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lundi 11 juin 2018

Notre-Dame-Des-Landes : Journal de guerre avril/mai 2018

Soudain, sifflement, explosion : la guerre. La guerre maintenant, le choix du mot — pourquoi parler de « guerre » ?


« Tout bonheur sur terre mes amis, est donné par la lutte ! Oui pour devenir amis, il faut la fumée de la poudre ! En toutes choses les amis ne font qu’un : Frère face à la misère ; égaux face à l’ennemi ; Libres face à la mort. »


Nietzsche en K-way

En avril et mai 2018, je faisais parti des brigades internationales venues défendre la ZAD des expulsions, et plus particulièrement des milices urbaines issues du mouvement social contre la loi Travail de 2016. Ne soyez pas choqués de l’emploi des mots, nous nous expliquerons. Je voudrais ici témoigner de ce que nous aimerions vous convaincre d’appeler une guerre. Pour raconter cette histoire, nous naviguerons entre la fiction et la réalité. Nous pensons que le réel doit être fictionné pour être pensé et que l’histoire ne s’écrit pas avec des faits mais avec des histoires. Nous traverserons ces histoires, pas celles des grands hommes ou des manuels scolaires mais celles des hommes. Cela ne veut pas dire que ce que nous dirons est faux, mais que pour combler le fossé de l’expérience qui nous sépare, pour comprendre le réel, nous construirons un imaginaire.
Le récipient de ces images est un journal, car nous ne saurions écrire sans subjectivité. Non pas un journal objectif, mais bien un journal de bord. Un Moleskine volé à Gibert Joseph, sûrement le même que Hemingway tenait dans ses grosses mains pendant la guerre d’Espagne — tenez, vous le voyez, le fantasme (la fiction) est déjà-là — un petit carnet de note, qui tient dans une poche — voilà l’utilité — qui peut être amené sur le champ de bataille (la réalité). Une accalmie ! L’ennemi tient ses positions, et les guerriers se transforment en témoins. Derrière une barricade, untel griffonne rageusement sur un bout de papier, un autre, perché sur un arbre, dessine au fusain. Son regard se tourne vers le ciel, inquiet. Soudain, sifflement, explosion : la guerre. La guerre maintenant, le choix du mot — pourquoi parler de « guerre » ?

Guerre et paix

La paix est un vieux mensonge qui dure depuis 1945, il dit : « la guerre est un privilège réservé aux États civilisés se massacrant entre eux ». Il y aurait de quoi remplir plusieurs romans de Tolstoï (et certains le font !) sur l’histoire d’amour entre la France et la guerre. Le discours historique officiel dit : « la guerre est un fléau et un joyau de l’humanité ». Elle est gloire et beauté mais surtout elle est terminée. Statues momifiées dans les squares, uniformes démodés, jouets en plastiques et musées. La guerre, ce fauve indomptable, se serait écrasée contre le temps ? Ne serait-elle pas plutôt un monstre, caché sous le lit des français ? Et au capitalisme de leur faire peur : « soyez sage, ou nous le feront revenir ». L’image (gracieusement offerte par la gendarmerie) d’un blindé traversant une barricade en feu n’est-elle pas l’exacte expression de cet odieux chantage ?
Il y a une autre version, elle dit : « la guerre a parcouru son chemin au-delà de la paix ». Si l’on regarde de près les mots comme « pacification » ou « évènements » on peut la reconnaitre, roulant de la « décolonisation » aux « interventions extérieures », de l’Algérie au Mali. Soudainement, tout devient clair dans le nuage de lacrymogène, je la vois, c’est elle, la guerre, elle court dans l’histoire. Elle se cache sous les « menaces sécuritaires », les « rétablissements de l’ordre », de la Syrie à l’Indochine. Alors que les grenades explosent autour de moi, je souris, je l’ai reconnue, cette angoisse et cette joie de l’enfance. J’ai moins peur, j’avance entre les tirs ennemis, je me sens habité par les autres hommes, ces guerriers, ces ancêtres. Un projectile touche mon casque et l’explosion résonne dans ma tête. Je reste sonné quelques minutes, sans rien entendre. Comment ne l’ai-je pas démasquée plus tôt ? Je la connais si bien, et elle n’est pas discrète ! Difficile de ne pas entendre les hélicoptères, de ne pas voir les blindés. Et que croyez-vous ? Que comme le nuage radioactif de Tchernobyl elle se serait arrêtée aux frontières ? Mais la guerre, mon bon monsieur, passe au-dessus de vos idées abstraites (douanières ou épistémologiques). Elle est encore là, elle cavale, emportant tout sur son passage, des colonies aux banlieues, sous les « zones de non-droit », les « territoires perdus de la république », c’est la guerre qui se déplace des villes aux marais, jusqu’à moi... Et jusqu’à vous, car je l’ai reconnue. Recroquevillé contre une barricade en feu, immobile au milieu de l’enfer, attendant les secours, je pense à Marx. Parler de guerre c’est une émancipation, destruction du fétiche : « La guerre est déjà là », dépassement de l’aliénation : Journal de guerre. Ce texte, sera écrit avec une pensée particulière pour nos camardes « jeunes des cités » qui subissent cette oppression depuis plus longtemps que nous dans une indifférence effrayante.

