », comme le disent très bien les associations d’aide aux migrant-e-s, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une logique «de recensement, d’étiquetage et de triage» qui va conduire à instaurer un contrôle généralisé des personnes étrangères. Cette mesure n’aboutira qu’à augmenter la précarisation, le passage à une certaine forme de clandestinité des personnes et enfants en les éloignant des centres d’accueil, les renvoyant de fait dans la rue, impliquant déscolarisation, rupture de soins, …
On peut craindre aussi des sanctions financières envers les associations qui s’opposeraient à cette circulaire, sachant que pour la plupart elles dépendent d’aides publiques.
Le juge des référés du conseil d'Etat a été saisi par des associations d’aides aux migrant-e-s pour en demander la suspension, le ministre de l'Intérieur a assuré qu'elle serait maintenue qu’elle qu’en soit la décision.
La loi « asile-immigration », qui vient d'être définitivement adoptée, s’inscrit dans la continuité des lois anti immigré-e-s qui se sont succédées ces vingt dernières années. Le président la présente comme une loi « d’humanité et de fermeté », mais n’est en fait qu’une loi anti-migrant-e-s et sans papiers, compliquant les démarches administratives, facilitant les mises en rétention et les expulsions, qu’ils appellent maintenant avec sobriété « éloignement ».
Pour faire croire à son « humanité » et donc nous la « vendre », le gouvernement annonce que cette nouvelle loi va améliorer, faciliter le traitement des demandes d’asile. Ce traitement passerait de 1 an à moins de six mois, en regardant de plus près, toutes les mesures ne sont faites que pour, au contraire, compliquer la dépose de dos-siers par les migrant-e-s, voir même les dis-suader et aug-mente par contre les possibilités de fichage et facilite les ex-pulsions. On pourra noter l’absurdité qu'entre le dépôt et la réponse de demande, les personnes ne sont pas considérées comme des demandeuses d’asile et peuvent donc avoir des difficultés à obtenir un hébergement d’urgence, voir même être placées en en centre de rétention.

Plus précisément dans la loi concernant la demande d'asile :

  • Le délai pour déposer un dossier de demande d'asile passe de 120 à 90 jours
- Le budget 2018 prévoit 150 postes supplé-mentaires en préfectures, le gouvernement voulant réduire le traitement de la demande d’asile, en passant de onze à six mois. Problème, ces nouveaux postes ne sont pas uniquement alloués au traitement des demandes d’asile donc comment cela impactera la vitesse de traitement des dossiers ?
  • Création de 200 places en centre d'accueil et d'examen des situations (CAES) dans chaque région, soit plus de 2 600 places sur l'ensemble du territoire. 1 300 places seraient opérationnelles depuis le 31 janvier. Avec ces centres, l'Etat développe des structures couplant accueil et contrôle administratif afin de mieux parquer/surveiller et faciliter les expulsions
  • Restriction des conditions d'accès au titre de séjour «étranger malade» alors que dans le même temps il y a la création d'un "passeport santé" pour la patientèle solvable des hôpitaux

En ce qui concerne les sans-papiers :
  • Passage de 6 à 24 h pour la durée de retenue administrative pour vérification du droit au séjour
  • augmentation du délai maximum de rétention, il passe de 45 à 90 jours avec prolongation possible de 15 jours si la personne fait obstacle à son éloignement
  • Maintient en rétention dans le délai courant entre l’ordonnance de libération prononcée par le juge et l’appel du préfet.
  • 400 places de plus pour la rétention administrative
  • Possibilité de recourir à l’assignation à résidence pendant le délai de départ volontaire
  • Renforcement du régime de l'assignation à résidence avec obligation de demeurer au domicile pendant une plage horaire
  • Possibilité de placer en rétention un demandeur d'asile présentant une « menace grave pour l'ordre public » (arrêté d'expulsion, interdiction du territoire)
  • Limitation du droit du sol sur l’île de Mayotte. Seuls les enfants dont au moins un des deux parents en situation régulière depuis plus de trois mois sur l'île avant la naissance pourront désormais demander la nationalité française.


Le gouvernement se félicite d'avoir augmenté les expulsions de 14 % en 2017 et de 100% celles concernant les « dublinés » (personnes ayant fait des demandes d'asiles dans plusieurs pays européens), pourtant Emmanuel Macron annonçait encore le 5 septembre 2017 : "Nous reconduisons beaucoup trop peu" d’où cette nouvelle loi asile-immigration qui va plus loin dans le fichage, le parcage et les expulsions. Car ne soyons pas dupe, quand le président parle « d’humanité » dans cette loi c’est avant tout pour une immigration choisie, des mesures « en faveur de l'attractivité et de l'accueil des talents et compétences » en passant par notamment l’ex-tension du "passeport talent" à de nouvelles catégories, la directive facilitant l'installation en France des étudiants cher-cheurs, … Cela se retrouve même dans le domaine de la santé où bientôt seul-e-s les patient-e-s étrangers/ères ri-ches auront accès au soin, le président ré-affirmant que les migrants économiques n'ont pas vocation, selon lui, à rester sur le territoire. On voit clairement la politique anti-migrant-e-s mise en place par ce gouvernement, en organisant le recensement, le fichage, le parcage, la rétention, l’expulsion des demandeurs/euses d’asile et des sans papiers qui ne seraient « pas assez bien pour la France ».

La fédération anarchiste s’est opposée et s’opposera toujours aux lois racistes, anti-immigré-e-s et contre les sans papiers des gouvernements en défendant la liberté de circulation, d’installation par l’abolition des frontières et des nations.

4 Aout 2018
La Fédération Anarchiste

lundi 23 juillet 2018

Fin du concours «Capturez le drapeau»

Il y a qques jours s'est fini le fameux concours «Capturez le drapeau» en Allemagne, bilan : + de 600 drapeaux et articles de fans "confisqués", mis bout à bout cela fait un rectangle de 5m par 70m, le tout a été bien évidemment détruit, voir la vidéo de l'action.


La croissance de l'anarcho-syndicalisme au Bangladesh et appel à la solidarité.

