Près de Bure, le bois Lejuc est réoccupé depuis le 18 juillet à 14h.
De nombreuses personnes ont réinvesti ce lieu au sol comme dans les arbres pour réaffirmer leur opposition au projet de centre d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo [1], au nucléaire et à son monde, industriel, colonial, militaire. Les forces policières qui occupaient jusque là ce lieu stratégique et protégeaient les intérêts de l’Andra ont été contraintes de quitter les lieux. Nous appelons dès maintenant à converger dans le bois Lejuc ainsi que dans les villages de Bure et Mandres-en-Barrois, situés à deux kilomètres de la forêt.
Le bois Lejuc est sur la zone du projet de poubelle nucléaire. L’Andra projette de le défricher pour y faire des fouilles archéologiques et des forages, et à terme de le bétonner pour y construire des puits de ventilation. Le bois a déjà été occupé à deux reprises auparavant, en juillet 2016 puis du 15 août 2016 au 22 février 2018, date à laquelle 500 gendarmes ont expulsé la forêt et détruit les habitations des occupantes.
Sur place, la répression s’exprime par une présence policière quotidienne, des contrôles judiciaires, des interdictions de territoire, des perquisitions, et des peines de prison ferme et avec sursis. Cette réoccupation se veut aussi une réponse à la répression de l’État, affirmant que l’opposition sur le terrain n’a pas été étouffée. L’État réprime et expulse, ces dernières années comme toujours. Bure n’est qu’un de ses nombreux laboratoires du maintien de l’ordre. Ce 18 juillet, nous avons essayé de le mettre en déroute et les flics n’ont eu d’autres choix que de reculer.
Nous appelons à converger dans le bois Lejuc ainsi que dans les villages de Bure et Mandres-en-Barrois, situés à deux kilomètres de la forêt. Si vous souhaitez nous soutenir, vous pouvez venir sur place, où nous avons besoin d’aide au sol, dans les arbres, dans les villages. Que ce soit pour grimper dans les arbres, construire des barricades, les tenir, apporter du matériel, préparer à manger, etc. Vous êtes bienvenues. Vous pouvez aussi diffuser le plus largement possible ce communiqué. Si vous ne pouvez pas vous déplacer, c’est aussi possible de nous soutenir de loin, les infrastructures de l’industrie nucléaire et les sous-traitants travaillant pour l’Andra sont partout.
Si vous souhaitez venir, vous pouvez consulter le site bureburebure.info pour des informations actualisées concernant la situation sur place.
À l’attention des journalistes : les personnes sur place ne souhaitent pas répondre aux questions ou aux interviews et ne souhaitent pas en dire davantage que ce qui est écrit ci-dessus. Si vous souhaitez diffuser une information, relayez ce communiqué.
[1] https://bureburebure.info/qu-est-ce-qui-se-passe-a-bure/
Appel à actions décentralisées les 6 et 7 juillet 2019 en solidarité
avec tou·te·s ceux·elles qui sont touché·e·s par la répression, entre
autres suite au G20 de Hambourg.
Appel à actions décentralisées les 6 et 7 juillet 2019 en solidarité avec tou·te·s ceux·elles qui sont touché·e·s par la répression, entre autres suite au G20 de Hambourg.
Nous relayons ici l’appel de « United we stand » pour des actions décentralisées les 6 et 7 juillet 2019 en solidarité avec tou·te·s ceux·elles qui sont touché·e·s par la répression.
Cela fait déjà deux ans que les manifs, les colonnes de fumée, les vitres brisées et les sirènes du G20 de Hambourg sont passées. Malgré la violence policière massive, ce sont les souvenirs de moments libérateurs qui prédominent, comme un espoir tangible exprimé à travers la colère de dizaines de milliers de personnes.
Unite against repression – Uni·e·s contre la répression
La répression n’a pas seulement pris la forme d’une violence policière inouïe pendant le sommet. Elle est allée bien plus loin : surveillance, traques publiques, enquêtes, diffamation, amendes et privations de liberté pour de nombreux·ses ami·e·s.
Des conditions de détention indescriptibles et un système de justice politique, infligeant des privations de libertés aberrantes directement après le sommet, sont une riposte brutale pour un sommet échoué que personne ne voulait. Pourtant, l’escalade et le démantèlement conséquent de droits fondamentaux par la police étaient d’une évidence prévisible. Le « festival de la démocratie » s’est transformé en un désastre pour les libertés publiques.
En décembre 2018 a démarré le procès de la « Elbchaussee ». Quatre jeunes Allemands d’Offenbach et le poète français Loïc S., seul encore en détention à ce jour, doivent payer pour une série de voitures et vitres dégradées aux abords d’une manifestation dans le quartier d’Altona. Comble de l’ironie, l’expression de notre solidarité a été qualifiée de « pédagogiquement négative » par le tribunal et a été utilisée pour justifier le déroulement du procès à huis clos.
Outre le procès « Elbchaussee », d’autres poursuites judiciaires contre notre mouvement sont en cours et à venir. Elles concernent la fête des barricades dans le quartier « Sternschanze », la manifestation de la veille au port, et le déchaînement de violences policières dans le district « Rondenbarg ». Il est donc plus que jamais nécessaire de rendre notre solidarité audible et visible.
Unite to resist – Uni·e·s pour résister
Mais la résistance de Hambourg était et reste légitime dans toute son ampleur face à la crise mondiale actuelle de la machinerie capitaliste. Nous ne nous laisserons pas impressionner par les lois autoritaires à venir et le violent virage vers la droite que prend la société. Il s’agit au contraire de s’opposer d’autant plus à l’oppression économique, la catastrophe environnementale et l’agitation raciste et antiféministe.
Cette année, la France de Macron tient la présidence du G7. Dans un climat de tensions sociales croissantes et de répression, le sommet de Biarritz en août 2019 donnera également lieu à des protestations massives. Nous serons à nouveau debout côte à côte, sur les plages de l’Atlantique, pour lever nos poings face à l’appareil répressif. Aucun sommet ne se passera jamais au calme.
Construisons la solidarité transfrontalière ! Poursuivons la lutte pour une société fondée sur la solidarité et contre les sommets des dirigeants et de leurs sbires ! Après le sommet, c’est avant le sommet ! Notre solidarité contre leur domination !
L’alliance des structures solidaires contre le G20 en Allemagne appelle à des actions de soutien à l’occasion du second anniversaire du sommet de Hambourg les 6 et 7 juillet 2019. Organisez-vous dans votre ville et devenez actif ! La solidarité est notre force ! De Hambourg à Biarritz : United we stand !
Chacun des syndicats/groupes/unions organisent ses activités de manière
autonome avec leurs propres particularités. L’appel à l’action suivant
fait partie d’un cadre de travail commun qui aidera à connecter ces
activités et à leur communication au niveau international. Inscrivez vous ou contactez la liste mail Global May Day 2019 [globalmayday[AT]lists.riseup.net] si vous voulez soutenir l’appel et/ou entrer en contact avec d’autres groupes pour établir des solidarités.
Chaque année, des gens manifestent et font grève le 1er
mai pour commémorer la Journée Internationale des Travailleur-euse-s.