Absurde modernité

Cette indifférence (qui nous guette) est due à une répression d’État, tant juridique que médiatique, à ne pas en douter. Si cette répression (cette guerre) est d’abord raciste, elle se déplace, et les policiers traitent leurs prisonniers comme des ennemis : « gaucho », « terroriste », « black bloc », « zadiste », qui sont autant de caractéristiques méritant un passage à tabac en cellule. On peut aussi accuser les perceptions modernes. Cette étrange schizophrénie de la modernité, permettant qu’une opération militaire de grande envergure puisse avoir lieu à 20 km d’une métropole, que le RER relie le Tiers Monde aux Champs Élysées. Cette guerre est une plongée dans l’absurde moderne : toujours avec ma raquette de badminton, je me bats sur une barricade le matin et l’après-midi je suis à la plage. Le TGV me permet de rejoindre la paix depuis la guerre, ou l’inverse. être sur zone est une explosion de réalités qui se superposent : chaque km compte, la différence de perception entre les lieux est énorme, sans parler du fossé qui sépare l’intérieur à l’extérieur. On pense aux poilus qui rentrent à l’arrière dans l’incompréhension de leur famille.
Ce terrain est propice à brouiller les frontières entre fiction et réalité, à attiser les haines de chacun et à cristalliser les positions politiques. A cela s’ajoute une guerre de l’image, du média, de l’information et une révolution esthétique qui fait éclater les cadres de représentation. Pour se protéger de la répression juridique et de l’appareil de vidéo surveillance, beaucoup d’entre nous sont masqués, cette nécessité est aussi transformée en expression émancipatrice (clowns masqués, esthétique de la cagoule...). C’est dans cette atmosphère étrange que l’on prend son repas : un drone survole une foule épuisée au visage dissimulé. Avez-vous déjà essayé d’avaler une soupe vegan à travers une cagoule ? La confusion est totale, le sensible s’ouvre et laisse apparaître les possibles.
Il y a d’un côté la nécessité d’appeler cette paix une guerre, de dénoncer le réel, de le comprendre, de mettre des mots justes sur des phénomènes concrets. Une urgence épistémologique. De l’autre, un combat esthétique à mener, une mythologie à créer, ce que nous ferons à l’aide de la fiction.

De quoi est faite notre guerre ?

Vous pensez peut-être, avec raison, qu’il y a un problème moral à parler de guerre à la ZAD alors que les morts des guerres mondiales se comptent par millions, que l’on tue à Gaza et que la Syrie est une boucherie sans nom. Mais c’est que vous ne comprenez pas mon propos. C’est qu’il faut penser la guerre comme un système. Que l’expérience de guerre, la souffrance n’implique pas de hiérarchisation possible. Pensez aux jeunes « indigènes » ou aux jeunes recrues d’Algérie qui n’ont jamais « fait le coup de feu », certains sont morts, les vivants sont traumatisés. On peut parler d’intensité de guerre, et sur son thermomètre, nous parlons depuis les plus bas degrés. Mais lorsqu’il y a 200 blessés en deux heures, que l’on porte des camarades sur son dos avec la jambe déchirée, que des corps s’entassent à l’infirmerie dont les blessures par balles sont autour des parties génitales, que l’ennemi vise les brancardiers, nous avons le besoin mais aussi le devoir de parler d’une guerre. Cette guerre s’inscrit dans la guerre « moderne », la guerre « propre », avec toute l’absurdité qu’elle contient. Se poser cette question est douloureux car c’est accepter cette guerre (que l’on n’a pas voulu) mais c’est aussi s’y sentir à l’aise. Aménager les tranchées, tant matérielles qu’intellectuelles, pour y vivre.
Le premier matin de la trêve, nous sommes deux, casque, bouclier, attendant les renforts pour accueillir 2500 gendarmes mobiles. Notre guerre est faite d’inégalités de forces, elle s’inscrit dans la guerre contre-insurrectionnelle, d’un État contre sa population. Une guerre où l’ennemi a dans son camp la légitimité et la loi. Mais cette insurrection est aussi la défense d’un territoire. Les forces ennemies occupent militairement une partie de ce territoire, pratiquent la politique de la terre brulée, il détruit des habitations, saccage au couteau des campements, menace et surveille depuis le ciel. A cela s’oppose la guérilla, avec l’appui de la population locale, les camps clandestins, les expéditions dans la nuit échappant au spot de l’hélicoptère. Une guerre d’occupation militaire et contre-insurrectionnelle dont l’armée française (que nous avons en face de nous) est finalement une spécialiste historique. Justement, que nous dit l’histoire ? Que c’est une guerre hors-la-loi, psychologique, et terrible : Les mesures juridiques exceptionnelles, l’antiterrorisme. Que dire de ces réveils à la grenade, des fumigènes dans les dortoirs, des caravanes en feu, des coups de couteaux dans la nourriture, les bouteilles d’eau, de ces traques à travers champs, poursuivies par des chiens ? On voit que le débat doit se porter au-delà de la question de la violence, pour parler de notre vécu (qu’on le veuille ou non) fait d’images, de situations, de mécanismes. Nous pouvons parler de la guerre, comme d’un registre théâtral, tragique, pas celui des dieux et des rois mais des humains qui dure depuis toujours et qu’il est vain de croire en dehors de nous.

Tragédie humaine

C’est elle, la tragédie, qui nous a le mieux parlé de la guerre, à travers les films, les livres, elle nous racontait les histoires d’hommes et de femmes. C’est à travers la fiction, les motifs, que nous percevons où nous sommes, l’époque dans laquelle nous nous inscrivons. La tragédie est la lanterne de l’Histoire. C’est avec elle que nous pouvons voir, dans les blindés, l’armée d’occupation nazie, les marécages et les hélicoptères du Vietnam, les pelleteuses de Palestine, les barbes et les feux de camps de Cuba, les tranchées et la boue de 14-18, les grenades de la Seconde Guerre mondiale, les civières et les sous-off de toutes les guerres de position, le drone du futur, les barricades de la Commune, les infiltrés d’Algérie, les bourreaux du Chili, les légionnaires de Rome, les charges héroïques de l’époque napoléonienne, les suffragettes pyromanes, le siège d’Alésia, les angoisses, les prisonniers de la résistance, les tours de garde de l’IRA, les jusqu’au-boutistes de la bande à Baader- Meinhof, les bolchéviques bureaucratiques, les anarchistes illuminés, les blanquistes de la barricade, les fétichistes de l’uniforme, les chevaliers et leurs écuyers s’armant sur le champ de bataille, les divisions internes du FLN... C’est la tragédie qui aide à comprendre les mécanismes, les traumatismes de la guerre et à les déjouer. Cette tragédie semble se jouer en plusieurs actes :
1) répression 2) rébellion 3) radicalisation
1) Infiltration 2) Suspicion 3) désolidarisation
1) division 2) négociation 3) trahison
1) criminalisation 2) invisibilisation 3) marginalisation
Ces mécanismes auxquels nous sommes confrontés, sont-ils des règles objectives de la guerre ? En tout cas, se faire tirer dessus par un char, donne une certitude inébranlable : La guerre c’est l’horreur. Malheureusement, si nous parlons d’elle dans le registre tragique c’est qu’elle n’est pas le drame. La guerre est aussi la beauté, la grandeur, la joie.