Le mouvement ouvrier anarchiste du Bangladesh a moins de cinq ans, né des cendres du marxisme-léninisme raté. L'auteur de cet article rappelle la période antécédente de l'histoire du Bangladesh où le marxisme-léninisme était hégémonique. C'était une période de foi profonde et d'affection pour la pensée de Marx, d'Engels, de Lénine, de Staline, de Mao Tsetung et de Trotsky. À la connaissance de l'auteur, aucun des membres du mouvement ne connaissait l'anarchisme en tant qu'idéologie politique et ne le saurait que des décennies plus tard. Nous avons adoré les portraits suspendus des dirigeants marxistes, nous avons étudié leurs livres, et nous avons intégré la discussion de leurs idées dans nos vies quotidiennes. La poursuite de notre vie était de devenir des révolutionnaires socialistes.
Nous étions si fervents dans nos croyances d'un monde meilleur que nous avons sacrifié des vêtements pour les livres, de la nourriture pour le papier. Le mouvement socialiste était déjà actif au Bangladesh lorsque ma génération est passée d'étudier le socialisme à aider à développer un mouvement socialiste de masse. À Dhaka, la capitale, nous avons aidé à la diffusion de journaux pro-soviétiques, nous avons rejoint des organisations étudiantes et nous avons participé à des interviews. Nous avons expliqué le socialisme au peuple, aux travailleurs, des usines aux champs. Notre chemin a été guidé par la science et la liberté d'expression, et nous diffusons nos idées sans imposer aux autres. Mais nous avons fait face au rejet public et à la mort dans nos efforts.
Quand on parlait dans les régions dominées par les musulmans, beaucoup nous condamnaient comme athées et injustes. Et là où nous n'étions pas simplement dénoncés, beaucoup d'entre nous ont été assassinés. Notre lutte a été l'histoire d'effusion de sang. Nous avons perdu beaucoup de nos compagnons. Et bien que les appareils oppressifs nous aient torturés et tués, nous avons poursuivi le rêve de la révolution et continué à faire ces pas pour faire la révolution. Notre travail a augmenté le nombre d'organisations socialistes et de sympathisants dans les villes et les villages. Ils avaient l'intention de lutter contre la tyrannie de l'oppression, contre la dictature militaire nationale et contre l'impérialisme. 


Dès 1980, nous avons pu entendre parler de la nature autoritaire et des contradictions de l'Union soviétique et de la Chine. Nous ne croyions pas que c'était la vérité, que le socialisme «scientifique» pouvait être faux. Nous pensions plutôt que c'était de la propagande impérialiste et de la CIA. L'effondrement de l'Union soviétique et la destruction de la statue de Lénine ont été un grand choc pour nous tous. Avec le bloc de l'Est, les pays socialistes du monde ont changé. Ils se sont éloignés les uns des autres et accueillirent ouvertement une restructuration capitaliste.
Cela a produit un énorme choc dans la pensée de notre mouvement. Nous relisons encore et encore le marxisme, ses fondamentaux. Mais rien de tout cela ne nous a aidé à mieux comprendre l'échec du "socialisme". Nous nous sommes cependant intéressés aux révolutionnaires qui critiquaient le marxisme-léninisme. Cela nous a conduit à lire les œuvres de nombreux anarchistes, tels que Mikhail Bakunin, William Godwin, PJ Proudhon, Peter Kropotkin, Emma Goldman, Errico Malatesta, Alexander Berkman, Max Stirner, Élisée Reclus et Noam Chomsky. Leurs œuvres ne sont pas imprimées, ni en bengali. Notre moyen d'apprentissage a donc été de lire des textes anarchistes à travers Internet en langues étrangères. 



En 2012, beaucoup d'entre nous, anciens marxistes, ont acquis une idée claire de l'anarcho-syndicalisme à partir de nos études sur internet. Parce que j'ai été impliqué dans les luttes des travailleurs du thé (1) depuis 2000, c'est parmi les travailleurs du thé et les amis proches que nous avons introduit les pratiques anarcho-syndicalistes à travers le développement du Tea Workers 'Council. Ce conseil ne portait pas le nom d'une doctrine ou d'une partie spécifique. Parce que les vieilles méthodes autoritaires persistaient, une articulation claire de l'anarchisme et un ré-arrangement selon ses principes étaient nécessaires.
En conséquence, le 1er mai 2014, de nombreux militants syndicaux ont formé un comité de 23 membres attachés aux principes de l'anarcho-syndicalisme.



Ce comité a favorisé l'émergence d'organisations anarcho-syndicalistes dans 52 localités au Bangladesh. Nous recevons actuellement de l'aide de la Fédération anarcho-syndicaliste australienne pour améliorer notre organisation. Avec leur soutien, nous essayons également de devenir membre de l'International Workers Association (IAA, appelé aussi IWA-AIT).
Nous recherchons la solidarité de nos frères et sœurs camarades dans le monde entier. Nous voulons travailler avec tout le monde et lutter aujourd'hui pour la solidarité des compagnons de voyage à travers le monde.
 
Texte de AKM Shihab (basfsylhet (A) gmail.com)  Sylhet, Bangladesh, Juin 2018.
Traduction "Juste une étincelle noire"

(1) La plus grande partie de la production de thé exportée au Bangladesh est relativement élevée dans les exportations agricoles. Dans le même temps, il s'agit d'une zone de production où les travailleurs sont souvent presque totalement privés de leurs droits et exploités dans de très mauvaises conditions de travail et des salaires extrêmement bas. Souvent, les travailleurs du thé (environ ¾ sont des femmes *) sont des descendants de migrants venus d'Inde. L'exclusion économique et sociale et la discrimination dont ils font souvent l'objet font que beaucoup d'entre eux ont peu d'autres possibilités que la production de thé.

mercredi 11 juillet 2018

Lettre de prison de l’anarchiste Lukas Borl de République Tchèque

Voici une lettre du compagnon anarchiste Lukáš Borl, inculpé pendant l’opération Fenix, qui a frappé des anarchistes de République Tchèque. Depuis, il est sorti de prison. Pour un aperçu global de ce qu’a été l’opération Fenix, lire le texte en dessous de la lettre du camarade.
 
*****

Dimanche septembre 4 septembre 2016, j’ai été arrêté par la police dans la ville de Most et incarcéré en préventive dans la prison de Litomerice.
Malheureusement, est arrivé ce que je ne voulais pas qui arrive ; cependant, je savais depuis longtemps que cela pouvait se produire à tout moment. Heureusement, je me suis préparé mentalement à une telle éventualité, ce qui me permet de gérer avec calme ce type de réalité désagréable, à laquelle je suis exposé en ce moment, tout comme le sont mes proches.
J’ai été capturé par ceux qui défendent la domination du Capital sur nos vies. Toutefois, cela ne change rien à ma volonté de continuer le long du chemin que j’ai choisi. Je continuerai à détruire et à créer. A lutter et à aimer. Je reste anarchiste, avec tout ce que cela signifie. J’ai décidé pour l’instant d’écrire quelques lignes à propos de ma détention. Dans peu de temps, je m’exprimerai certainement sur d’autres sujets que je considère importants.



