mercredi 11 juillet 2018

Rassemblement : Urgence pour Sentsov, Koltchenko et les autres prisonniers politiques ukrainiens de Poutine

Le 13 juillet 2018, deux jours avant la finale de la Coupe du monde de football, ce sera le 61ème jour de grève de la faim du réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, ce sera également son anniversaire : 42 bougies qu'il soufflera en tant que prisonnier politique de Vladimir Poutine. Il a, à ce jour, perdu plus de 15 kg. (voir ci après le texte de sa soeur qui a pu le voir pour la première fois en 4 ans).
Poutine détient dans son goulag d'autres prisonniers politiques, dont nombre ont été soumis à la torture. Parmi eux également Alexander Koltchenko, connu en Crimée pour ses engagements antifascistes, syndicaux, anarchistes, écologistes, et condamné par l’État russe lors du même procès que Sentsov. L’accusation de « terrorisme », qui a servi à couvrir ces ignobles décisions d’un tribunal qui exécute les ordres du pouvoir politique russe, n’a aucun fondement. Ils ont été torturés et condamnés parce qu'ils luttent contre l'oppression exercée par l’État russe, tant sur le territoire russe qu'en Crimée. 
Sentsov ne combat pas pour sa propre libération. Il a annoncé qu'il ferait grève de la faim tant que tous et toutes les prisonnier-e-s politiques ukrainien-ne-s détenu-e-s en Russie et en Crimée ne seraient pas libérés. Au delà c'est contre le tyran Poutine qu'il combat : "Nous sommes peut-être destinés à devenir des clous dans le cercueil du tyran. J'aimerais être un de ces clous. En tout cas, sachez que ce clou-là ne pliera pas." 

Pour la libération immédiate d'Oleg Sentsov, d'Alexandr Koltchenko et de tous les autres prisonniers politiques ukrainiens en Russie, et pour les libertés démocratiques dans tous les pays :


 ♦ nous invitons le 13 juillet 2018, à 19h, place Igor Stravinski (Paris, à coté de Beaubourg), tous les hommes et toutes les femmes qui considèrent que le combat de Sentsov est juste, qui demandent la libération immédiate de Koltchenko et Sentsov, et au-delà la libération rapide de tous et toutes les prisonnier-e-s ukrainien-n-es poursuivi-e-s pour des raisons politiques en Crimée et en Russie, et tous ceux qui comprennent que, pour la démocratie dans tous les pays, Vladimir Poutine est dangereux

♦ nous invitons les rédactions et journalistes commentant la coupe du monde à prendre leur responsabilité et à profiter du fort audimat pour faire connaître lors de cette dernière semaine de coupe du monde les cas de Koltchenko et de Sentsov, et d'exiger leur libération

 ♦ nous appelons les diplomates, leaders et officiels (français notamment) à cesser de cautionner les exactions de l’État russe et à refuser d'assister à la Coupe du monde. Ainsi Macron ne doit pas aller voir le match en Russie mardi 10 juillet et doit œuvrer pour une victoire : celle de sauver des vies, et notamment celle de Sentsov en exigeant sa libération immédiate

 ♦ nous appelons à amplifier la solidarité internationale afin de dénoncer l'enlèvement et la détention de Koltchenko et Sentsov, et exiger leur libération immédiate


Collectif Koltchenko : Ligue des Droits de l’Homme, Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme, Groupe de résistance aux répressions en Russie, Ukraine Action, Russie-Libertés, CEDETIM - Initiatives Pour un Autre Monde - Assemblée Européenne des Citoyens, Action antifasciste Paris-Banlieue, Collectif Antifasciste Paris Banlieue, Mémorial 98, Union syndicale Solidaires, CNT-f, CNT-SO, Emancipation, FSU, FSU 03, CGT Correcteurs, SUD éducation, SUD-PTT, Alternative Libertaire, Ensemble !, L’Insurgé, NPA, Fédération Anarchiste, Critique sociale. 

Lien pdf : ici 

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Des nouvelles d'Oleg Sentsov

Information d'après le média Hromadske, 5 juillet 2018 :

La soeur de Oleg Sentsov (Mme Kaplan) pour la première fois depuis 4 ans a été autorisée à le visiter et l'a fait.
"J'ai pu rencontrer Oleg Sentsov, nous avons pu parler durant deux heures. Il s'agissait d'une visite de courte durée. Actuellement Oleg pèse 75 kg.,  sa taille étant de 190 cm., durant la grève de la faim il a perdu 15 kg."
Mme Kaplan dit avoir parlé à Oleg des actions de soutien qui se déroulent dans le monde et de ce que le militant qirimtatar Emir Hussein Koukou l'a rejoint dans sa grève de la faim.
"Il est très reconnaissant de ce que l'on fasse tant d'actions autour de son nom, que les gens ne baissent pas les bras et continuent la lutte. Mais en même temps il est très déçu par le peu d'attention que l'on porte aux autres prisonniers politiques, et que si le seul résultat est sa libération à lui, son action aura été un échec total."
 