La guerre, abrutis !

C’est la guerre ! quoi ? Abrutis ! La guerre nous abruti. Elle simplifie tout sur son passage, elle écrase, aplati les réalités. Les difficultés sont traitées dans l’urgence, les choses et les hommes s’écrasent sur son passage comme sur le passage d’une tempête. Le réel explose, l’information se fait rare, le vivant est partout et les désirs multipliés. Nous sommes dans le présent. Le doute trouve mal sa place. La menace pèse lourd dans les débats, la mort ou la prison rendent toutes les choses graves. Les esprits des hommes sont concentrés, et les corps raidis dans l’obscurité. C’est la guerre dans les corps. Elle les blesse, les meurtri, les mutile, les rend malades. Les sens sont aux aguets du danger. Mais elle les rend plus forts, les endurci, les rend glorieux et vivants, on danse entre les éclats. L’affrontement est un jeu, un mouvement vers la vie, cette « longue mort ». Sartre parlait de la résistance, de la « république du sang et des larmes », comme de la plus belle qu’il ait connu, ou du moins, la plus vraie.
Cette expérience de guerre, et nous espérons que vous êtes convaincus de l’utilisation du mot, nous fait voir sous un meilleur jour le pacifisme radical. Mais elle donne surtout envie de célébrer la résistance, car nous sommes aujourd’hui à nouveau rassurés : aucun monde, aussi dystopique, aussi puissant soit-il, ne peut venir à bout de la résistance d’un peuple. Cette certitude pourrait passer pour une loi de l’Histoire.

Signé X

mercredi 23 mai 2018

Communiqué : Notre-Dame-Des-Landes, la police mutile en toute impunité

Après une première vague d'expulsion particulièrement violente sur la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes il y a un mois (+ de 11 000 grenades lancées et plus de 250 blessé-e-s dont plusieurs graves), l'Etat a lancé une deuxième vague il y a quelques jours.
Comme on pouvait malheureusement s'y attendre, les violences policières furent encore très fortes, un manifestant a été mutilé par une grenade offensive qui lui a explosé à hauteur de sa main. Le pouvoir s'est empressé à grand renfort de relais médiatiques de disculper les « pauvres » forces du désordre en surnombre « lâchement » attaquées par quelques dizaines de Zadistes.
Rappelons que le ministère de l'intérieur a dépêché sur place plus de 15 000 gardes mobiles accompagnés de blindés et d'un hélicoptère pour une dizaine d'expulsions. Le but réel de ces opérations était et est bel et bien de « casser » du Zadiste pour anéantir la résistance sur place et décourager les personnes voulant venir soutenir la lutte.
La violence physique comme sociale de l'Etat s'affiche chaque jour un peu plus, les seuls casseurs sont Macron et sa clique. Il est temps d'organiser la résistance et de passer à l'offensive !

Juste une étincelle Noire

mercredi 18 avril 2018

Soutien à la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes à Lyon

Plusieurs dizaines d'autocollants DIY ont fleuri le week end dernier dans les rues de Lyon en soutien aux camarades en lutte de Notre-Dame-Des-Landes.


lundi 9 avril 2018

Communiqué de la Fédération Anarchiste concernant l'expulsion de NDDL

Notre-Dame-Des-Landes,

face à la vengeance étatique, solidarité, action !

 

Le gouvernement l’avait promis lors de son annonce d’abandon du projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes en janvier dernier, sa vengeance viendra en avril avec l’expulsion de la ZAD.

C’est donc cette nuit à 3h du matin que l’opération a été lancée avec 2500 gendarmes accompagnés de blindés, l’objectif étant d’expulser environ 100 personnes et la destruction d’une quarantaine de bâtisses dites « illégales ». Des barricades enflammées ont été érigées sur la « route des chicanes » où se concentre la résistance des Zadistes face aux forces du désordre.

Nous dénonçons cette énième tentative d’expulsion par la violence et nous nous joignons à l’appel des occupant-e-s de la ZAD :

  • les rejoindre dès que possible pour mener la résistance
  • participer aux rassemblements ce soir à 18h dans tout l’hexagone organisés par les comités de soutien (environ 80 villes pour l’instant)
  • participer à la manifestation de samedi à Nantes

Face aux expulsions, aux violences policières et à un Etat qui veut sa vengeance, contre leur monde, la solidarité est notre arme, soutien à tous les occupant-e-s de la ZAD !!!


09/04/2018

Fédération Anarchiste






Pour rappel la Fédération Anarchiste avait publié un dossier spécial NDDL des origines à l’abandon du projet d’aéroport en janvier 2018, pour télécharger le dossier en version PDF format A4, 104 pages :




vendredi 9 février 2018

Dossier Fédération Anarchiste spécail Notre-Dame-Des-Landes, symbole de résistance !