Avant l’arrestation
Ce n’est un secret pour personne qu’à partir d’un certain moment j’ai choisi de « disparaître », car je craignais que la police prévoie de m’arrêter. J’ai exprimé mes raisons dans le texte « Disparition de la surveillance du pouvoir d’État » [à lire en anglais ici : https://lukasborl.noblogs.org/disappearing-the-state-control/ ], qui a été publié sur différents sites du mouvement anarchiste. Le choix que j’ai fait m’a permis de vivre caché et assez heureux pendant quelques mois. Je me suis déplacé librement et j’ai mangé de la bonne nourriture. Le monde entier est devenu ma maison et j’ai pu y trouver des havres d’existence sociale et culturelle.
Grâce au soutien émotif et matériel reçu, j’ai eu assez d’énergie pour continuer à me battre pour l’émancipation. J’avais connaissance des risques qui étaient associés à un tel choix, mais je n’ai jamais pensé arrêter et je ne le pense pas maintenant non plus. Se libérer de l’autorité de l’État et du capitalisme est un but tellement attrayant que ça m’est impossible d’en distraire mon attention. Même le fait que le pouvoir me menace de ses mains, ses bâtons ou ses prisons… Être anarchiste signifie pour moi voir chaque menace comme une conséquence inévitable de mon désir manifeste de liberté. Cela est lié à la vie quotidienne des rebelles. Un fait que je ne peux pas éviter, mais que je peux défier. Chose que je fais et que je continuerai à faire.
Les circonstances de mon arrestation
La police m’a arrêté à Most, la petite ville où je suis né et où j’ai longtemps vécu. J’ai une partie de ma famille et beaucoup d’ami-es. A Most, au côté d’autres personnes, on avait fait vivre le centre « Ateneo » et on avait organisé une longue série d’événements liés au mouvement anarchiste. Bref, dans cette ville, je suis assez connu, et par les gens et par la police et les bureaucrates.
Certains jugeront « stupide » ma décision de venir dans cette ville pendant que j’étais sous le coup d’un mandat d’arrêt européen. Même si les personnes qui me sont les plus proches le pensaient, je ne les blâmerais pas. Parce qu’elles observent cela à partir d’une position différente de la mienne. Du coup, je conçois que certaines personnes ne comprennent pas les pensées et les actes de quelqu’un qui est en clandestinité depuis longtemps. La vie d’une personne en cavale est marquée par la séparation avec les personnes qu’elle aime et avec lesquelles, auparavant, elle était en contact strict et fréquent. C’est une des choses les plus dures à affronter pour une personne qui se trouve dans une telle situation. Trouver de l’argent, de la nourriture, un abri ou la sécurité sont, par rapport à cela, des tâches relativement faciles. Il y a deux façons d’affronter une telle séparation. Soit l’accepter passivement, ce qui signifie aussi s’exposer à la douleur et à une frustration infinie. Ou bien essayer de surmonter la séparation par des contacts occasionnels, ce qui, bien entendu, augmente de beaucoup le risque d’être capturé par la police. J’ai « instinctivement » choisi la deuxième option. Je savais ce que j’étais en train de risquer et ce que je pouvais perdre. Mais je savais aussi que dans l’isolement je pouvais perdre quelque chose de très important pour moi – les contacts avec les personnes auxquelles je tiens et qui tiennent à moi. C’est pourquoi j’ai décidé de venir à Most, en ayant conscience des risques.
Tout aurait pu bien se passer et j’aurais pu très prochainement me déplacer en lieu plus sûr ; cela n’était pas difficile et j’avais tout préparé avec soin. Mais, comme tout le monde le sait, dans la vie arrivent parfois des événements inattendus, qui ne peuvent pas être prévus ni évités. Dans de tels cas, la préparation, la volonté ou l’habilité n’aident pas. On est entraîné par les événements, sans être capable de les prévoir ou de les changer. C’est exactement ce qui m’est arrivé. Du coup, non seulement je n’ai pas pu voir mes proches, mais j’ai également été arrêté. Je n’expliquerai pas maintenant pourquoi et comment cela est arrivé. Je le ferai peut-être à l’avenir.
Déclarations de la police
Peu après mon arrestation, on m’a présenté un document qui officialisait ma mise en cause dans une affaire criminelle. J’ai décidé d’exercer mon droit au silence pendant toute cette procédure L’enquête est menée par la section de police pour la lutte contre le crime organisé (ÚOOZ). Ils m’accusent d’avoir fondé, supporté et promu un mouvement visant à la suppression des droits humains et des libertés. Selon l’ ÚOOZ, j’ai fondé le Réseau des cellules révolutionnaires (SRB), participé à certaines des actions du SRB et j’aurais écrit certains de ses communiqués, ainsi que publié ces derniers sur le site web « Asociace Alerta ». De plus, ils déclarent que j’ai perpétré une violation de la propriété et la dégradation de la propriété d’autrui, cela à quatre reprises. Deux fois lors d’incendies de voitures de police. Une fois lors de l’incendie de la porte d’un magasin. Et une par un tag sur la prison Ruzyne de Prague. Enfin, l’ÚOOZ m’accuse aussi de la campagne de boycott du propriétaire du restaurant de steaks « Rizkarna ».
J’ai étudié attentivement toutes ces accusations, pour trouver sur quelles bases l’ÚOOZ croit que j’ai mené ces actions. Honnêtement, cela m’a tranquillisé, parce que ces « preuves » sont un mélange de spéculations et d’évaluations de « pistes » qui, en réalité, ne prouvent pas ma participation à ces actions.
Défense
Cela est bien connu, je n’ai pas de sympathie pour le système judiciaire. Je le considère comme une partie des instruments répressifs du capitalisme, dont je suis un ennemi. J’ai néanmoins décidé d’essayer de me défendre au tribunal, au vu de la faiblesse des « preuves » que le ÚOOZ présente contre moi. Je me rends compte que ce choix signifie se battre sur le terrain de l’ennemi avec des armes limitées. Cela est la raison pour laquelle je n’ai pas des attentes exagérés ou des illusions sur le fait que le tribunal soit une institution indépendante qui puisse servir aux luttes d’émancipation.
Je me défendrai au tribunal, mais je reste toujours sur l’idée que la lutte anarchiste doit se baser en premier lieu sur la logique subversive de l’action directe plutôt que faire confiance à des instruments institutionnels de l’État et à des formes d’action indirectes (avec des représentant-es médiateurs-trices). Au vu de ce que j’ai dit et fait depuis des années, le type de lutte que je préfère est clair. Je continuerai à agir en accord avec cela et je veux que ce soit la même de la part des personnes qui se solidarisent avec moi.
Encore armé et dangereux
Pendant ma période de cavale, la police et les médias me définissaient comme « dangereux et armé ». J’ai confirmé cela dans un texte (Lukas Borl in viewfinder of the police). Au moment de mon interpellation, la police m’a pris ma gazeuse de défense, mon poing américain, un pistolet à gaz avec deux chargeurs et 23 recharges (ces armes peuvent être achetées légalement en République Tchèque, sans un permis de port d’arme). Maintenant ils me gardent en taule. Je maintiens que je suis encore armé et dangereux. Dangereux (pour la capitalisme) parce que, même derrière ces barreaux, je refuse de m’adapter aux conditions d’exploitation et j’encourage d’autres à se rebeller contre celles-ci. Je suis encore armé, grâce à ma volonté d’être solidaire. Jusqu’à présent, ils ne sont pas parvenus à me l’enlever et l’ont considéré comme quelque chose d’important pour les poursuites criminelles. La solidarité et l’esprit de révolte sont des armes que j’ai encore en moi et que je suis prêt à utiliser. Je l’ai déjà fait, je le fais et je continuerai à le faire.
Terrain de lutte
En tant qu’anarchiste, j’ai toujours été conscient de la possibilité d’être arrêté. Après tout, chaque régime supprime ses opposants de cette manière. Maintenant, je suis en détention préventive mais je ne considère pas cela comme la fin de mon parcours anarchiste. La prison est simplement une des nombreuses étapes qu’un révolutionnaire peut (mais ne doit pas nécessairement) traverser. Ce n’est pas la fin. Juste un changement de circonstances et du terrain où je lutterai à présent contre les oppresseurs. Ça me fait plaisir de pouvoir continuer à combattre au côté d’autres anarchistes. Avec ceux qui comprennent que la lutte collective est la seule issue pour sortir du marécage capitaliste.
Actions de solidarité
Tou.te.s ceux/celles qui sentent le besoin de me soutenir peuvent choisir leur façon et temporalité, selon leurs propres considérations. Je ne dirai à personne quoi faire, ni comment. Mais clairement je ne veux voir personne, sans mon consentement, renier des actions directes faites en solidarité à mon encontre. Si je ne suis pas d’accord avec une action, je le dirai moi-même, si je le considère important.
Un conseil pour ceux/celles qui ont des doutes sur quel type d’action serait la bienvenue : prenez des informations sur mon passé, pour comprendre quelle sont mes positions idéologiques. Si cela vous fait sens. De cette manière vous pourrez mettre de côté tout doute sur quel type d’action serait la bienvenue pour moi et quel type ne le serait pas. Pas de temps à perdre.
Aucune paix sociale avec ceux/celles qui nous oppriment et nous exploitent. La lutte continue !
Salutations anarchistes depuis la taule.
Votre frère, ami, compagnon Lukáš Borl
11.9.2016, Litoměřice 
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Répression dans la soi-disante République Tchèque