Avec l’appel suivant, qui a été initié par plusieurs sections des
syndicats de base FAU et IWW, nous voulons inciter les
syndicats à lier leurs actions et leurs initiatives pour donner une
dimension internationale à la lutte.
Nous, travailleur-euse-s et étudiant-e-s, serons solidaires, parce
que nous faisons toutes et tous parti-e-s de la même lutte contre le
capital, qu’importe notre lieu de résidence. Les coupes budgétaires dans
les services sociaux, les baisse de salaires, les privatisations, la
hausse du coût de la vie ou des frais d’inscriptions dans l’éducation
sont quelques symptômes qui sont directement liés au système économique
mondial. Un système qui est basé sur l’exploitation et la concurrence
et qui pousse à la marchandisation de tous les aspects de nos vies.
La course à la performance est dangereuse, que ce soit sur le lieu de
travail, à l’université ou à l’école, d’autant plus qu’elle s’accroit
constamment. La logique de l’économie de marché et l’Etat-Nation qui lui
est accolé ordonnent une adaptation à tout prix à la compétitivité et
au profit, au mépris du développement de moyens d’émancipation.
Nous ne voulons pas simplement perturber le capitalisme, nous voulons le vaincre.
Vu la nature internationale du système capitaliste, il est nécessaire
pour les travailleur-euse-s de s’unir au niveau mondial. En créant nos
réseaux au-delà des frontières, les interconnections mondiales qui
définissent nos conditions locales peuvent devenir visible. De plus,
cela ouvre de nouvelles potentialités et de nouveaux objectifs à notre
action contre l’exploitation ainsi que le travail et les conditions de
vie précaires. Le pouvoir de négociation des travailleurs et
travailleuses augmenterait significativement si nous nous unissions dans
les mêmes unités économiques. Il suffit d’imaginer quelles différences
cela aurait fait si les mineurs grévistes de Marikana en Afrique du Sud
et les travailleur-euse-s de l’industrie chimique de BASF en Allemagne
se seraient organisé-e-s et uni-e-s dans leur lutte, étant donné que
BASF est le premier acheteur des ressources extraites par les mineurs.
De tels liens aurait pu changer voire prévenir le massacre de 2012. Les travailleurs et travailleuses du textiles au Sri Lanka (qui produisent des vêtements pour le groupe H&M) qui se sont battu-e-s le 27 novembre 2018
pour un salaire qui leur permette de vivre dignement. Le même jour, des
groupes en Europe et aux Etats-Unis ont organisés des actions de
solidarité devant les magasins H&M. Cela montre que la pression peut
être générée par un réseau de groupes au sein d’une même filière de
production, de celles et ceux qui produisent le vêtement jusqu’à celles
et ceux qui travaillent dans un magasins, mais aussi par les client-e-s
du magasin. La même logique s’applique aux grèves à Amazon : par exemple le syndicat Ver.di
a appelé à la grève en 2016 dans les centres logistiques d’Allemagne.
Depuis, les centres logistiques en Pologne servaient d’entrepôts-secours
pour casser la grève. Le syndicat polonais IP a donc organisé des actions de solidarité.
Actuellement, des groupes d’action se forment dans les centres Amazon à
travers le monde, créant un réseau de plus en plus dense. Enfin,
les travailleurs et travailleuses informatiques résistent aux conditions
de travail précaires et s’organisent au-delà des frontières. Par
exemple, nous voulons montrer l’initiative du syndicat Game Workers Unite! et mentionner le débrayage des travailleur-euse-s de Google, qui a été suivi par des dizaines de milliers de personnes dans 50 villes à travers le monde en novembre dernier.
Avec un 1er mai coordonné à l’échelle internationale nous espérons
réaliser un objectif collectif d’amélioration de la vie, en développant
nos réseaux et en construisant la solidarité internationale. Nous
insistons sur la lutte commune et la résistance au chacun.e pour soi,
particulièrement dans ces temps de nationalisme et de racisme exacerbés.
Pour une meilleure vie pour toutes et tous, à travers les frontières!
#1world1struggle
_____ Initial supporters: Bangladesh
Anarcho-Syndicalist Federation | Free Workers’ Union (FAU) Hamburg |
Inter-Factory Workers’ Federation (FBLP) Jakarta | Forum for IT
Employees (FITE) India | Garment Workers’ Trade Union Center (GWTUC)
Bangladesh | Industrial Workers of the World (IWW) Gainesville |
Industrial Workers of the World (IWW) Hamburg
Souvent c’est lorsque la
société a l’apparence d’aller mal qu’on prend la mesure de ce que cela
implique qu’elle aille bien. Dans le cas précis de la « crise
actuelle », l’apparence reste une apparence. Car malgré le vacarme
médiatique cette société tient bien debout, la nuit comme le jour : les
pauvres continuent à créer la richesse pour les riches, les migrants se
font pourchasser, les damnés pourrissent en prison, les industriels nous
tuent à petit feu et tout le monde semble sombrer dans les tristes
images de bêtise généralisée. Pourtant, c’est cette apparence de rupture
dans son rapport à la société actuelle qui peut, à mon avis, donner
quelques indices quant au terrain sur lequel nous faisons désormais nos
pas : le problème avec les Gilets jaunes est le même qu’avec la société
dont ils font partie.
Il me paraît essentiel de
poser la question de manière la plus large possible. Certaines prises de
distance récentes par rapport à ce mouvement populiste sont bien
nécessaires et ont le mérite d’exister. Elles effleurent quelques
problèmes d’importance en passant, mais cela avant de conclure de la
même manière qu’à n’importe quelle occasion, n’importe quel mouvement
social, n’importe quelle météo. Cette invariance de la part de certains
compagnons est troublante et c’est en partie à elle que voudrais
répondre avec le plus de camaraderie possible. En revanche, il n’est pas
dans mes intentions de critiquer les positionnements infâmes et
opportunistes de la part de nos ex-camarades sous teintes libertaires
délavées – des positionnements complaisants envers des horreurs que je
ne croyais jamais voir sous le pavillon anti-autoritaire ; je voudrais
contribuer à la critique des rapports sociaux existants pour qu’un débat
plus large et non-consensuel débouche sur d’autres réponses que celles
qu’on a pris l’habitude de trouver. En d’autres mots, je ne veux pas
confirmer ce sur quoi je suis d’accord dans les prises de distance
susmentionnées ; je voudrais contribuer à ce qui n’a pas encore été dit.
***
Pourquoi un mouvement hyper-médiatisé, pas exactement plus massif que
n’importe quel mouvement social, d’abord aux sensibilités puis aux
revendications pour le moins douteuses, suscite autant d’hésitation de
la part de ceux qui, d’une manière ou une autre, souhaitent la fin de
toute domination ? Des compagnons ont déjà évoqué le fétichisme des
moyens (blocage, sabotage, émeute, pillage, affrontement), ainsi que la
coïncidence purement formelle entre certaines méfiances au sein de ce
mouvement (des porte-paroles, des syndicats, des partis politiques) et
les principes qui nous sont chers (refus de la représentation). Mais
peu, à ma connaissance, ont parlé de notre propre mal de révolution qui
est la source de bien des aveuglements. De ce mal qui attire le regard
vers chaque petite braise en espérant que celle-ci serait prometteuse de
quelque chose de fondamentalement autre – au point où elle nous rend
parfois aveugles à des vraies brèches qui s’ouvrent là où nous les
attendons moins. Dans la mesure où la critique des agissements et des
positionnements des autres ne devrait pas être un exercice
d’auto-satisfaction, je propose de chercher les causes de cécité dans
quelque chose qui nous est commun – nous tous qui sommes profondément
dégoûtés par ce monde et qui en cherchons une issue. Cette
« générosité » critique n’empêche en rien de tourner le dos à certains
ex-camarades, car il n’y a pas d’autre nom pour ceux qui passent leurs
jours et leurs nuits sur les réseaux sociaux et restent aveugles aux
revendications nationalistes, voire ultra-nationalistes de ce mouvement
qu’à ce jour personne n’a dénoncé « de l’intérieur ». Il y a des erreurs
qui finissent par ressembler à des choix malgré elles.