Quelques jours avant la grande mobilisation « Enracinons l'avenir » du 10 février sur la ZAD, nous avons voulu, au travers de ce dossier, revenir sur les années de luttes à Notre-Dame-Des-Landes, des joies, des peines, des doutes, des victoires …, de 1964 à 2018.
Il se compose de 3 parties, la première étant une chronologie non exhaustive des décisions et actes étatiques/policiers/des tribunaux/des bétonneurs, et des résistances aux travers de divers événements. La deuxième se compose de témoignages glanés ici et là sur des sites mais aussi de témoignages de camarades s'y étant rendus, pour lutter et/ou habiter sur place. Et enfin la troisième partie regroupe différents communiqués fédéraux ou de groupes de notre organisation.
Avant propos
Le 17 janvier 2018, le gouvernement décide l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes
après plus de 40 ans de lutte. Malgré les pressions étatiques, les harcèlements policiers, les arrestations, les condamnations, les menaces et intimidations des milices de Vinci, les menaces de mort de chasseurs alcooliques, les expropriations, les destructions de fermes/bâtiments/cabanes..., des paysan-ne-s, nouveaux/elles, ancien-ne-s habitant-e-s, naturalistes, activistes anticapitalistes, écologistes radicaux/cales, associations, groupes politiques radicaux, groupes autonomes, comités de soutien, simples individu-e-s, … se sont mobilisé-e-s au travers de manifestations, rassemblements, actions pacifistes et directes, mise en place d'alternatives, occupations de terres en semant et récoltant ,... et ont fini par remporter cette grande victoire. Mais il ne faut pas pour autant abandonner la lutte car un autre combat a commencé depuis l'annonce du premier ministre et surtout de son ultimatum (jusqu'au 30 mars pour évacuer la zone). La ZAD doit continuer à vivre !



Nous les Zadistes Radis co (ZAD NDDL)

"Cette video a été 100-suré par you tube plusieurs fois de suite. Apres de multiples tentatives, j'arrive enfin a diffuser ces témoignages sur notre mode de vie et nos convictions.. Merci de la partager MASSIVEMENT, de la commenter pour qu'elle puisse mieux être répertoriée sur youtube, c'est une bouteille d'espoir que nous jetons sur la mer(de) des réseaux sociaux.. Aujourd'hui notre mode de vie est en Danger.. On a besoin d'aides, n'hésitez pas a nous soutenir que se soit simplement en partageant la video, ou en nous apportant du materiel sur la D281 (palettes et planches, clou/vis, outils, matelas couvertures, nourriture comme des pates du riz, du café !!) Et si vous êtes vraiment chaud a aidez tous les jours vous pouvez aussi venir vivre ici !



jeudi 18 janvier 2018

10 février : journée d'action à Notre-dame-des-landes, enracinons l'avenir !





Communiqué : L'aéroport de Notre-dame-des-landes est mort, vive la ZAD !


Le gouvernement abandonne le projet d'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, ce qui est une grande victoire. Il n'en reste pas moins que le recours à la force publique est bel et bien toujours d'actualité, le premier ministre, Edouard Philippe, ayant donné comme ultimatum jusqu'au 30 mars aux occupants « illégaux » pour quitter les lieux. Donc ne tombons pas dans l'euphorie générale en applaudissant des deux mains cette décision et ré-affirmons notre soutien aux occupant-e-s de la ZAD et leurs revendications :

-La nécessité pour les paysan-ne-s et habitant-e-s expropriés de pouvoir recouvrer pleinement leurs droits au plus vite.

-Le refus de toute expulsion de celles et ceux qui sont venus habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y vivre ainsi qu’à en prendre en soin.

-Une volonté de prise en charge à long terme des terres de la zad par le mouvement dans toute sa diversité - paysans, naturalistes, riverains, associations, anciens et nouveaux habitants.

La Fédération Anarchiste
17/01/2018

Court métrage : Je n'étais jamais venue sur la ZAD (Notre-dame-des-landes)


mercredi 4 octobre 2017

RELAXE POUR LES 13 DE VILLEURBANNE

Les 13 personnes inculpées de "dégradation de bien privés en réunion" (dont 5 étaient également poursuivies pour refus de prélèvement biologique (ADN)) le 24 mars 2016 suite à une action en soutien aux paysans de NDDL qui risquaient l’expulsion il y a eu relaxe ! Le PS ne s’était pas porté partie civile, dans la mesure où il n’existait aucune preuve qu’il y avait dégradation, de plus, les 13 ont eu un discours cohérent entre eux, malgré la provoc du procureur comme quoi la cour "n’est pas un spectacle ni une tribune politique" pour que nous et le public nous énervions les juges, mais ces derniers ont décidé la relaxe, à voir si le proc fait appel sous 10 jours...

Voir pour en savoir plus : http://etincelle-noire.blogspot.fr/2017/09/proces-des-macons-du-ps-le-2-octobre.html

vendredi 29 septembre 2017

Procès des maçons du PS le 2 Octobre

Le 2 octobre, 13 personnes seront jugées pour avoir participé à une action collective de murage du local PS de Villeurbanne, dans le cadre de la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Hiver 2015. Mû par un léger penchant pour l’ordre et la sécurité qu’on lui connaissait bien, le Premier Ministre de l’époque – M. Manuel Valls – décide d’en finir une bonne fois pour toutes avec cette agaçante épine qui traîne depuis trop longtemps dans le pied du gouvernement, à savoir la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Les procédures d’expulsions sont relancées contre les habitant.e.s « historiques » vivant sur la ZAD, préalable à une invasion par les forces du désordre afin de tout casser pour rétablir « l’état de droit ».
Mars 2016. Face à ce regain d’agressivité du gouvernement, la résistance s’organise, comme lors de ce week-end où des actions visant le Parti Socialiste au pouvoir ont fleuri un peu partout en France
(https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=1TQBajERaRkBJviWigWoTMBY28ZA)
Le local PS de Villeurbanne voit ainsi sont entrée murée, et 13 personnes sont interpellées et placées en garde-à-vue pour avoir participé cette action collective.


Ces 13 personnes sont actuellement poursuivies par la justice, leur procès se tiendra à Lyon lundi 2 octobre à 14h au Tribunal de Grande Instance. Venez nombreu.x.ses pour les soutenir, pour que la répression n’écrase pas les dynamiques collectives comme ils le souhaitent, mais les renforce.
M. Valls n’est plus, la ZAD est toujours là. Et l’avenir s’y construit.
Le collectif ZAD Lyon

https://rhonenddl.wordpress.com/2017/09/29/proces-des-macons-du-ps-le-2-octobre/

mercredi 7 juin 2017

15 juin : On désobéit ! Concert au Rafiot en soutien au Collectif ZAD Lyon !