Anti Fenix (traduction reçue par mail) / avril 2018



Sur un mur de la prison de Prague. « La répression n’arrêtera pas le désir de liberté ! »

Les répressions et la surveillance policière dirigées contre les mouvements anti-autoritaires et subversifs ont toujours été présents. Ces dernières années, nous avons pu en faire l’expérience à une échelle jusqu’alors inconnue dans le contexte et l’histoire de la République Tchèque, avec coup monté, des accusations de terrorisme, large diabolisation médiatique, tentatives de diviser le mouvement, propagation de la paranoïa, emprisonnement et de longues et exténuantes audiences pénales. « L’Opération Fenix », le nom donné par la police à l’opération de provocation policière qui a eu lieu, a un rapport avec d’autres mesures répressives dans des contextes d’Europe et d’Amérique du Nord. Particulièrement parce que le status quo utilise la tactique de diviser pour mieux régner, au cœur même de ses sens et objectifs. Nous espérons que cette chronologie vous aidera à mieux comprendre notre expérience et à savoir à quoi vous attendre à l’endroit où vous vivez et où vous vous organisez.
28 avril 2015 : Les mesures répressives majeures ont débuté. Tôt le matin, la police perquisitionne plusieurs maisons, ainsi que le centre social Ateneo dans la ville de Most. Ils confisquent plusieurs outils informatiques, notamment un serveur qui hébergeait des pages web radicales et du matériel imprimé. Ils arrêtent 11 personnes et de nombreuses autres sont convoquées pour un interrogatoire. Les personnes furent obligées de donner leur ADN et leurs empruntes digitales, contre leur volonté. Trois anarchistes, Petr, Martin et Aleš sont placés en détention provisoire. La police garde le silence total sur les informations concernant l’affaire.
Mai 2015 : Petr, Martin, Aleš et Sasa (Sasa n’était pas placé en détention provisoire) sont accusés de conspiration en vue de la préparation d’une attaque terroriste sur un train transportant de l’équipement militaire. Deux autres anarchistes sont accusés d’être des co-conspirateurs, étant au courant du projet d’attaque, mais ne l’ayant dénoncé à la police. Malgré le silence sur l’affaire, les médias publient l’information fuitée selon laquelle l’objectif officiel de l’opération Fenix est de révéler et de se débarrasser du Réseau de Cellules Révolutionnaires, un groupe qui a incendié de nombreux véhicules de police, barrières de péage, ainsi que les véhicules d’un patron et propriétaire de restaurant qui ne payait pas les salaires.
Le collectif AntiFenix est fondé en tant que groupe de radicales-aux qui sentent qu’on ne peut pas rester calmes face à une telle répression. AntiFenix coopère de près avec l’Anarchist Black Cross, avec une attention particulière sur les événements autour de la répression immédiate de retour à la maison.
6 mai 2015 : Après trois ans d’existence, le squat Cibulka est expulsé. L’expulsion est une énorme et coûteuse opération policière, avec plus de 120 flics anti-émeute lourdement équipés.
L’information sur le coup monté est diffusée.
6 juin 2015 : Les médias sont remplies d’informations selon lesquelles une maison du ministre de la défense de République Tchèque a été attaquée avec plusieurs cocktails molotov. Il n’y a pas eu de feu, les pompiers n’ont pas été appelés et la femme du ministre a trouvé les bouteilles plus de 24 heures après « l’attaque » et a ensuite appelé la police. Les anarchistes se demandent si cette attaque visible et suspecte aura des conséquences et se tournera contre nous.
Juin 2015 : L’information sur le coup monté est diffusée. Le groupe accusé de conspiration était infiltré depuis 2014 déjà par deux agents provocateurs qui ont gagné leur confiance. Les agents enregistraient les réunions avec pour but de développer un plan afin de commettre des actions plus combatives, pour pouvoir commencer l’opération répressive contre le mouvement. En dépit de l’affirmation de la police, selon laquelle toute l’opération a détruit le Réseau de Cellules Révolutionnaires (un groupe insurrectionnel), les sabotages et incendies contre la police et les capitalistes continuent, et leur nombre augmente.
26 juin 2015 : Un autre anarchiste, le compagnon Igor S. est arrêté et reste en détention provisoire, accusé de l’attaque incendiaire contre la maison du ministre de la défense de République Tchèque. Aucune preuve n’est fournie, et cependant les conditions les plus strictes lui sont imposées.
9 août 2015 : Aleš, un des quatre anarchistes emprisonnés, sort de prison alors qu’il était en préventive. La police abandonne l’accusation d’attaque terroriste et l’accuse de port illégal d’armes [NdT : 310 000 personnes possèdent un permis de port d’arme en République Tchèque], accusation basée sur la perquisition de son domicile. Après plusieurs mois, Aleš est déclaré coupable et écope d’un contrôle judiciaire pour ce délit. Aleš ne fait pas appel de la décision de la Cour.
Fin d’été 2015 : Un autre anarchiste, Lukáš Borl, prend la décision de passer en clandestinité, à cause de la surveillance et du harcèlement policier envers lui et celles et ceux qu’il aime.
25 septembre 2015 : Igor est libéré sous caution de sa détention provisoire. Petr et Martin restent en prison.
Novembre 2015 : Petr est libéré de prison grâce aux manquements dans la procédure et au bon travail de son avocat.
Hiver 2015 : La police publie sur internet un profil de Lukáš Borl, comme étant « Recherché » et affirme qu’il est dangereux et armé. Nous considérons ce moment comme étant le début de Fenix 2.
5 avril 2016 : La police débarque dans l’appartement de nos compagnon-nes à Prague. La raison officielle est la recherche de Lukáš Borl. Le jour suivant, le 6 avril, les flics pénètrent dans un autre appartement à Brno, donnant la même raison pour réaliser la perquise.
26-27 avril 2016 : Les premières audiences au tribunal depuis le début de Fenix débutent. Pendant ce grand moment de théâtre judiciaire, l’affaire concernant Igor S. est close à cause du manque de preuves, ce qui est intéressant à la lumière de la décision de la Cour de première instance du sixième district de Prague, de changer la classification de l’acte et de l’accusation de terrorisme. Néanmoins, comme punition pour un graffiti solidaire sur un mur de prison, Igor écope de 2 années de déportation hors de République Tchèque – après que le proc’ a demandé une déportation et de 4 à 8 mois de prison. Igor fait immédiatement appel.
9 juin 2016 : Martin commence une grève de la faim pour protester contre sa détention, contre l’opération Fenix et les mauvaises conditions en prison, telles que l’isolement des activités sociales et sportives, et contre le non-respect de son régime vegan de la part de la cantine de la prison. Martin arrête la grève après 10 jours, en raiosn de la mauvaise santé de sa mère.
20 juillet 2016 : La Haute Cour change la punition de Igor. Il est toujours reconnu coupable d’avoir enregistré quelqu’un qui taguait les murs de la prison. Au lieu de la déportation, il est banni de tous les événements anarchistes publiques pour une durée de 3 ans. Utilisant cette punition comme un outil de contrôle, la police coopère avec le service de liberté surveillée et bannit Igor de tous les événements ou actions qu’elle considère comme anarchiste – des Food not bombs aux manifs, à n’importe quel événement publique annoncé dans un espace gauchiste ou anarchiste, aux concerts ou aux discussions ; pour faire sa liste mensuelle des événements dont il est interdit, la police utilise la page internet radar.squat.net.
Août 2016 : Début des seconde et troisième audiences des anarchistes accusés dans l’opération Fenix.
3 août 2016 : La police débarque à nouveau dans le même appartement à Brno, comme lors du 6 avril 2016, à la recherche de Lukáš Borl. Pareil que pour la fois précédente, ils n’avaient aucune autorisation officielle.
4 septembre 2016 : Lukáš Borl est arrêté à Most, ville où il réside après une année en clandestinité, et placé en détention préventive avec l’accusation de fonder, soutenir et faire la promotion d’un mouvement ayant pour objectif la suppression des droits et de la liberté humaines, de chantage, ainsi que d’attaques incendiaires.
27 septembre 2016 : Après 17 mois de détention préventive, Martin L. est relâché sur décision de la cour Constitutionnelle concernant l’illégalité de n’importe quel prolongement de son incarcération.
Automne, hiver 2016 : Auditions de l’affaire Fenix. De 1 à 5 anarchistes sont accusé-es d’une attaque terroriste contre le train.
13 avril 2017 : Lukáš Borl est libéré sous caution de détention préventive après 7 mois d’emprisonnement.
24 avril 2017 : Petr Blahuš, membre de la Cour, en est exclu pour non-objectivité. Il s’est avéré qu’il a travaillé pendant 13 ans avec la même unité de police, celle qui a en fait créé l’opération Fenix.
10 mai 2017 : Igor est totalement innocenté. Selon la Cour Suprême et la sixième administration de la ville de Prague, il n’a pas commis ne serait-ce que le moindre délit. Le Ministre de l'(in)justice s’excuse des actions illégales de la police et paye une compensation d’envergure d’environ 14,000 euros.
Juin 2017 : La police débarque avec de nouvelles accusations dans l’affaire Fenix 2, accusant 4 personnes supplémentaires, toutes et tous accusé-es de 16 crimes au total. La police fait un lien entre ces quatre personnes et Lukaš et les accuse « d’établir, de supporter et de diffuser un mouvement visant à la suppression des droits humains et de la liberté » pour avoir mis des communiqués en ligne ou pour avoir certaines brochures chez elles et eux.
22 septembre 2017 : Le tribunal de Prague innocente de toutes les accusations les anarchistes accusés par Fenix 1 (l’attaque contre le train). L’avocat d’État fait immédiatement appel. Toute l’affaire ira en Cour Suprême. Il y a toujours une possibilité de peine de prison, dont de la prison à vie pour deux personnes. Les médias ont changé de discours et sont généralement neutres quant aux accusés, ils écrivent sur les provocations policières.
27 mars 2018 : La Cour Suprême de Prague confirme l’acquittement de toutes et tous les accusé-es. Le plus probable, c’est que c’est la fin de la première partie de l’opération Fenix, mais pas de la répression en tant que telle. On reste attentif-ve-s..