En cette grande époque de confusion, il n’est jamais anodin de
commencer par des banalités de base. Car avant d’aborder la question des
Gilets jaunes il faudrait se rappeler le contexte dans lequel se
déroule ce spectacle fluorescent. L’hyper-médiatisation donne l’illusion
lénifiante que c’est le désordre du mouvement qui fournit le contexte,
comme si les blocages, les sabotages, les émeutes et les pillages
étaient venus en droit chemin depuis un autre monde. Comme si les
actions dépassaient les intentions en quelque sorte. À force de répéter
que les casseurs sont apparus « en marge de manifestation », les
journalistes finissent par nous convaincre de leur transcendance. Qu’il y
ait des casseurs qui n’appartiennent pas aux manifestations, qu’il y
ait des parties sans rapport au tout. De la même manière, toutes ses
« dégradations » ont la fausse apparence d’être radicalement autre chose
que le monde où l’on vit. Lorsque les apparences médiatiques nous
réchauffent le cœur davantage que les horreurs relatées au quotidien, la
représentation se confond avec la réalité et gagne l’esprit révolté.
D’où l’aveuglement quasi-total devant l’image d’émeute : même si tout le
monde sait que les destructions en soi parlent peu des intentions de
leurs auteurs, la plupart préfèrent se comporter comme si elles étaient
portées par les actions elles-mêmes, ceci malgré les individus qui y
participent.
Le contexte, donc, n’est pas fourni par le désordre du mouvement, car
ce désordre ne dit rien de ce qui passe par les têtes des gens. Le vrai
contexte de ce mouvement est l’aliénation extrême et décomplexé, qui ne
se cache ni dans les paroles, ni dans les actes des Gilets jaunes.
Cette aliénation passe avant tout par l’identification personnelle à son
rôle social. La croyance d’être fondamentalement identique à sa
fonction dans la société est peut-être plus répandue que jamais. Même
les travailleurs les plus intensément exploités, tels les saisonniers,
les livreurs à vélo, les intermittents de toute espèce, s’identifient à
leur métier au point de former des communautés autour du rôle économique
qui leur a été attribué dans cette société. Pour les autres il reste
toutes les communautés imaginaires selon les penchants spirituels,
sexuels et récemment même « raciaux ». Ainsi la vie sociale, affective
et amoureuse se trouve nettement divisée en tant qu’auxiliaire par
rapport à ce que chacun est socialement, selon le rôle que cette société
nous attribue. Dans une société où la nécessité de vendre son travail
pour survivre conditionne forcément la vie sociale, les rôles sociaux
sont inévitablement définis par le rapport au travail, ne serait-ce que
négativement, comme c’est le cas de certains chômeurs assumés. Mais quel
que soit le rôle social, rien n’est plus favorable au maintien des
rapports sociaux en place que cette identification à son rôle dans leur
sein.
Cette identification n’a fait que s’accroître durant ces quelques
décennies de pacification sociale. Il suffit de comparer quelques films
d’aujourd’hui à ceux d’antan pour s’apercevoir de l’effacement
progressif de cette scission entre les rôles sociaux des personnages et
leurs « vraies » aspirations dans la vie. En règle générale, le héros
d’antan refuse son rôle dans lequel il se sent confiné et incapable de
vivre ou d’être autre chose. Même les flics dans les polars agissent à
partir de ce qu’il y a de humain en eux, par opposition à ce
qu’il y a de flic. Le héros d’aujourd’hui agit en affirmant son rôle
social : en tant que chef d’entreprise, en tant que paysan, en tant que
politicien, flic ou pompier… Toute représentation converge vers ce
mensonge absolu qu’on puisse s’épanouir en tant que membre de cette
société.
Les réseaux dits sociaux ne font qu’exacerber cet aplatissement en
donnant une plateforme pour s’exhiber avec plus ou moins de goût. Il est
évident que les pensées réduites aux images ou à quelques 280
caractères ne sont pas des idées à réfléchir et débattre entre plusieurs
personnes. Le fait de relayer ou de ne pas relayer une certaine
information, une certaine image ou une certaine blague sur le Web a peu
avoir avec leur contenu. Il s’agit avant tout d’exhiber les attributs de
soi-même : plus important que le contenu d’un message est le fait que
c’est moi qui le relaie. Dans cette situation il n’est pas étonnant que
les idées qui ne sont pas effectivement réduites à quelques images ou
phrases sont souvent tout à fait réductibles au format des réseaux
sociaux. Tel est le cas des textes militants qui ne sont pour la plupart
pas plus nuancés que les autocollants voués à les « populariser ». Ceci
pour dire à quel point l’aliénation déborde les groupements sociaux
selon leurs virages à gauche ou à droite. Il s’agit d’un fait social qui
nous concerne tous et dont il ne faudrait pas sous-estimer la portée.
Il est désolant de voir certains admirer l’horizontalité de ce
mouvement, car celle-ci, abstraction faite de son contenu, n’est jamais
rien d’autre qu’un passe-tout pour les manipulateurs de toute espèce.
C’est d’ailleurs pour ça que multiples réunions pendant des épisodes
révolutionnaires étaient systématiquement interdites aux politiciens et
aux syndicalistes. Mais il est tout à fait stupéfiant d’entendre parler
d’une auto-organisation quelconque lorsqu’il s’agit des échanges sur les
réseaux sociaux ! Ce qui me paraît un préalable indispensable pour
n’importe quelle forme d’auto-organisation à grande ou petite échelle,
c’est la rencontre, ne serait-ce que celle des idées… Or, la plateforme
d’aplatissement que fournissent les réseaux est tout sauf favorable à de
telles rencontres, pour des raisons évoquées ci-dessus. L’idée que les
réseaux sociaux fournissent une rupture dans les modes de communication
appartient au monde des mensonges. Il est donc très malheureux de
constater que même les compagnons quelque peu obsédés par la toujours
vulnérable surpuissance du « techno-monde » avalent la pilule quand
c’est opportun de le faire.