Le Collectif ZAD Lyon est heureux de vous inviter au super concert de Bing OW et DUVAL MC !
Cela se passe au Rafiot, à Lyon le jeudi 15 Juin à partir de 19h30 et jusqu’à minuit.


Extraits des deux artistes :
Bing OW : Souvenons-nous d’un futur sans factures /// La Mission
Duval MC : On désobéit /// ZAD Testet
Buvette et table de presse (ZAD, GPII, …) sur place ! L’argent récolté servira à défrayer les artistes et s’il en reste un peu après cela, il permettra d’approvisionner la caisse du collectif, utile pour acheter du matériel militant, soutenir les ZAD sur place ou localement, mais aussi pallier aux frais judiciaires…
Pour avoir l’adresse du lieu, n’hésitez pas à la demander par mail : concert15juin@riseup.net
Venez nombreux et nombreuses !
Affiche en A3 : cliquer ici
Flyer en A6 : cliquer là

https://rhonenddl.wordpress.com

lundi 26 septembre 2016

8 octobre 2016 – Notre-Dame-des-Landes Que résonnent les chants de nos bâtons !



Acculé par les mobilisations massives des 9 janvier et 27 février, le gouvernement a organisé en juin une consultation biaisée. Se croyant forts du résultat de cette mascarade, les pro-aéroport et le premier ministre ont confirmé leur intention de procéder cet automne à l’évacuation et à la destruction de la zad de Notre-Dame-des-Landes, de ses cultures, de sa faune et de sa flore, de ses habitats et activités ainsi que des liens entre toutes celles et ceux qui se sont attaché.es à ce bocage. Ces déclarations font fi de la situation juridique du dossier puisqu’entre autres les autorisations de travaux ne sont toujours pas  accordées.
Les porteurs du projet ne semblent pas avoir non plus mesuré la détermination de celles et ceux qui  habitent ce bocage, des militant.es engagé.es à leurs côtés, le soutien dont ce mouvement bénéficie dans la région et bien au-delà, ainsi que l’implication des comités locaux. Ces 2000 ha de bocage et ce qui s’y vit sont aujourd’hui porteurs d’espoirs indéracinables face au saccage du vivant, des terres agricoles et à la marchandisation du monde. Il est impensable qu’ils disparaissent !
A l’initiative de l’ensemble du mouvement d’opposition au projet d’aéroport, nous marquerons donc le 8 octobre notre volonté commune d’empêcher toute agression contre la ZAD et tout démarrage des travaux. En écho à bien d’autres luttes paysannes, comme au Larzac, nous ferons résonner le sol de milliers de bâtons. Nous les laisserons sur place, en nous engageant ensemble à venir les reprendre, en cas d’intervention, et à défendre la ZAD, ses habitant.es, paysan.nes et l’avenir qui s’y construit.
Nous monterons également ensemble un hangar dont les éléments ont été fabriqués durant l’été sur la ZAD par des dizaines de charpentier.es. Cette oeuvre collective concrétisera notre volonté de nous organiser pour la résistance en créant un lieu qui sera une base d’appui en cas de tentative d’expulsion, autant qu’une structure commune pour le futur.

Cars pour se rendre le 8 octobre à NDDL


Convergeons vers Notre-Dame-des-Landes le 8 Octobre 2016 !

Rendez-vous à 10h dans le bocage, à pied, en tracteur ou à vélo.
Que chacun-e apporte son bâton, sculpté, décoré et le mette dans les roues du projet.

Tous et toutes ensemble, empêchons l’aéroport !