FENIX EST-ELLE TERMINÉE ? QUE VA-T-IL ARRIVER ENSUITE ?
Igor est totalement innocenté, les anarchistes accusés par Fenix 1 ont totalement gagné le premier cas, vont-illes donc arrêter de nous appeler terroristes ? Eh bien, l’un de nos efforts est de faire une compréhension commune, que la manière dont nous labelle les institutions répressives ne pose pas vraiment de problème. Ce n’est pas vraiment notre tâche de nous battre contre les grands médias et de prouver que nous ne sommes pas des terroristes ou des extrémistes. On peut plutôt penser à comment se connecter avec des personnes autour de nous et continuer d’expliquer pourquoi un objectif de créer de vraies communautés basées sur l’entraide et la solidarité a toujours été et sera toujours en conflit avec l’État et ses institutions répressives.
Pour beaucoup d’entre nous, le verdict de la Cour est un soulagement. On peut respirer pour un moment, se voir pour dîner et voir nos ami-es dans un état d’esprit plus relaxé, hors des murs de la prison. Ces moments sont importants dans la vie et c’est chouette que l’on puisse en profiter. La Prison est une institution inutile, elle divise les relations, isole les gens et détruit des vies. C’est pourquoi le verdict, peut importe à quel point il soit plus plaisant que « coupable », n’est pas une victoire totale pour nous. Nous n’oublions pas ce que trois années d’investigations ont signifié. Aleš, Martin et Petr ont été emprisonnés pour 27 mois au total et Lukaš a passé un an en clandestinité et après ça 7 mois en prison. N’oublions pas Igor, aujourd’hui innocenté, qui fut cependant dans la plus dure des détentions provisoires pendant trois mois. Il doit toujours faire face à de difficiles restrictions et a du se signaler aux services de liberté surveillé pendant un an et demi. Par dessus le marché, il risque toujours une expulsion de République Tchèque à cause de son séjour en détention provisoire. Les familles, les ami-es et les personnes les plus proches des accusé-es et des emprisonnés tout autant que toutes celles et ceux directement affecté-e-s par l’affaire « Fenix » font face à un gros deal de pression émotionnelle et de séparation. Les perquisitions, les comportements menaçants, la surveillance, les expulsions. Pour résumer, il n’y a rien à fêter. Dans des affaires comme Fenix, il est nécessaire de comprendre ce dont il s’agit réellement. La police ne cherche pas essentiellement de longues peines de prison pour quelques anarchistes. Les unités de répression n’ont pas peur de nous tous-tes seuls-es. Ce qui les effraie c’est que de plus en plus de personnes peuvent en venir à s’identifier à nos idées, plus spécifiquement s’ils utilisent une plus large variété de tactiques. Les défenseurs du statu quo investissent beaucoup d’énergie et de ressources pour garder les gens dans la croyance que c’est la liberté dont ils et elles rêvent.
Nous avons appris une chose. Si nous voulons que nos actions et que notre façon de s’organiser soient vraiment efficaces et dangereuses pour les structures d’oppression qui nous gardent sous contrôle, cela doit venir de discussions collectives et de négociations (sic?) qui vont au delà des contours dans lesquels l’État s’assoit pour nous. Nous avons appris qu’il n’y a pas d’intérêt à se cacher face à la répression, il vaut mieux être prêt-e à lui faire face et créer les conditions qui rendront de telles opérations inefficaces.
Fenix n’est pas une opération visant quelques anarchistes naïf-ves, mais une attaque contre la subversion future dans sa totalité. Prenons soin des un-es les autres, pour être dangereux-euses ensemble.

LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME
Dans cette chronologie nous nous sommes concentré-es sur des événements menés par l’État et ses institutions pour éclairer ce qu’on a traversé. Ça ne veut pas dire que nous devrions nous concentrer et agir en fonction de l’oppresseur. Une des plus grande tâches pour nous en tant qu’abolitionnistes est d’analyser les motifs de la répression partout dans le monde et de transformer notre organisation en une qui soit proactive plutôt que coincée dans la réaction constante. Nous n’avons pas mis les différentes événements et actions solidaires dans cette chronologie parce que les informations sur la répression se seraient presque dissoutes dans toutes les petites actions locales qui ont lieu partout dans le monde. Cependant, nous voulons toujours rester critiques. Au début, quand les choses ont mal tourné, il y eut une grande confusion, un manque de solidarité et une assez grande division au sein de la scène anti-autoritaire. Ce que nous avons trouvé de plus important, c’était d’assurer la solidarité avec les accusé-es et celles et ceux qui les entourent, et principalement de briser la peur et la paranoïa qui s’est rapidement diffusée au sein de la scène de gauche. Nous sentons surtout la nécessité de nous étendre comme un pont au dessus des espaces entre les différents groupes et les différentes approches, pour en venir à une compréhension qu’il nous faut rester uni-es au delà de nos différences quand il s’agit de répression. Nous pensons que créer une défense forte contre la répression ainsi qu’une base solide de solidarité passe par la compréhension de la répression et de ses objectifs, ainsi qu’en s’éduquant les un-es les autres au niveau local et international avec une attention portée sur l’amélioration de la culture de la sécurité.
En tant qu’Anarchist Black Cross/AntiFenix nous avons tenu plusieurs présentations et discussions sur différents sujets, publié plusieurs affiches, brochures et autocollants. Nous maintenons un contact avec les compagnon-nes persécuté-es et leur familles et les soutenons émotionnellement et matériellement par les collectes, des nuits d’écritures de lettre, du bruit ou d’autres manifestations etc…
Dès le début de Fenix, nous avons pu voir de nombreuses actions se tenir partot dans le monde. Des banderoles, des tags, des manifs, des actions aux ambassades tchèques jusqu’aux incendies de voitures de flics, aux banques enflammées ou la libération de visons et d’autres sabotages de fermes à fourrure. Les tactiques sont autant diverses que nous le sommes, et de nombreuses différentes actions et activités peuvent être connectées avec la solidarité et il est important d’agir en solidarité avec différentes luttes et parmi les un-es les autres.
[Traduit d’une affiche publiée en plusieurs langues, avril 2018.]

Camp d'été antiautoritaire 1.-5. Août 2018 à Pirkanmaa en Finlande

Camp d'été antiautoritaire 1.-5. Août 2018 à Pirkanmaa



Bienvenue au camp d'été anti-autoritaire de la nature de Pirkanmaa.
C'est une invitation pour toutes celles, tous ceux qui se battent pour une société plus équitable, horizontale et juste ou qui veut se joindre à la lutte. Il est temps de rassembler et de voir ce qu'il y a à apprendre sur nos victoires et nos pertes. Il est également temps d'avoir une discussion sur la façon dont l'environnement dans lequel nous agissons a changé et de mettre à jour notre analyse. Et enfin, il est aussi temps de se connaître, de s'amuser et d'être ensemble. Le programme du camp se composera d'ateliers, de discussions, de détente et de détente. Les thèmes des discussions concernent les différentes manières de s'organiser en anarchistes, la solidarité, les campagnes locales et globales, les compétences pratiques nécessaires, la récupération de la vie quotidienne, la joie et le sport. Il est temps de mettre à jour les activités anti-autoritaires pour répondre aux demandes d'aujourd'hui!
Le prix du camp est de 50 € pour l'ensemble du camp ou de 12 € par jour et comprend la nourriture végétalienne, l'hébergement (possibilité de camper) et le programme.
Inscrivez-vous au camp en envoyant un mail à l'adresse leiri2018(A)riseup.net . Faites-nous savoir votre nom, numéro de téléphone, et quel groupe ou projet vous êtes actif.
Si vous n'êtes pas organisé dans un groupe, dites-nous quelque chose sur vous et sur ce qui vous intéresse.
Vous recevrez une réponse avec des informations sur le paiement et des informations supplémentaires sur le camp.
Le camp est organisé par la Fédération anarchiste Alusta. Bienvenue!
Fédération anarchiste - Alusta"
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"Welcome to the antiauthoritarian summer camp at Pirkanmaa nature. This is an invitation for everyone who is fighting for more equal, horizontal and just society. Or anyone who wants to join the fight. It's time to gather up and see what there is to learn about our victories and losses. It's also time to have a discussion on how the environment in which we act has changed and update our analysis. 
    And lastly it's also time to get to know each other, have fun and be together.  The program of the camp will consist of workshops, discussions, chilling out and relaxing.  
    The themes of the discussions concern different ways of getting organized as anarchists, solidarity, local and global campaigns, necessary practical skills, reclaiming everyday life, joy and sports. It's time to update antiauthoritarian activities to meet the demands of present day!
    The price of the camp is 50e for the whole camp or 12e per day and it includes vegan food, accommodation (there's also possibility for camping) and the program.
     Sign up for the camp by sending mail to address leiri2018@riseup.net. Let us know your name, phone number, and what group or project you are active with. If you are not organized in any group, please tell us something about yourself and what you are interested in about.
You'll get a reply with information about the payment and some extra-information about the camp.
     The camp is organized by the anarchist Federation Alusta. Welcome!