Le plus important à souligner au sujet des réseaux sociaux est le
fait que ceux-ci ne font que recycler les formes d’aliénation qui les
précèdent. Ils ne fournissent aucune occasion de partager « sans
médiation », comme disent certains. C’est pour cela que l’aspect dit
non-centralisé et non-hiérarchique de ce mouvement n’est qu’un leurre
promu depuis belle lurette par ceux qui sont aujourd’hui ses leaders
rivaux. Ainsi toutes les grandes idées sorties de la gueule de ce
mouvement ont à l’origine des personnages bien précis, très actifs sur
les réseaux et très loin de l’apolitisme revendiqué : le noyau dur pour
la VIe République et contre le « mélange racial » d’Éric Drouet
(l’auteur de l’appel du 17 novembre) et Priscilla Ludosky (page Facebook
La France en colère) ; l’adjacent Christophe Chalençon, un simple
forgeron qui n’aime pas « l’oligarchie des énarques » et les musulmans ;
les politiciens de droite « modérés » des Gilets jaunes « libres ».
Tous sont caractérisés par cette étrange constante nationaliste qui
semble déranger peu en dehors des groupuscules connus de l’ultra-droite.
Ayant lu les 42 doléances à l’origine emphatiquement « mystérieuse »
selon les journalistes, on pourrait se demander s’il y a quelque chose
d’autre qu’un souci de concurrence dans le fameux « rejet » du
Rassemblement national par les Gilets jaunes : des salaires calibrés à
l’inflation pour les français à l’expulsion systématique des
déboutés du droit d’asile, la pleurnicherie de « je ne suis pas raciste,
mais il faut s’occuper de sa famille d’abord » n’a rien d’original –
bien qu’il faille être un peu français au fond de l’âme pour ne pas s’en
inquiéter.
Que tout cela ne soit pas partagé par tout le monde dans la nébuleuse
fluo, c’est une chose. Que personne n’ait la moindre chose critique à
dire là-dessus, c’en est une autre.
L’idée même de référendum qui, entre autres horreurs, fera « entendre
et appliquer » les 42 chialeries est depuis longtemps soutenue par un
supporteur fervent du fluorescent pisseux, un dénommé Étienne Chouard.
Ami de Soral avec qui il ne se trouve en désaccord que sur ses opinions
aux sujets de l’homosexualité et du féminisme, cet anarchiste
auto-désigné est partisan de la démocratie athénienne dans la douce
France. À commencer par les référendums d’initiative citoyenne, RIC pour
les initiés, qui régleront les questions nationales de grande
importance, telles les 42 revendications, le Frexit et on peut imaginer
la suite. En parfait accord avec son désaccord face aux « élites », la
totalité du mouvement a à ce jour repris cette revendication puante des
atrocités à venir. Voilà pour les assemblées constituantes et la
démocratie directe.
La liste des problèmes évoqués ci-dessus n’est pas exhaustive, mais
elle illustre à quel point l’avalanche de merde à venir était déclenchée
de manière tout à fait centralisée et politicienne. L’exacerbation de
l’aliénation quotidienne par les réseaux sociaux ne permet rien d’autre
que la confusion, porteuse de la Réaction crasse. On ne pourrait trop
souligner le rôle joué par les pseudo-philosophes obscurantistes –
bloggeurs, vidéologgeurs et rhétoriciens de tout genre – qui pullulent
le Web depuis des années pour sortir à présent dans les rues et sur les
rond-points. Ainsi la stigmatisation, d’apparence ridicule et
inoffensive, de la « globalisation libérale et libertaire » par la plume
logorrhéique de J.-C. Michéa, par exemple, est cet automne sortie dans
les rues de Toulouse sous la forme d’une pancarte. La bêtise du monde
virtuel n’attend que l’occasion de se concrétiser et la convergence des
ressentiments suppurés en ligne est peut-être la seule véritable
spontanéité de ce mouvement.
Tout cela n’enlève en rien le fait qu’il y ait des gens, avec ou sans
gilet, qui voient dans cette effervescence une occasion de chercher
autre chose que le quotidien des rapports sociaux. Le seul fait de
« tenir » un rond-point témoigne du besoin de se rencontrer en dehors de
travail, en dehors du Web et en dehors de toutes les formes d’être
ensemble bien désignées. Ainsi que l’émeute, malgré l’obscurité des
intentions des participants, qui témoigne d’une joie de se déchaîner un
tant soit peu contre le luxe étouffant. Mais il est également vrai que
cela ne relève pas des caractéristiques du mouvement lui-même. N’importe
quel autre contexte à la même hauteur de désordre pourrait fournir une
pareille « occasion », comme disent certains. Le problème, c’est que
lorsqu’on agit dans un contexte donné, on agit par rapport à ce contexte aussi.
Tout comme pendant des manifestations de 2016 certains camarades se
sont posés la question s’ils n’étaient pas en train de jouer aux bras
armés de la CGT en prenant des risques à leur place, aujourd’hui on
pourrait se demander si cet assaut au luxe, bien trié et avec une
remarquable préférence pour le luxe étranger, ne servirait pas la
contestation nationaliste. Car les actions parlent très rarement par
elles-mêmes, surtout dans un contexte où il y a une division nette entre
ceux qui manient la parole et ceux qui agissent. À force d’ignorer le
monde dans lequel ils vivent, certains compagnons partisans du
« désordre » ont fini par prétendre que les leaders de ce mouvement ont
condamné les violences. Or, le noyau durement nationaliste, peut-être le
plus influent dans les réseaux, n’a jamais condamné les violences qui,
quand elles ne parlent pas, parlent souvent en leur nom.
Pour ceux d’entre nous pour qui le niveau des dégâts n’a pas le
dernier mot sur la portée subversive d’un mouvement, la force de
celui-ci se définit par ce qu’il arrive à mettre en cause, dans les
paroles et dans les actes. Ici la rupture dans le quotidien aurait pu provoquer une mise en cause de ce quotidien, ou de certains de ses aspects, mais elle ne l’a pas fait
– y compris parce que la rupture a été très limitée malgré les
exagérations médiatiques. Quelques slogans répétitifs mis à part, nulle
part il n’y a eu une mise en cause de la propriété, de l’exploitation,
de l’État. Plus concrètement, parmi les mille raisons de se prendre à
Vinci, la critique n’a jamais dépassé les prix et l’entretien des
autoroutes ! Autrement dit, en dehors des intentions individuelles de
ceux qui ont « saisi l’occasion », après un mois de blocages, de
sabotages, d’émeutes et de pillages ce mouvement n’a contesté aucun
aspect des rapports sociaux en place.
Bien qu’on ne puisse pas vraiment parler de la totalité, ni même de
la majorité des gens qui participent au mouvement des Gilets jaunes, on
peut très clairement parler de sa tonalité générale, concertée par ses
dirigeants. Avant de parler des groupes d’extrême- ou d’ultra-droite, il
faudrait s’interroger sur le nationalisme flagrant des meneurs et des
suiveurs. Les troupeaux des followers, ne sont peut-être pas tous
d’accord sur les aspects les plus xénophobes (et encore, une position
claire là-dessus s’est perdue quelque part dans les fils effilochés des
réseaux sociaux), mais à ce jour personne – à part les Gilets jaunes
« libres » beaucoup plus méthodiquement politiciens de droite – n’a
contesté les positions nationalistes des initiateurs, ni de leurs
successeurs. Les pancartes qu’on voit sur les rond-points, y compris les
plus « gauchistes », ne convergent que sur ce doux ressentiment de se
sentir abandonné par les « élites » de « son » pays. Et si, comme disait
Jean Malaquais, qui aime « son » pays n’aime par conséquent pas le
« vôtre », alors prendre soin de « sa » famille d’abord veut
inévitablement dire en laisser une autre crever.