"Il demande notamment tant à Lyoudmyla Denissova, qu'aux médecins indépendants qui avaient tentés de venir le voir, les consuls, l’archevêque Clément, d'aller voir les autres prisonniers, de ne pas les oublier."
Aujourd'hui, selon Natalie Kaplan, l'état de santé de Oleg Sentsov est satisfaisant, "quoique les analyses ne soient pas très bonnes". Rien de critique pour l'heure.
"Hier, il allait très mal, aujourd'hui ça va mieux. Il est venu à la visite sans aide extérieur. Son état empire le soir. Il dit que ça va beaucoup mieux maintenant. Les plus difficiles ont été les trois premières semaines de la grève de la faim. Maintenant il reçoit des injections intraveineuses.  Sans quoi il ne serait plus en vie. Il n'a pas l'attention d'arrêter la grève de la faim. Il dit qu'il ira jusqu'au bout et qu'il croit en la victoire. Il est optimiste. Il pense que ce n'est pas en vain. Il croit en la victoire." 

Lettre de prison de l’anarchiste Lukas Borl de République Tchèque

Voici une lettre du compagnon anarchiste Lukáš Borl, inculpé pendant l’opération Fenix, qui a frappé des anarchistes de République Tchèque. Depuis, il est sorti de prison. Pour un aperçu global de ce qu’a été l’opération Fenix, lire le texte en dessous de la lettre du camarade.
 
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Dimanche septembre 4 septembre 2016, j’ai été arrêté par la police dans la ville de Most et incarcéré en préventive dans la prison de Litomerice.
Malheureusement, est arrivé ce que je ne voulais pas qui arrive ; cependant, je savais depuis longtemps que cela pouvait se produire à tout moment. Heureusement, je me suis préparé mentalement à une telle éventualité, ce qui me permet de gérer avec calme ce type de réalité désagréable, à laquelle je suis exposé en ce moment, tout comme le sont mes proches.
J’ai été capturé par ceux qui défendent la domination du Capital sur nos vies. Toutefois, cela ne change rien à ma volonté de continuer le long du chemin que j’ai choisi. Je continuerai à détruire et à créer. A lutter et à aimer. Je reste anarchiste, avec tout ce que cela signifie. J’ai décidé pour l’instant d’écrire quelques lignes à propos de ma détention. Dans peu de temps, je m’exprimerai certainement sur d’autres sujets que je considère importants.