Anarchist Federation - Alusta"

dimanche 3 juin 2018

7 juin Rassemblement pour le retrait de la loi asile et immigration à Lyon

Alors que le projet de loi Macron-Collomb “asile immigration” s’apprête à passer devant le sénat. Appel à rassemblement pour exiger sont retrait et la mise en place d’une réelle politique d’accueil en France. Rassemblement jeudi 7 juin - Place des Terreaux - 18h30 (M° Hôtel de Ville).

Le projet de loi Macron-Collomb “asile immigration” a été voté à l’Assemblée Nationale. Pour être adopté, il doit être voté au Sénat en juin. Il faut imposer le retrait de ce projet xénophobe et liberticide. Il va aggraver la situation de tous les étrangers exilés : rendre l’asile impossible, renforcer les contrôles, le fichage, le tri et l’enfermement, y compris des enfants.
Au moment où Macron mène la guerre sociale contre le monde du travail, contre les jeunes, il s’agit de diviser les classes populaires en faisant des étrangers des boucs-émissaires. Ce projet qui renforce la politique liberticide et sécuritaire est une menace pour toutes et tous.
Rassemblement le 7 juin à partir de 18h30 Place des Terreaux (M° Hôtel de Ville)

Liberté de circulation et d’installation stop dublin : ni rétention, ni expulsion régularisation de tous les sans-papiers


Collectif de soutien aux réfugiés et migrants Lyon-69 : ATTAC-Rhône, CGT Vinatier, CGT-Éduc’Action Rhône, Union Département. CGT, Union Département. CNT, Collectif Agir Migrants, Collectif Amphi Z, Collectif des EtudiantEs étrangerEs, Coordination Urgence Migrants, Émancipation-69, FSU 69, LDH Rhône, Migrations Minorités Sexuelles et de Genre, MRAP LYON 1-4 et 3-7-8, Planning Familial 69, RESF-69, Union syndicale Solidaires 69, Solidaires EtudiantEs, SUD santé sociaux 69, Alternative Libertaire, Coordination des Groupes Anarchistes-Lyon, EELV 69, ENSEMBLE !, France Insoumise Migrations, L’insurgé, Lutte ouvrière, MJCF 69, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche 69, PCF, UPC…
mai 2018

Contact : collectifrefugie69 (arobase) laposte.net

mardi 3 avril 2018

Tract et affiche de la Fédération Anarchiste contre le projet de loi asile-immigration


 
Non au projet de loi asile-immigration !

Le gouvernement, au travers de son ministre de l’intérieur G. Collomb, a lancé son grand plan anti-migrants et sans papiers dès le 12 décembre 2017 en publiant la nauséabonde circulaire autorisant le « recensement » des personnes étrangères dans les centres de d’hébergement d’urgence par des « équipes mobiles » de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Ces équipes seront composées d’au moins un agent de préfecture compétent en droit des étrangers et d’agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, auxquels peuvent s’ajouter «des personnels compétents en matière de veille ou d’évaluation sociale» elles ont pour but de «s’entretenir avec les personnes étrangères» pour «procéder à l’évaluation administrative» de leur situation.
Sous couvert de pouvoir mieux les « orienter en fonction de leur situation », comme le disent très bien les associations d’aide aux migrant-e-s, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une logique «de recensement, d’étiquetage et de triage» qui va conduire à instaurer un contrôle généralisé des personnes étrangères. Cette mesure n’aboutira qu’à augmenter la précarisation, le passage à une certaine forme de clandestinité des personnes et enfants en les éloignant des centres d’accueil, les renvoyant de fait dans la rue, impliquant déscolarisation, rupture de soins, …
On peut craindre aussi des sanctions financières envers les associations qui s’opposeraient à cette circulaire, sachant que pour la plupart elles dépendent d’aides publiques.
Le juge des référés du conseil d'Etat a été saisi par des associations d’aides aux migrant-e-s pour en demander la suspension, le ministre de l'Intérieur a assuré qu'elle serait maintenue qu’elle qu’en soit la décision.


Le projet de loi « asile-immigration » présenté en conseil des ministres le 21 février, s’inscrit dans la continuité des lois anti immigré-e-s qui se sont succédées ces vingt dernières années. Le président la présente comme une loi « d’humanité et de fermeté », mais n’est en fait qu’une loi anti-migrant-e-s et sans papiers, compliquant les démarches administratives, facilitant les mises en rétention et les expulsions, qu’ils appellent maintenant avec sobriété « éloignement ».
Pour faire croire à son « humanité » et donc nous la « vendre », le gouvernement annonce que cette nouvelle loi va améliorer, faciliter le traitement des demandes d’asile. Ce traitement passerait de 1 an à moins de six mois, en regardant de plus près, toutes les mesures ne sont faites que pour, au contraire, compliquer la dépose de dossiers par les migrant-e-s, voir même les dissuader et augmente par contre les possibilités de fichage et facilite les expulsions. On pourra noter l’absurdité qu'entre le dépôt et la réponse de demande, les personnes ne sont pas considérées comme des demandeuses d’asile et peuvent donc avoir des difficultés à obtenir un hébergement d’urgence, voir même être placées en en centre de rétention.

Plus précisément dans le projet de loi concernant la demande d'asile :

  • Le délai pour déposer un dossier de demande d'asile passe de 120 à 90 jours
  • Pour déposer un recours en cas de refus de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), la personne n'aura plus que 2 semaines à la place d'un mois actuellement, sachant qu'il faut environ 30 jours pour avoir un rendez-vous en préfecture
  • Le budget 2018 prévoit 150 postes supplé-mentaires en préfectures, mais ils ne sont pas uniquement alloués au traitement des demandes d’asile donc comment cela impactera la vitesse de traitement des dossiers ?
  • Création de 200 places en centre d'accueil et d'examen des situations (CAES) dans chaque région, soit plus de 2 600 places sur l'ensemble du territoire. 1 300 places seraient opérationnelles depuis le 31 janvier. Avec ces centres, l'Etat développe des structures couplant accueil et contrôle administratif afin de mieux parquer/surveiller et faciliter les expulsions
  • Restriction des conditions d'accès au titre de séjour «étranger malade» alors que dans le même temps il y a la création d'un "passeport santé" pour la patientèle solvable des hôpitaux