C’est dans ce contexte-ci que les drapeaux tricolores me paraissent
bien plus menaçants que ne pourraient paraître les drapeaux nationaux
dans d’autres contextes. N’en déplaise aux métaphysiciens du désordre,
la différence d’usage des drapeaux nationaux entre les Gilets jaunes et
pendant les Printemps arabes consiste dans le fait que pendant cette
belle période de révolte au Maghreb et au Moyen-Orient l’usage de
n’importe quel drapeau pour symbole était largement débattu par les
participants et parfois refusé par certains d’entre eux. Or, dans nos
contrées d’aujourd’hui le drapeau tricolore est brandi par les troupeaux
avec ou sans chef et tout simplement ignoré par tous ceux qui
voudraient « saisir l’occasion ».
En dernier chef je voudrais aborder la fameuse dimension de classe de
ce mouvement. Dans certains textes publiés au cours de ce mouvement,
des gens se sont demandés si le fait de questionner la dominante
réactionnaire des Gilets jaunes ne relevait pas d’un certain « mépris de
classe ». Poser la question, c’est y répondre : il faut se sentir en
dehors, voir au-dessus des déshérités pour s’interroger de cette
manière. C’est la moindre des choses que de se méfier de la pureté
révolutionnaire, à commencer par soi-même. Pourtant, il me paraît
également vrai qu’une masse des pauvres – bien que cela soit loin d’être
le cas de la composition de ce mouvement – ne fait pas un mouvement de
classe. Certains compagnons rejettent le terme tout court. Soit. Je ne
suis pas particulièrement attaché à une terminologie quelconque. Mais
placer l’individu – une notion qui m’est chère – au centre du projet
révolutionnaire ne peut pas faire économie du fait que l’exploitation de
l’homme par l’homme reste au cœur des rapports sociaux capitalistes. On
peut chercher un autre mot si celui-ci ne nous convient pas. Il n’en
reste moins que les adeptes du fluorescent n’ont pas fait preuve du
minima de méfiance vis-à-vis de l’exploitation elle-même. Tout comme les
nationalistes qui fournissent le vocabulaire populiste, les
participants n’ont pas exprimé leur méfiance vis-à-vis de la richesse –
seulement vis-à-vis des « oligarques » qui les distribuent de manière
non-méritée selon quelque système de valeurs. Même les marxistes
devraient le savoir : le mérite du prolétariat révolutionnaire,
aujourd’hui anéanti, est non pas d’appartenir à sa condition d’exploité
mais de la refuser. Sans prétendre que les rapports de classe couvrent
l’intégralité des formes de domination, ce refus me paraît la moindre
des choses. Qu’il soit partiel ou intégral, obscur ou lucide, pure ou
impur, ce sont des questions à dépasser dans une situation donnée. Mais
en aucun cas on ne peut parler d’un assaut de classe quand la
bourgeoisie elle-même n’est pas remise en cause. Aucune dialectique ne
cassera les briques s’il n’y a pas de dialecticien pour le faire.
Cela mis à part, ce n’est pas la première fois dans l’histoire que
les pauvres sortent en masse dans la rue pour exiger leur propre
asservissement. Que la pauvreté qui leur appartient soit bien réelle ne
change en rien la situation.
***
Je reviens sur notre propre mal de révolution. Sur ce point je ne
suis pas d’accord avec les prises de position de certains compagnons
anarchistes. Car, à mes yeux, la peine de ne pas trouver de sortie de ce
monde clôturé de tous les côtés appelle à réfléchir à ce que cela
voudrait dire d’entrevoir une brèche, sans réponses données en avance.
Il me paraît insuffisant de se contenter de l’invariance de ses propres
méthodes. Bien que prendre des distances, garder un peu de lucidité et
ne pas se laisser influencer soit important, il n’en reste pas moins que
la réalité à laquelle on fait face est en train de se transformer et la
Réaction, politique et sociale, gagne du terrain. Se poser la question
« en tant que » – anarchiste, autonome, marxiste ou autre – ne fait
souvent que contourner la question : comment s’opposer à ce monde de
domination de manière plus conséquente que ce qu’on a fait jusqu’à
maintenant.
Il ne s’agit en aucun cas de remettre en cause la révolte
individuelle. Pourtant, il me paraît indispensable de dépasser
l’auto-contentement qui, très souvent, l’accompagne.
Pour cela, il est indispensable de faire preuve d’une certaine
humilité devant la tâche. La bêtise qui caractérise les milieux
contestataires d’aujourd’hui est certainement alimentée par l’aliénation
croissante dans cette société, dont les réseaux sociaux font
indubitablement partie. Mais elle est aussi nourrie par le refus
catégorique de débat un tant soit peu collectif et non-consensuel parmi
les compagnons. Ce qui, très naturellement, empêche l’action collective.
La valorisation absolue d’action, qu’elle soit en dehors ou en-deça du
cadre légal, provoque une méfiance de toute réflexion qui ne se termine
pas par un appel inconditionnel à manifester, à « être nombreux » ou à
attaquer.
Agir ici et maintenant est un choix qui a du sens pour les individus
qui le font. Nous avons tous des manières d’y attacher une certaine
importance, qu’elle soit politique, sociale, économique ou tout
simplement personnelle. Pourtant, l’humilité devant la tâche, le fait de
reconnaître l’insuffisance perpétuelle de nos actes, pourrait déboucher
sur une ambition plus grande que s’endormir en étant content de soi :
créer de l’air dans ce monde étouffant et, qui sait, peut-être un jour
le transformer.
Comment avancer dans cette direction-là ? Comment entraver cette
bêtise nationale ? Comment critiquer l’exploitation de l’homme par
l’homme en dehors des grandes concentrations industrielles ? Comment
critiquer la propriété après un siècle d’« avancées » dans ses modes de
fonctionnement ? Comment combattre toutes les formes de domination sans
se spécialiser dans aucune d’entre elles ? Comment arriver au cœur des
rapports sociaux qui ne font que nous rendre malades ? Comment, enfin,
s’y prendre pour avancer vers leur destruction ?
Comment être à la hauteur de cette impossibilité actuelle d’une révolution sociale, pour la dépasser ?
Je ne sais pas. Il y a plein de choses qui se précisent aux moments
de révolte collective, tout comme il y en a plusieurs qui prennent forme
aux moments de révolte individuelle. Personne se saurait donner des
recettes et ceux qui prétendent en avoir devrait être virés tout de
suite. Je sais que malgré les apparences nous sommes quelques uns à être
en mal de révolution et je propose de réfléchir aux manières de donner
des moyens à nos ambitions.
Robert de Fulminet,
dernier jour avant le solstice d’hiver, 2018.
Une petite musique monte depuis quelques temps dans les groupes de
gilets jaunes, sur Facebook comme sur les ronds points : le RIC,
Référendum d’Initiative Citoyenne. En prenant de l’ampleur, cette
revendication pourrait mettre en danger tout le mouvement des gilets
jaunes, en offrant une porte de sortie au gouvernement, permettant même à
Macron de sauver son poste.
Le figaro ne s’y est pas trompé : le RIC est une solution à la crise des gilets jaunes. Mais une solution pour qui ?