Avant l’arrestation
Ce n’est un secret pour personne qu’à partir d’un certain moment j’ai choisi de « disparaître », car je craignais que la police prévoie de m’arrêter. J’ai exprimé mes raisons dans le texte « Disparition de la surveillance du pouvoir d’État » [à lire en anglais ici : https://lukasborl.noblogs.org/disappearing-the-state-control/ ], qui a été publié sur différents sites du mouvement anarchiste. Le choix que j’ai fait m’a permis de vivre caché et assez heureux pendant quelques mois. Je me suis déplacé librement et j’ai mangé de la bonne nourriture. Le monde entier est devenu ma maison et j’ai pu y trouver des havres d’existence sociale et culturelle.
Grâce au soutien émotif et matériel reçu, j’ai eu assez d’énergie pour continuer à me battre pour l’émancipation. J’avais connaissance des risques qui étaient associés à un tel choix, mais je n’ai jamais pensé arrêter et je ne le pense pas maintenant non plus. Se libérer de l’autorité de l’État et du capitalisme est un but tellement attrayant que ça m’est impossible d’en distraire mon attention. Même le fait que le pouvoir me menace de ses mains, ses bâtons ou ses prisons… Être anarchiste signifie pour moi voir chaque menace comme une conséquence inévitable de mon désir manifeste de liberté. Cela est lié à la vie quotidienne des rebelles. Un fait que je ne peux pas éviter, mais que je peux défier. Chose que je fais et que je continuerai à faire.
Les circonstances de mon arrestation
La police m’a arrêté à Most, la petite ville où je suis né et où j’ai longtemps vécu. J’ai une partie de ma famille et beaucoup d’ami-es. A Most, au côté d’autres personnes, on avait fait vivre le centre « Ateneo » et on avait organisé une longue série d’événements liés au mouvement anarchiste. Bref, dans cette ville, je suis assez connu, et par les gens et par la police et les bureaucrates.
Certains jugeront « stupide » ma décision de venir dans cette ville pendant que j’étais sous le coup d’un mandat d’arrêt européen. Même si les personnes qui me sont les plus proches le pensaient, je ne les blâmerais pas. Parce qu’elles observent cela à partir d’une position différente de la mienne. Du coup, je conçois que certaines personnes ne comprennent pas les pensées et les actes de quelqu’un qui est en clandestinité depuis longtemps. La vie d’une personne en cavale est marquée par la séparation avec les personnes qu’elle aime et avec lesquelles, auparavant, elle était en contact strict et fréquent. C’est une des choses les plus dures à affronter pour une personne qui se trouve dans une telle situation. Trouver de l’argent, de la nourriture, un abri ou la sécurité sont, par rapport à cela, des tâches relativement faciles. Il y a deux façons d’affronter une telle séparation. Soit l’accepter passivement, ce qui signifie aussi s’exposer à la douleur et à une frustration infinie. Ou bien essayer de surmonter la séparation par des contacts occasionnels, ce qui, bien entendu, augmente de beaucoup le risque d’être capturé par la police. J’ai « instinctivement » choisi la deuxième option. Je savais ce que j’étais en train de risquer et ce que je pouvais perdre. Mais je savais aussi que dans l’isolement je pouvais perdre quelque chose de très important pour moi – les contacts avec les personnes auxquelles je tiens et qui tiennent à moi. C’est pourquoi j’ai décidé de venir à Most, en ayant conscience des risques.
Tout aurait pu bien se passer et j’aurais pu très prochainement me déplacer en lieu plus sûr ; cela n’était pas difficile et j’avais tout préparé avec soin. Mais, comme tout le monde le sait, dans la vie arrivent parfois des événements inattendus, qui ne peuvent pas être prévus ni évités. Dans de tels cas, la préparation, la volonté ou l’habilité n’aident pas. On est entraîné par les événements, sans être capable de les prévoir ou de les changer. C’est exactement ce qui m’est arrivé. Du coup, non seulement je n’ai pas pu voir mes proches, mais j’ai également été arrêté. Je n’expliquerai pas maintenant pourquoi et comment cela est arrivé. Je le ferai peut-être à l’avenir.
Déclarations de la police
Peu après mon arrestation, on m’a présenté un document qui officialisait ma mise en cause dans une affaire criminelle. J’ai décidé d’exercer mon droit au silence pendant toute cette procédure L’enquête est menée par la section de police pour la lutte contre le crime organisé (ÚOOZ). Ils m’accusent d’avoir fondé, supporté et promu un mouvement visant à la suppression des droits humains et des libertés. Selon l’ ÚOOZ, j’ai fondé le Réseau des cellules révolutionnaires (SRB), participé à certaines des actions du SRB et j’aurais écrit certains de ses communiqués, ainsi que publié ces derniers sur le site web « Asociace Alerta ». De plus, ils déclarent que j’ai perpétré une violation de la propriété et la dégradation de la propriété d’autrui, cela à quatre reprises. Deux fois lors d’incendies de voitures de police. Une fois lors de l’incendie de la porte d’un magasin. Et une par un tag sur la prison Ruzyne de Prague. Enfin, l’ÚOOZ m’accuse aussi de la campagne de boycott du propriétaire du restaurant de steaks « Rizkarna ».
J’ai étudié attentivement toutes ces accusations, pour trouver sur quelles bases l’ÚOOZ croit que j’ai mené ces actions. Honnêtement, cela m’a tranquillisé, parce que ces « preuves » sont un mélange de spéculations et d’évaluations de « pistes » qui, en réalité, ne prouvent pas ma participation à ces actions.
Défense
Cela est bien connu, je n’ai pas de sympathie pour le système judiciaire. Je le considère comme une partie des instruments répressifs du capitalisme, dont je suis un ennemi. J’ai néanmoins décidé d’essayer de me défendre au tribunal, au vu de la faiblesse des « preuves » que le ÚOOZ présente contre moi. Je me rends compte que ce choix signifie se battre sur le terrain de l’ennemi avec des armes limitées. Cela est la raison pour laquelle je n’ai pas des attentes exagérés ou des illusions sur le fait que le tribunal soit une institution indépendante qui puisse servir aux luttes d’émancipation.
Je me défendrai au tribunal, mais je reste toujours sur l’idée que la lutte anarchiste doit se baser en premier lieu sur la logique subversive de l’action directe plutôt que faire confiance à des instruments institutionnels de l’État et à des formes d’action indirectes (avec des représentant-es médiateurs-trices). Au vu de ce que j’ai dit et fait depuis des années, le type de lutte que je préfère est clair. Je continuerai à agir en accord avec cela et je veux que ce soit la même de la part des personnes qui se solidarisent avec moi.
Encore armé et dangereux
Pendant ma période de cavale, la police et les médias me définissaient comme « dangereux et armé ». J’ai confirmé cela dans un texte (Lukas Borl in viewfinder of the police). Au moment de mon interpellation, la police m’a pris ma gazeuse de défense, mon poing américain, un pistolet à gaz avec deux chargeurs et 23 recharges (ces armes peuvent être achetées légalement en République Tchèque, sans un permis de port d’arme). Maintenant ils me gardent en taule. Je maintiens que je suis encore armé et dangereux. Dangereux (pour la capitalisme) parce que, même derrière ces barreaux, je refuse de m’adapter aux conditions d’exploitation et j’encourage d’autres à se rebeller contre celles-ci. Je suis encore armé, grâce à ma volonté d’être solidaire. Jusqu’à présent, ils ne sont pas parvenus à me l’enlever et l’ont considéré comme quelque chose d’important pour les poursuites criminelles. La solidarité et l’esprit de révolte sont des armes que j’ai encore en moi et que je suis prêt à utiliser. Je l’ai déjà fait, je le fais et je continuerai à le faire.
Terrain de lutte
En tant qu’anarchiste, j’ai toujours été conscient de la possibilité d’être arrêté. Après tout, chaque régime supprime ses opposants de cette manière. Maintenant, je suis en détention préventive mais je ne considère pas cela comme la fin de mon parcours anarchiste. La prison est simplement une des nombreuses étapes qu’un révolutionnaire peut (mais ne doit pas nécessairement) traverser. Ce n’est pas la fin. Juste un changement de circonstances et du terrain où je lutterai à présent contre les oppresseurs. Ça me fait plaisir de pouvoir continuer à combattre au côté d’autres anarchistes. Avec ceux qui comprennent que la lutte collective est la seule issue pour sortir du marécage capitaliste.
Actions de solidarité
Tou.te.s ceux/celles qui sentent le besoin de me soutenir peuvent choisir leur façon et temporalité, selon leurs propres considérations. Je ne dirai à personne quoi faire, ni comment. Mais clairement je ne veux voir personne, sans mon consentement, renier des actions directes faites en solidarité à mon encontre. Si je ne suis pas d’accord avec une action, je le dirai moi-même, si je le considère important.
Un conseil pour ceux/celles qui ont des doutes sur quel type d’action serait la bienvenue : prenez des informations sur mon passé, pour comprendre quelle sont mes positions idéologiques. Si cela vous fait sens. De cette manière vous pourrez mettre de côté tout doute sur quel type d’action serait la bienvenue pour moi et quel type ne le serait pas. Pas de temps à perdre.
Aucune paix sociale avec ceux/celles qui nous oppriment et nous exploitent. La lutte continue !
Salutations anarchistes depuis la taule.
Votre frère, ami, compagnon Lukáš Borl
11.9.2016, Litoměřice 
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Répression dans la soi-disante République Tchèque