En ce qui concerne les sans-papiers :
  • Passage de 6 à 24 h pour la durée de retenue administrative pour vérification du droit au séjour
  • augmentation du délai maximum de rétention, il passe de 45 à 90 jours avec prolongation possible de 15 jours si la personne fait obstacle à son éloignement
  • Maintient en rétention dans le délai courant entre l’ordonnance de libération prononcée par le juge et l’appel du préfet.
  • 400 places de plus pour la rétention admi-nistrative
  • Possibilité de recourir à l’assignation à résidence pendant le délai de départ volontaire
  • Renforcement du régime de l'assignation à résidence avec obligation de demeurer au domicile pendant une plage horaire
  • Possibilité de placer en rétention un demandeur d'asile présentant une « menace grave pour l'ordre public » (arrêté d'expulsion, interdiction du territoire)
Le gouvernement se félicite d'avoir augmenté les expulsions de 14 % en 2017 et de 100% celles concernant les « dublinés » (personnes ayant fait des demandes d'asiles dans plusieurs pays européens), pourtant Emmanuel Macron annonçait encore le 5 septembre 2017 : "Nous reconduisons beaucoup trop peu" d’où cette nouvelle loi asile-immigration qui va plus loin dans le fichage, le parcage et les expulsions. Car ne soyons pas dupe, quand le président parle « d’humanité » dans cette loi c’est avant tout pour une immigration choisie, des mesures « en faveur de l'attractivité et de l'accueil des talents et compétences » en passant par notamment l’extension du "passeport talent" à de nouvelles catégories, la directive facilitant l'installation en France des étudiants chercheurs, … Cela se retrouve même dans le domaine de la santé où bientôt seul-e-s les patient-e-s étrangers/ères riches auront accès au soin, le président ré-affirmant que les migrants économiques n'ont pas vocation, selon lui, à rester sur le territoire. On voit clairement la politique anti-migrant-e-s mise en place par ce gouvernement, en organisant le recensement, le fichage, le parcage, la rétention, l’expulsion des demandeurs/euses d’asile et des sans papiers qui ne seraient « pas assez bien pour la France ».

La fédération anarchiste s’est opposée et s’opposera toujours aux lois racistes, anti-immigré-e-s et contre les sans papiers des gouvernements en défendant la liberté de circulation, d’installation par l’abolition des frontières et des nations.

 1er Arvil 2018
La Fédération Anarchiste

dimanche 31 juillet 2016

Affiche/autocollant No border de la fédération anarchiste


No border camp à Thessalonique en grèce

Il y a une semaine se terminait le camp no border 2016 qui s'est déroulé à Thessalonique en grèce (du 15 au 24 juillet), le "thème" était "pour la circulation des luttes transnationales contre l’état, le nationalisme, le patriarcat et le capital" .
Voila le pourquoi du choix de cette ville pour le camp no border 2016 :
"Thessalonique se trouve au cœur des conflits en matière de contrôle et de « gestion » de l’immigration et des libertés de mouvement, en raison de sa position géographique dans le nord de la Grèce, en bordure de l’Albanie, de Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) et de la Bulgarie, avec de nombreux camps de détention et centres de refoulement (rétention) dans son périmètre proche. Dans le nord de la Grèce, ainsi que dans la région des Balkans, des initiatives et des réseaux de solidarité ont émergé au cours des derniers mois, lequels peuvent se développer et être renforcée par l’organisation d’un camp No Border ici. Enfin, nous pensons que la nécessité d’une coordination des différents collectifs politiques locaux et les infrastructures de ces mouvements font de Thessalonique un choix approprié et fiable pour l’organisation d’un camp No Border global et transnational."
Voila le texte d'appel, avec les objectif, les actions prévues, ... :
http://noborder2016.espivblogs.net/files/2016/04/No-Border-Camp-2016_fr.pdf

QQues vidéos
- 2 vidéos de la tentative d'attaque de la frontière gréco-turque
https://www.facebook.com/NoBorderCampThessaloniki2016/videos/vb.981068598674265/1020953961352395/?type=2&theater

 


REACHING THE TURKISH BORDER – 23 july
The Turkish border is now the focal point of an ideological clash which has turned into action. The clash is between those who want to push imperialist politics, and activists or migrants, who fight for the free movement of people. The Turkish situation is now more complex than ever and is worsening the situation for many people already in precarious situations, due to the recent EU-Turkey agreement that calls for the deportation of all people found in EU territory who haven’t requested asylum from the Greek authorities.
The No Border Camp has been organizing the demonstration at the Turkish border for weeks. Yesterday, we started from the university at around 10.30am to reach the border between Greece and Turkey, aiming to arrive in Evros. After travelling for approximately 6 hours, the caravan composed of approximately 300 people was stopped in the village of Kastanias, 1km from the Turkish border. From there, we started to march, singing and screaming slogans in various languages, demanding the borders be opened and the end of deportations. After a while, we found ourselves in front of a line of police blocking our path. The march clashed with this border imposed by the authorities.
Our action intended to have a symbolic meaning around an ideological platform. Every border that divides and distinguishes between populations cannot achieve anything other than to strengthen socioeconomic models, which have proved unsustainable for everyone other that those belonging to elistist authoritarian groups of so-called “first world” states. We believe that nobody can legitimately decide the will of another person, choose where they want to live, or decide on the conditions that “allow” or prevent a person to live where in the world they they choose. Laws increase the gaps between people where bridges should be built; in a less figurative sense, laws stigmatise and kill. For all these reasons, among others, the No Border Camp preplanned the goal of attacking the borders. All of the borders. Whether they are metal fences or psychological barriers, a line of cops or pieces of paper.
Against all authorities and all borders.

Pour mieux comprendre pourquoi l'attaque de ce point (à Evros)
http://visionscarto.net/evros-mur-inutile

- Vidéos de manifs :

lundi 9 mai 2016

Refugees welcome. Déclaration de la réunion de l’Internationale des Fédérations Anarchistes, Ljubljana, 24/4/2016



Les fédérations de l’Internationale des Fédérations anarchistes (IFA) réunies à Ljubljana réaffirment leur solidarité avec les réfugié.e.s et les migrant.e.s. Beaucoup de nos fédérations (en particulier en Europe, le long de la Méditerranée et dans les régions des Balkans) sont impliquées dans une solidarité concrète avec les réfugié.e.s en accueillant les gens, en les aidant pour les soins, les processus juridiques, le développement de l’auto-organisation et l’organisation de manifestations.
Nous nous battons contre des militant.e.s d’extrême-droite qui profitent de la situation pour développer leurs programmes xénophobes. Nous nous opposons à des États-nations, qui encouragent le nationalisme, la construction de murs et de frontières, les mêmes États qui soutiennent le capitalisme mondial et la libre circulation des fonds ou des accords commerciaux qui exploitent les gens à l’intérieur des frontières nationales.
Face à cette situation, nous voyons aussi de bons exemples de solidarité de la part des populations et nous soutenons ces initiatives. De plus, nous continuons à lutter contre les frontières et pour la liberté de mouvement en général. Les gens doivent être en mesure de se déplacer et de vivre où ils veulent.
En ce moment, les médias se concentrent sur les réfugié.e.s de guerre (Syrie), mais nous savons que les migrations continueront pour de nombreuses raisons. Les gens se sont toujours déplacés afin de changer leur vie, que ce soit pour échapper à de mauvaises situations ou pour essayer d’améliorer leurs conditions de vie. Nous nous efforçons de vivre ensemble et de partager les ressources de la planète face à des États, des idéologies et des religions qui créent la division et la confrontation.

Commission des relations de l’Internationale des Fédérations Anarchistes réunion (CRIFA) à Ljubljana, Slovénie, 23/24 Avril 2016

Refugees welcome