Certainement pas pour celles et ceux qui galèrent à finir le mois et
qui, sur les ronds points, dans les manifs, crient leur colère depuis
des semaines.
Pour les non-initiés, un résumé en deux phrases. Avec le RIC, si
suffisamment de personne signent une pétition, alors il y a un
référendum à l’échelle locale ou nationale, sur un sujet. Cela peut même
aller dans ses versions plus radicales, jusqu’à la révocation d’un élu.
Une porte de sortie sans débourser un centime
S’engager à mettre en place un tel dispositif est clairement une
aubaine pour Macron. Cela lui permettrait de ne pas débourser un sou de
plus que les 100 balles et un mars qu’il nous a lâché dans sa « grande générosité »… Et d’en finir ainsi avec ce mouvement ! C’est là ou les ennuis commencent.
Exit Macron démission ?
La fin du mouvement, c’est donc le maintien de Macron au pouvoir.
Avec, la possibilité, une fois votée la réforme constitutionnelle, de
proposer une pétition pour un référendum… On s’arrête. Alors, ça veut
dire que l’une des toutes premières demande des gilets jaunes passe sous
le tapis, comme ça ?
Qu’il faudrait repasser par la case attente, puis pétition, puis
référendum, pour en arriver là ou on est aujourd’hui, et alors que sa
démission ne serait même pas suffisante ? Cherchez l’erreur.
Les référendums sont le terrain des politiciens.
Qui a les moyens de faire des campagnes électorales ? Qui peut débourser des millions pour tout cela ?
A une heure ou l’argent n’a jamais été aussi important dans le
processus de réunions des suffrages, ou ce sont des milliardaires qui
gagnent les élections, qui peut croire qu’une campagne électorale est le
lieu ou les exploités, les galériens vont se faire entendre ?
Ceux qui sont à leur place en revanche, dans un processus comme
celui-ci, sont les partis classiques. D’ailleurs, dans les pays ou des
formes de ce dispositif existe déjà, ils sont utilisés par ces partis.
Et pour quoi faire, tiens ? On va être carré, impartiaux et prendre deux exemples venant de bords politiques opposés.
Deux exemples d’utilisations.
2009. L’extrême droite suisse et son parti l’UDC, longtemps dirigé
par le milliardaire Christophe Blocher, a conduite une campagne de
plusieurs mois contre la construction de nouveaux minarets en suisse. Il
s’agissait d’un symbole, d’un prétexte pour s’en prendre aux musulmans,
en mettant sur le devant de la scène un faux problème, celui des
minarets : au moment du vote, il n’y avait que 4 minarets dans toute la
Suisse, construits entre 1963 et 2008 ! Mais
la campagne aura été l’occasion d’un déferlement d’attaques racistes.
Elle s’est soldée par une victoire de l’extrême droite. En résumé, via
ce dispositif, l’extrême droite a obtenue pour son parti une tribune,
mis en scène un problème bidon pour diviser.
2017. Un syndicat de gauche italien, la CGIL, a fait campagne contre
le Job act de Matteo Renzi, un équivalent encore pire par certains
aspects, de la loi travail en France. Elle a obtenu les 500 000
signatures nécessaires, mais… a échoué devant la Cour
constitutionnelle, qui a refusé d’accepter de retoquer l’ensemble de la
loi. Selon la cour, la proposition de la CGIL aurait été « mal formulée »(!).
En réalité, une abrogation totale de la loi, qui aurait provoqué la
réintégration de millions de personnes licenciées, était inconcevable
par le pouvoir. La CGIL a fait un recours… Qui a l’heure actuelle n’a
pas abouti. Résultat : un référendum ne concernant qu’une partie de la
loi. Et devant le succès de la campagne, le référendum n’a pas eu lieu,
car ces dispositifs ont été supprimés avant. En résumé, le dispositif
n’a pas permis d’abolir la loi contre les travailleurs car la cour
constitutionnelle l’en a empêché. Mais la mobilisation a fait retirer
certaines mesures sans même aller voter.
Bilan comparé.
Le bilan général de ces deux exemple, c’est que ce dispositif est
avant tout un bon moyen pour créer de l’agitation sur de faux problèmes
de société. En revanche, quand il s’agit de ce qui compte vraiment, nos
conditions sociale, de vies, de travail et donc qui met en jeu les
profits des riches capitalistes, alors plus question de laisser passer !
C’est qu’au final, on est en plein dans la politique politicienne avec
ces dispositifs. Et que ce n’est pas notre domaine. C’est logique, qui
d’autres que les politicards ont intérêt à nous dire que la solution est
dans les urnes, alors que nous sommes de plus en plus nombreux à nous
abstenir, et avec raison !
Souvenons nous des derniers référendums en France :
Au niveau national, le référendum contre la constitution européenne a
produit une majorité de non. Le pouvoir n’en a rien eu a faire et a
promulgué la constitution quand même.
Au niveau local, le projet d’aéroport de notre dame des landes, qui
impactait toute la Bretagne, à été calibré pour que les gens répondent
oui : la zone du référendum a été limitée a la Loire Atlantique par
calcul. Résultat : le oui l’a emporté. Et si l’aéroport a été annulé,
c’est grâce à la lutte, a la base.
L’aspiration à faire dégager les élus et a prendre le contrôle de nos vies est juste.
Ce qui fait que le RIC marche, c’est qu’il s’appuie sur une défiance
légitime contre les politiciens. Mais ce qui fait que nous sommes en
position de force pour les pousser à dégager, pour en finir avec les
conditions d’existence pourries qu’on subit, c’est notre présence sur
les rond points, sur le terrain de la lutte. C’est ici qu’il s’agit de
s’organiser pour se faire entendre, en organisant par exemple des
assemblées sur les rond points.
Isolés, comme dans un isoloir, chacun chez soi, on est faibles. C’est
ensemble qu’on est fort, dans le mouvement. C’est aussi ici que tout le
monde discute, qu’on échange, qu’on réfléchit pour agir.
Pour reprendre la métaphore des amérindiens : ne quittons pas le
sentier de la guerre, ne signons pas les accords pourris que les
politiciens trahiront !
Notre boussole est claire : refusons tout ce qui affaiblit le
mouvement. Aujourd’hui ce sont souvent les mêmes qui proposent le RIC et
qui veulent en finir avec les occupations de rond point. C’est que
derrière ces propositions, il y a des courants politiques qui agissent
en sous marins dans le mouvement, pour en prendre la direction. Ne
laissons personne récupérer cette révolte sociale. Continuons jusqu’à la
victoire.
Nouveau morceau du groupe lyonnais "Les cris du béton", "Le pouvoir n'est pas à conquérir, il est à détruire !" est extrait du 2èmè album "Let's fight and dance !", sortie prochaine https://lescrisdubeton.noblogs.org/
Paroles :
Le pouvoir n'est pas à conquérir, il est à détruire.
La servitude moderne est une servitude volontaire, consentie par les foules qui vivent à la surface de la terre. Elles achètent elles-mêmes toutes les marchandises qui les asservissent toujours un peu plus, tout en les obligeant à courir derrière un travail toujours plus aliénant. Elles choisissent, de fait, elles-même les maitres qu'elles devront servir.