Plus d’infos sur les sites acipa-ndl.fr et zad.nadir.org

mardi 29 mars 2016

Un mur devant le PS : témoignage de ma garde à vue

Interpellé et placé en garde à vue à la suite d’une action de désobéissance civile en soutien aux paysannes et paysans de Notre-Dame-des-Landes.
Voici mon témoignage.
Parce que ça ne va pas du tout ce monde contrôlé par les banques et les multinationales, parce que ça ne va pas ce gouvernement qui ment et fait n’importe quoi en dépit des décisions de ces propres institutions pour le seul profit de groupes privés (et donc de quelques personnes in fine).
Parce qu’il y a une nécessité à défendre la ZAD de Notre Dame des Landes et se battre contre l’aéroport et son monde.
Parce que là-bas se construit autre chose, qui ne va pas contre la planète et celles et ceux (humains, animaux et végétaux) qui la peuplent mais bien avec.
Parce que ça me rend malade mais que j’arrive à le transformer en joie de vivre, en envie de faire bouger les choses et en actions concrètes et que ça, ce sera toute ma vie.
Pour ces raisons j’étais avec des copines et copains le jeudi 24 Mars 2016 au soir devant le local régional du PS à Villeurbanne pour y construire un mur, de ceux qu’ils font construire aux frontières, de ceux qu’ils construisent après avoir expulsé les gens qui vivaient dans un endroit qu’ils occupaient sans droit ni titre mais pas pour autant moins légitimement (c’est quel article du code pénal ça Monsieur la légitimité ? Ce n’est pas dans le code pénal).
La date n’est pas choisie au hasard, c’est un appel de la ZAD à des actions coordonnées dans toute la France pour protester contre les expulsions des paysannes et des paysans dits "historiques", qui deviennent à partir de cette date légalement expulsables par la force.
On était là avec nos moellons, nos gâches à ciment, nos truelles, nos sourires et notre envie. Mais vu qu’on est là pour faire du symbolique on met même pas de ciment au sol avant de poser les premiers moellons devant la porte, non, on les pose juste et après on met du ciment entre ceux-ci et les suivants, mais cinq rangées plus tard, à peine un petit mètre de haut, c’est l’intervention des forces de l’ordre (en écrivant ce mot je ne comprends pas son sens, mais pour rendre ce témoignage plus facile à partager j’essaie de mettre les bons mots, mais le dictionnaire Larousse m’informe que "flic" est un terme populaire pour désigner un agent de police, je vais donc m’autoriser à utiliser ce mot).
Les flics arrivent donc, trois voitures dans un premier temps, ils sont armés, sortent leurs flashballs et nous visent en même temps qu’ils approchent, ils sont de différents groupes. Ils nous attrapent par le bras comme des garnements à qui il faudrait faire peur, nous parlent mal, de notre côté on reste aimables et calmes, on leur parle volontiers même.
Certains flics redescendent vite sur terre, se calment voire même commencent à plaisanter, d’autres s’énervent, ils voudraient nous courir après je crois mais on reste là, calmes et un peu fiers de nous quand même. Et c’est parti pour le fichage de tout le monde à même le trottoir, ils (je dis ils parce que il n’y a que des hommes) veulent les identités de tout le monde, et ça les désarçonne un peu quand je leur demande pourquoi, parce qu’en fait je me pose la question quand même de pourquoi, alors je leur pose. La réponse va vite venir de leur hiérarchie, il faut nous amener au poste pour nous contrôler, et donc nous ficher, prendre les noms de celles et ceux qui ont osé faire ça. Bon, sans aucune résistance ni même protester on les suit.
Pour ma part je suis (avec un copain) le dernier à quitter les lieux, un ballet de voitures viendra nous ramasser par paquets, pour nous deux c’est un fourgon, l’ambiance est bonne avec les flics, ils sont presque amusés, on est assis avec l’un d’eux à l’arrière, sans menottes (et sans ceintures de sécurité), les gyrophares sont allumés et le conducteur roule comme un fou du volant, c’est sans doute que c’est très très urgent de nous emmener à l’hôtel de police (gite d’étape). Il fait du contre sens, grille tous les feux, en fait même griller à certaines voitures sans quoi il ne pourrait pas passer en arrivant à fond dans leur coffre avec la sirène appuyée d’appels de phares, bref, le grand jeu. Je demande naïf à ses collègues (à qui tout semble normal) si c’est toujours lui qui conduit, on me répond qu’il aime bien alors que oui c’est presque toujours lui qui conduit, on me dit aussi qu’il a pas le permis et que c’est pour ça qu’il conduit mais après on me dit que c’est une blague (très drôle). Dans la radio, celui qui est à l’avant informe l’hôtel de police de la prise en charge des deux derniers "apprentis maçons" mais précise à ses collègues qu’il faudra mettre un autre terme dans le rapport, que ça c’est juste pour rigoler (qu’est ce qu’on se marre décidément), on arrive sans avoir causé d’accident (miracle ou simple habitude des fous du volant à képi ?).
Arrivés à l’hôtel de police on est tous placés dans une grande cellule en attendant de passer devant des OPJ (Officier de Police Judiciaire), l’ambiance est bonne même si certaines et certains n’avaient aucune envie de se retrouver ici, je veux dire au-delà du fait que personne n’avait envie d’être là certaines et certains ont peur, sont angoissé(e)s.
Quand je vois l’OPJ il fait semblant d’être surpris quand il me demande pourquoi je suis là et que je lui retourne la question, c’est un peu absurde en fait de me poser la question si on prend du recul, je suis pas venu tout seul, ils m’ont amené j’allais dire de force mais même pas, j’ai pas résisté. Bref, je lui réponds donc : "Je ne sais pas, dites-moi ? ", il est très désagréable et me dit "Très bien vous êtes en garde à vue", de toutes les façons c’était prévu, on est tous en garde à vue. Aux questions concernant la garde à vue, à savoir si je souhaite aviser quelqu’un de ma famille, voir un médecin et être assisté d’un avocat je réponds non pour la première (pas envie de lui donner nom et numéro de tèl de celles et ceux qui me sont chers) et oui aux deux autres. Toujours dire oui pour le médecin, il va voir si on est en bon état, faire un rapport, si ce n’est pas le cas on va pouvoir s’en servir pour porter plainte contre la police, si c’est le cas c’est la garantie de le rester... Oui également pour l’avocat (en l’occurrence une avocate pour moi) qui va dans les premières heures nous rappeler nos droits et nous dire comment ça va se passer (la police entretient le flou le plus possible pour mettre les gardés à vue dans une situation oppressante au maximum, ils et elles mentent ou "oublient") puis il ou elle sera là pour assister aux interrogatoires, et pour nous défendre en cas de déferrement.
Bon, garde à vue, c’est relou, c’est chiant, mais c’est le jeu je me dis, certains flics passent nous voir, nous glissent des "je ne vous dit pas Bravo, mais quand même c’est con que vous ne l’ayez pas fini ce mur", plus tard d’autres diront "Si on avait su on aurait tourné à droite, on venait pour un braquage du PS nous" et autre "vous avez raison mais on fait notre métier nous", et autres pouces en l’air, sourire complice, etc...
Dès leur intervention je remarque qu’ils ont tous des gants différents (en l’occurrence celui à qui j’ai le plus à faire il a des gants de jardin ! ), je le lui fais remarquer, mais étant tout à fait calme et non violent, voire sympathique, le dialogue se noue, ça ne fait pas partie de leur équipement me dit mon interlocuteur, d’ailleurs ils n’ont pas grand chose. J’apprendrai pendant ces 20h que vont durer mon passage entre les mains de la police qu’ils et elles ont une salle de 9m2 pour une équipe de 12 pour y entreposer leurs affaires personnelles, leurs ordinateurs de travail, leur matériel, autant dire le luxe. Un seul micro-onde pour que chacun réchauffe sa nourriture parce qu’il n’y a pas de service restauration (si j’ai bien compris pour tout le commissariat), que c’est à eux de nettoyer les véhicules en allant à l’aspirateur automatique (sur les heures de travail ? Mais ils ne payent pas de leur poche, il y a une cagnotte pour ça, quel luxe !). Et tout ça me questionne, non que j’ai envie que la police dispose de moyens supplémentaires pour réprimer, ficher, et exécuter les ordres qui émanent du système certes démocratique mais non moins illégitime à mes yeux. C’est plutôt que je me demande si ces conditions dégradées de travail, y compris chez la police ne participent pas du fait qu’ils et elles exécutent aveuglement les ordres qu’on leur donne de peur de perdre le peu qu’ils et elles ont. Et si c’était une entreprise comme les autres la police, et si ça permettait de bien en faire ce qu’on veut, de les faire travailler dans des mauvaises conditions ?
Parce qu’au fond ils sont d’accord avec nous, eux qui sont intervenus "et si c’est UMP (oui je sais il n’était pas très à jour) qui gagne aux prochaines élections vous irez là bas ?" me demande l’un d’eux en indiquant la direction du local LR le plus proche. "Oui" je réponds, "de toute façon c’est pareil, c’est la même merde, qu’on vote pour les uns ou pour les autres" "C’est pour ça que je ne vote pas" je réponds. J’en profites pour préciser, je ne vote pas...pour eux, c’est-à-dire rarement. "Pour eux on est de la police de merde" me dira-t-il finalement.