Le meilleur de leur vie leur échappe mais elles continuent car elles ont l'habitude d'obéir depuis toujours. Devant la désolation du monde réel, il s'agit pour le système de coloniser l'ensemble de la conscience des esclaves. Voila le réel visage du totalitarisme moderne marchand que l'on appelle aussi démocratie libérale.
Les propositions de réformes du système capitaliste mondial ne sont que de naïves illusions qui permettent à celuici de perdurer grace à quelques semblants de démocratie. Concrètement, les réformes proposées par quelques groupes politiques et associatifs ne changent rien aux rapports sociaux actuels et ne font qu'accroitre la soumission massive des populations aux pouvoirs politiques et marchands.
Une société qui soit vecteur d'émancipation collective et individuelle, n'est pas envisageable sans la destruction complète des oppressions qui sont à la base des sociétés patriarcales et capitalistes. La destruction de cette société totalitaire n'est pas une affaire d'opinion. Elle est une nécessité absolue dans un monde que l'on sait condamné.
Nous ne voulons donc pas une amélioration du système politique, social et économique en place, nous voulons son remplacement par des systèmes de vie collective autogérée, au sein desquels chaque personne a son mot à dire, dans lesquels l'entraide est le but, et non la concurrence.
Le pouvoir n'est pas à conquérir, il est à détruire !
POUR UNE JOURNÉE DE RÉSISTANCE SIMULTANÉE, SANS FRONTIÈRES, LE 10 DÉCEMBRE 2018, CONTRE LE DURCISSEMENT DU CAPITALISME ET DE LA SOCIÉTÉ AUTORITAIRE
Partout dans le monde, au prétexte de la dette des États, le pouvoir ne
cesse d’accroitre les inégalités entre les plus riches et les plus
pauvres et de détruire la planète.
Partout dans le monde, ce
recul de nos droits et ce saccage de la vie s’accompagnent d’une
amplification de la surveillance et de la répression contre tous ceux
qui s’y opposent.
Partout dans le monde, le pouvoir tente de
diviser pour mieux régner en détournant la colère sur le dos des
migrants qu’il fait passer pour les principaux responsables du malheur
des opprimés.
Partout dans le monde, le fascisme ne cesse de
monter, stade ultime du capitalisme, paroxysme de la société
autoritaire, prêt à éliminer ses opposants et tous ceux qui lui
déplaisent.
Partout dans le monde, le pouvoir se prétend légitime au prétexte, d’une part, de lois qu’il écrit lui-même pour conserver et renforcer sa
position, et, d’autre part, d’élections périodiques qui n’ont rien de
démocratiques puisqu’elles sont le produit de la fabrique de l’opinion
par les médias de masse qui appartiennent à la classe dominante. Partout dans le monde, le pouvoir usurpe sa position et nous vole nos vies.
À la différence des classes opprimées du 19ème siècle, au temps où
elles commencèrent à s’organiser au niveau international et à se
révolter, nous sommes aujourd’hui face à deux problèmes nouveaux qui
s’ajoutent aux précédents : la course contre la montre technologique
face à un pouvoir qui ne cesser de se renforcer grâce à de nouveaux
moyens de surveillance et de répression, ce qui rappelle les œuvres
prophétiques de Orwell et de Huxley, et la course contre la montre
écologique face à un capitalisme qui, en plus de nous exploiter, arrive
maintenant à un stade où la destruction de la Terre sera bientôt
irréversible.
Nous ne pouvons donc plus attendre. Nous ne pouvons
plus nous contenter de lutter chacun de notre côté, chacun à
l’intérieur de nos frontières, chacun dans le cadre de nos luttes
spécifiques sur toutes sortes de sujets, chacun avec nos différentes
façons de penser et d’agir.
Il devient urgent de faire converger
nos résistances, un jour par mois, à compter du 10 décembre 2018 et, par
la suite, tous les 10 de chaque mois, en même temps, partout dans le
monde, parallèlement à nos luttes locales quotidiennes.
Nous
proposons un jour par mois d’actions simultanées contre le durcissement
du capitalisme et de la société autoritaire. Un jour par mois pour
rappeler partout que cette lutte est globale. Un jour par mois pour évoquer l’urgence de nous mobiliser partout et d’en finir avec le
pouvoir et l’exploitation. Un jour par mois pour entrer dans un compte à
rebours, reprendre confiance en nous, devenir plus nombreux, et
préparer ensemble la fin de la société autoritaire et du capitalisme.
Le 10 de chaque mois est le premier jour à deux chiffres, comme un
changement d’ère, d’époque, de maturité. Car nous devons sortir de la
préhistoire politique et économique de l’humanité avant qu’il ne soit
trop tard.
Parmi nous, pas de chef, pas de responsable, pas de
direction syndicale, pas de bureau d’un parti, pas d’homme providentiel,
pas de d’avant-garde éclairée : nous proposons uniquement et simplement
un jour de convergence globale par mois, mais nous ne voulons en rien
diriger ni coordonner quoi que ce soit. Juste donner une impulsion de
départ, avec ce texte et les actes qui vont s’ensuivre.
Nous ne
proposons pas non plus une marche à suivre, une façon de faire, un cadre
précis à nos actes ce jour-là : à chacun de lutter comme il l’entend là
où il se trouve et de cibler ce qui lui semble important. Descendre
dans la rue un même jour, partout dans le monde, est déjà quelque chose
d’important, ne serait-ce que pour parler et préparer la suite en
occupant des places, des terres, des usines, et plus, beaucoup plus, si
certains le souhaitent.
À chacun d’imaginer sa façon de résister
ce jour-là et de la faire savoir, éventuellement avec des photos ou des
vidéos, à travers nos médias libres et autogérés partout dans le monde,
comme les indymedia, par exemple.
À chacun de traduire dans
d’autres langues ce message et de le propager, sur Internet et jusque
sur les murs des villes, pour que chaque 10 du mois, nous soyons
toujours plus nombreux et plus déterminés.
Personne ne nous libérera que nous-mêmes : c’est à nous de prendre au plus tôt nos vies en mains.
Le pouvoir n’est pas à conquérir, il est à détruire.
Des anarchistes, libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes et
anti-autoritaires de plusieurs régions du monde (Grèce, France,
Argentine, Espagne, Algérie, Italie, Mexique, Belgique, Canada,
Allemagne…)
Proposition parue sur Athens Indymediahttps://athens.indymedia.org/post/1592897/…
-----------------------------------------------
En anglais
FOR A DAY OF SIMULTANEOUS RESISTANCE,
WITHOUT BORDERS, DECEMBER 10 2018,
AGAINST THE HARDENING OF CAPITALISM
AND AUTHORITARIAN SOCIETY
Everywhere in the world, on the pretext of the debt of states, power
continues to increase the inequalities between the richest and the
poorest and destroy the planet.
Everywhere in the world, this decline in our rights and the
destruction of life is accompanied by an amplification of surveillance
and repression against all those who oppose it.
Everywhere in the world, power is trying to divide and rule by
diverting the anger at the migrants it passes for the main culprits of
the misfortune of the oppressed.
Everywhere in the world, fascism continues to rise, the ultimate
stage of capitalism, the paroxysm of the authoritarian society, ready to
eliminate its opponents and all those who displease.