On est ensuite fouillé(e)s et placé(e)s en cellules individuelles, ma fouille est mise sous scellé, je redemande à ce moment à avoir un verre d’eau, "bien sûr je vous apporte ça" me dira un flic, "nous n’avons pas de gobelet" me dira un autre, le robinet de ma cellule est cassé "si si ça marche dans la cellule" un troisième, bref pas d’eau. Je n’en obtiendrai pas jusqu’à mon transfert vers le commissariat de Villeurbanne le lendemain matin.
Je vois donc un médecin, puis mon avocate commise d’office, on procède à ma signalétique, c’est à dire empreintes, photos et prélèvement ADN, je me plie aux premiers mais refuse le prélèvement ADN, je suis contre le fichage génétique des militants non violents, je trouve cette tentative grave en termes de libertés individuelles. Le policier en charge de la signalétique me répond "je ne vous dis pas ce que vous risquez en refusant, vous vous en foutez", ce genre de phrase culpabilisante et rabaissante sont chose commune dans les commissariats, si tu es là c’est que tu es con, que tu t’en fous et que tu l’as bien cherché. Non, je suis là précisément parce que je ne m’en fous pas du monde qui part en couille, parce que j’ai une conscience politique et que je l’assume et je ne crois pas être con. Après sur le fait que je l’ai bien cherché, que dire. Non, Oui, j’assume mes actes mais je m’estime victime du système répressif. Je suis légitime, pas aux yeux de la loi, mais aux miens. Donc oui je l’ai bien cherché, non je ne l’ai pas "bien cherché".
J’ai la chance de réussir à retourner la situation désagréable dans laquelle je suis en force créatrice et en rage joyeuse : je chante, je pense, je fais la sieste, je fais des étirements, du gainage (comme ça je vais pouvoir passer du 6A à la salle d’escalade), je discute (c’est pas facile, on s’entend pas bien) avec les cellules voisines. A 7h peut-être 8h (pas moyen de savoir) c’est le petit déjeuner, ah bah oui j’ai rien mangé depuis hier midi, j’ai un peu la dalle quoi, je savoure donc les deux maigres galettes au beurre (goût beurre devrais-je dire) et la briquette d’eau déguisée en jus d’orange, c’est pas lourd, mais avec un peu (beaucoup) de conditionnement mental c’est satisfaisant. Puis vient le transfert vers le commissariat de Villeurbanne, un camion aménagé de 4 cellules individuelles dans lesquelles on est emmenés menottés un par un, des grilles + plexiglas sont agrémentées d’un bout de carton pour qu’on ne voit pas au travers, ce qui ne nous empêche pas de faire un point, de discuter. Une fois arrivé(e)s (cette fois-ci le conducteur n’était pas pilote de rallye) on est emmenés menotté(e)s depuis le parking au sous-sol à "l’accueil" des cellules de garde à vue, on peut se voir, on a l’air bien crevé(e)s, on est laissé(e)s un peu là comme des cons, toujours les menottes dans le dos, on se dit bonjour en face, on se fait la bise, oui avec les menottes dans le dos, ça fait bien rire les policiers, mais ils se sentent un tout petit peu cons face à tant de camaraderie "Ah, ils se font la bise !" cour de récréation. L’un d’eux au bout de 5 minutes (c’est long avec les menottes trop serrées - elles le sont systématiquement) dit à ses collègues "mais il faut les dé-pincer" et le fait, on nous attribue ensuite des n° de cellules et de casiers dans lesquels sont mis nos fouilles sous scellé arrivées avec nous.
Une petite heure plus tard c’est l’heure de mon audition par l’OPJ en charge de l’enquête, mon avocate est là, elle n’a pas le droit de parler pendant la première partie, mais sa présence est rassurante. Il m’est donc demandé mon état civil, que je donne, puis ça glisse vers des informations personnelles que je refuse de communiquer comme j’en ai le droit. Ce qui n’empêche pas l’OPJ de me faire la morale (le coup classique de "Vous savez moi j’ai autre chose à faire de beaucoup plus important que vos petites conneries alors dîtes-moi tout !"), de mal me parler "Pourquoi vous ne voulez pas me donner votre n° de portable ?" moi : " Parce que je n’ai pas envie." Lui : "Bon très bien." Moi : "Je ne vous donnerai pas d’autres informations me concernant, je vous ai donné mon état civil." Lui : "très bien, mais moi vous voyez faut que je mette quelque chose, alors je mets célibataire (quel rapport avec l’enquête avec qui je fais l’amour ?), sans enfants à charge, je suppose que vous ne travaillez pas..." je me permets de l’arrêter "C’est très désagréable ces préjugés monsieur, un peu comme votre collègue qui nous a traités de pue-la-pisse tout à l’heure" gêné (quand même) sans doute à cause de la présence de mon avocate à qui il jette un coup d’œil avant de dire "ah bon, ah je vous invite à porter plainte contre lui, qui c’est ?", je lui réponds que je ne sais pas qui il est et j’en profite pour lui dire que je n’ai pas encore eu ma notification de garde à vue (c’est tout à fait illégal),"ah bon ? Sur votre notification il y a marqué "refus" pour la signature" je réponds "et bah non, je ne l’ai jamais vue ni lue", il me la tend, je la lis et de fait je ne l’aurais pas signée, je lui retourne, mon avocate demande si je souhaite qu’elle fasse un mémoire à ce sujet je lui réponds que non (une erreur d’ailleurs). Puis viens le grand jeu de "je n’ai rien à déclarer" à toutes ses questions, mais je suis d’humeur joyeuse alors j’en fait profiter tout le monde et quand il me présente les photos des faits en me demandant ce que j’en pense je lui réponds "Que ce sont de jolies photos, surtout celle-ci" c’est une des photos qui a été prise des drapeaux que nous avions avec nous "Non à l’aéroport, Notre Dame des Landes" avec un gros avion peint dessus, il note tout ça soigneusement dans le procès verbal. La seule autre chose que je dirai sera à propos du refus de signalétique ADN : "Ma participation à cette action de désobéissance civile ne justifie en rien un fichage ADN à mes yeux", je refuserai ensuite de signer ce PV qui stipule que je suis sans emploi, sans revenus et célibataire ce qui est tout à fait faux.
Après ça dure un peu, c’est long, vient le "repas" du midi, riz et poulet au curry (je suis assez satisfait de manger du poulet dans un commissariat, il m’en faut peu finalement), même sans mes lunettes (c’est pas très agréable à la longue, mais je m’estime heureux, la copine dans la cellule à côté à une bien plus grosse correction que moi et c’est la migraine ophtalmique depuis hier soir) je vois qu’il y a de l’amidon de maïs modifié là dedans, des OGM quoi, normal. Je le mange avec grand plaisir quand même, ça va faire 24h que j’ai eu pour seule pitance deux galettes riquiqui et une briquette arôme orange.
Et puis ça dure encore, ça sent l’arnaque, on se dit qu’on va être déférés, les copains copines en ont marre, ça fait pas plaisir, puis vient la sortie, c’est fini, on est libéré(e)s ! Bon, déjà c’est assez long entre les premiers et les derniers qui sortent, on est quand même 13 sur cette affaire. Quand vient mon tour, on me restitue ma fouille, ah ça alors elle n’est plus scellée !? "Non c’est juste pour le transport que c’est scellé" me répond un flic, mon cul oui (je dis pas ça bien sûr) et là il me présente une pile de papiers à signer, c’est super, tout un tas de trucs qui légalement auraient dû m’être présentés au fur et à mesure et AVANT de briser le scellé, bref, de la grosse blague, j’apprends que ma fouille a été "inspectée minutieusement" et que mon portable a fait l’objet, là j’ai plus le terme, mais bref, ils l’ont craqué pour récupérer ce qu’il y avait dedans. Je refuse de signer une grande partie des papiers, le pompon est quand même que je dois signer que j’ai récupéré ma fouille "sac fermé". Je me saisis du stylo et raye "fermé" pour marquer "ouvert" à la place, ça énerve les flics "Ça sert à rien monsieur de faire ça, vous signez c’est tout" moi : "non je vas pas signer que j’ai récupéré le sac fermé alors qu’il est ouvert, c’est absurde", et il y a des papiers bleus "convocation aux fins de composition pénale" que je signe, puis ils me font sortir.
Je retrouve les copains et copines, libres aussi, mais là c’est bizarre on est pas du tout convoqué(e)s à la même date (ça s’étale de juillet à octobre 2016) et pas aux mêmes endroits. Les flics qui ont fait la demande au proc ne sont pas les mêmes pour toutes et tous, des OPJ ou gardiens de la paix qu’on a même pas vus pour certains, bref, de la grosse blague, ça sent le coup fourré, juste pour pas qu’on puisse être ensemble. Ils ont éclaté l’affaire pour rendre individuelle une action collective. C’est pas très sport comme on dit, mais c’est pas grave on va refuser leur conciliation foireuse et on aura peut-être le droit à un procès en correctionnelle, on pourra s’expliquer collectivement sur cette action non violente, symbolique, de désobéissance civile contre l’aéroport et son monde.
Mais je crois qu’ils ont peur de nous...
Henri.

Source : https://rebellyon.info/Temoignage-de-ma-garde-a-vue-du-24-Mars-16022

Lyon 25 mars – le PS muré – journée nationale d’actions contre les 11 paysans menacés d’expulsion à NDDL







Le local du Parti Socialiste de Villeurbanne (Lyon) a été muré jeudi 24 mars au soir par un groupe de militant.e.s.
Ce geste symbolique a été effectuée en solidarité avec les habitant.e.s et paysan.e.s de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes déclaré.e.s expulsables suite au procès intenté en janvier dernier à leur encontre.
Cette action s’inscrit de le cadre de deux journées nationales de lutte décentralisée contre le projet d’aéroport inutile et imposé, afin de rappeler au gouvernement PS que la détermination du mouvement est ferme et partagée : Il n’y aura jamais d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ! http://zad.nadir.org/spip.php?article3665
Cette action symbolique et non-violente a conduit à l’interpellation de 13 personnes, qui ont été placées en garde à vue et ont permis de mobiliser un important dispositif policier.
Elles ont été relâchées vendredi 25 mars dans l’après-midi et toutes sont convoquées à des dates différentes devant un procureur pour « dégradations volontaires de bien privés, en réunion » (+5 personnes pour refus de prélèvement ADN).
Les parpaings ont été enlevés et le local du PS rouvert vendredi après-midi, sans qu’aucune dégradation ne soit cependant visible …