Everywhere in the world, power claims to be legitimate on the
pretext, on the one hand, of laws it writes itself so as to maintain and
strengthen its position and, on the other hand, of periodical elections
that are not democratic because they are the product of the factory of
opinion by the mass media that belong to the ruling class.
Everywhere in the world, power is usurping its position and stealing our lives.
Unlike the oppressed classes of the 19th century, when they began to
organize at the international level and to revolt, we are now facing two
new problems in addition to the previous ones: the race against the
clock in the face of a power that continues to grow through new means of
monitoring and repression, which is reminiscent of the prophetic works
of Orwell and Huxley, and the ecological race against the clock against a
capitalism that, in addition to our exploitation, now arrives at a
stage where the destruction of the Earth will soon be irreversible.
As such we can not wait anymore. We can no longer be content to fight
each on his side, each within his borders, each within the framework of
his struggles specific on all kinds of topics, each with his different
ways of thinking and acting.
It becomes urgent to converge our resistance, one day per month, from
10 December 2018 and, thereafter, every 10th of every month, at the
same time, all over the world, parallel to our daily local struggles.
We propose one day a month simultaneous actions against the hardening
of the capitalism and authoritarian society. One day a month to remind
everyone that this fight is global. One day a month to evoke the urgency
to mobilize everywhere and to end power and exploitation. One day a
month to start a countdown, to regain confidence in ourselves, become
more numerous, and prepare together the end of authoritarian society and
capitalism.
The 10th of every month is the first two-digit day, like a change of
era, time, maturity. Because we must leave the political and economic
prehistory of humanity before it's too late.
Among us, no boss, no manager, no union management, no office of a
party, no providential man, no enlightened leader: we propose only and
simply a day of global convergence a month but we do not want to direct
or coordinate anything. Just give a starting impulse, with this text and
the acts that will ensue.
We do not propose either a procedure to follow, a way of doing
things, a precise framework to our actions that day: to each to fight as
he sees fit, where he is and to target this which seems important to
him. Going out to the street the same day, all over the world, is
already something important, if only to speak and prepare for the next
occupying places, lands, factories, and more, much more, if some wish.
Everyone, imagine how to resist that day and let us know, possibly
with photos or videos, through our free and self-managed media around
the world, like indymedias, for example.
Everyone, translate this message into other languages and propagate
it, on the Internet and even on the walls of cities, so that every 10 of
the month, we are always much more and more determined.
Nobody will release us but ourselves: it is up to us to take our lives into our own hands as soon as possible.
Power is not to be conquered, it is to be destroyed.
Anarchists, libertarians, anarcho-syndicalists, autonomous and anti-authoritarian
several regions of the world (Greece, France, Argentina, Spain, Algeria, Italy, Mexico, Belgium, Canada, Germany ...)
QUARTIER REBELLE D’ATHÈNES
EXARCHEIA EN TOURNÉE
DU 31 AOÛT AU 7 SEPTEMBRE 2018
À MILAN, MARSEILLE, TOULOUSE,
BORDEAUX, ZAD NDDL, PARIS ET LYON
Projections, rencontres, débats et repas partagés en présence de
camarades libertaires et antifascistes venus d’Exarcheia qui ont
participé au film L’Amour et la Révolution.
Les 5 intervenants de la tournée : GIORGOS DU GROUPE ANARCHISTE ROUVIKONAS
Basé au cœur d’Exarcheia et très célèbre en Grèce, ce groupe
anarchiste multiplie les actions coup de poing contre tous les pouvoirs
depuis plusieurs années et fait souvent la une des journaux télévisés.
Malgré la propagande inquiétante contre lui, il bénéficie d’une grande
popularité parmi les opprimés et donne une image courageuse et solidaire
de l’Anarchisme. Beaucoup de ses membres sont également impliqués dans
la lutte contre Aube Dorée au centre d’Athènes et dans des initiatives
solidaires autogérées.
MIMI DU SQUAT DE MIGRANTS NOTARA 26
Premier squat historique de la crise des réfugiés en 2015 au centre
d’Athènes, le Notara 26 occupe un immeuble appartenant au ministère du
travail dans le nord-ouest du quartier. En 2016, il a été victime d’une
attaque incendiaire fasciste, mais a rapidement été reconstruit. Au
total, il a accueilli plus de 6000 migrants de 15 nationalités
différentes, dont beaucoup d’enfants, dans l’autogestion, la solidarité
et la démocratie directe.
PERSEUS ET KINIMATINI DU CONTRE-MÉDIA PERSEUS 999
Contre-média réputé en Grèce et au-delà, Perseus 999 est une chaîne
youtube qui propose un autre regard sur les résistances libertaires et
antiautoritaires à Athènes : vidéos au cœur des émeutes, actions
antifascistes, musiques rebelles, comptes-rendus d’événements politiques
et preuves irréfutables de la répression.
LE RÉALISATEUR YANNIS YOULOUNTAS
Militant libertaire et antifasciste proche des trois collectifs
ci-dessus, initiateur d’actions solidaires et de convois vers Exarcheia,
Yannis est aussi l’auteur d’un livre sur le quartier (Exarcheia la noire aux Éditions Libertaires) et le réalisateur de la trilogie Ne vivons plus comme des esclaves, Je lutte donc je suis et L’Amour et la Révolution.
Il diffusera des extraits du troisième film montrant Rouvikonas, Notara
26 et Perseus 999 en actions et aidera à la traduction durant les
échanges.
Essai sur l’inefficacité des mouvements sociaux - Peter Gelderloos
"Parlons franchement, au vu de la situation, la grande majorité des
mouvements sociaux et écologistes échouent lamentablement, depuis des
décennies, ne serait-ce qu’à freiner la catastrophe sociale et
écologique en cours (de la sixième extinction de masse aux inégalités
économiques phénoménales et croissantes qui caractérisent notre temps). La plupart de ces mouvements se targuent de respecter scrupuleusement
les principes de la non-violence, qu’ils considèrent comme la seule
méthode de lutte acceptable. Et pourtant, ainsi que Peter Gelderloos
l’expose brillamment dans ce livre, cette adhérence dogmatique au
concept de la non-violence est injustifiée et injustifiable. En outre,
il s’agit d’une des principales raisons pour lesquelles ils sont
inefficaces.
En démystifiant les figures historiques
inexorablement citées par la majorité de ceux qui défendent la
non-violence comme un absolu — Gandhi, Martin Luther King, Nelson
Mandela —, en exposant les réalités complexes derrière leurs
accomplissements (souvent réduites à des simplismes mensongers), et en
exposant les nombreux problèmes d’éthique qui découlent de
l’absolutisation de la non-violence, Gelderloos nous
offre ici un ouvrage essentiel qui devrait nous aider à sortir de
l’impasse manifeste dans laquelle s’enlisent les mouvements militants.
Loin de faire l’apologie d’une violence
irraisonnée, ce livre déboulonne l’argumentaire fallacieux de ceux qui
affirment que la non-violence est la seule méthode acceptable de lutte
face à la violence du capitalisme et de l’État."
Comment la Non-Violence protège l’État | Essai sur l’inefficacité des mouvements sociaux
Peter Gelderloos, Éditions Libre, 180 pages, 13 euros