Anti Fenix (traduction reçue par mail) / avril 2018



Sur un mur de la prison de Prague. « La répression n’arrêtera pas le désir de liberté ! »

Les répressions et la surveillance policière dirigées contre les mouvements anti-autoritaires et subversifs ont toujours été présents. Ces dernières années, nous avons pu en faire l’expérience à une échelle jusqu’alors inconnue dans le contexte et l’histoire de la République Tchèque, avec coup monté, des accusations de terrorisme, large diabolisation médiatique, tentatives de diviser le mouvement, propagation de la paranoïa, emprisonnement et de longues et exténuantes audiences pénales. « L’Opération Fenix », le nom donné par la police à l’opération de provocation policière qui a eu lieu, a un rapport avec d’autres mesures répressives dans des contextes d’Europe et d’Amérique du Nord. Particulièrement parce que le status quo utilise la tactique de diviser pour mieux régner, au cœur même de ses sens et objectifs. Nous espérons que cette chronologie vous aidera à mieux comprendre notre expérience et à savoir à quoi vous attendre à l’endroit où vous vivez et où vous vous organisez.
28 avril 2015 : Les mesures répressives majeures ont débuté. Tôt le matin, la police perquisitionne plusieurs maisons, ainsi que le centre social Ateneo dans la ville de Most. Ils confisquent plusieurs outils informatiques, notamment un serveur qui hébergeait des pages web radicales et du matériel imprimé. Ils arrêtent 11 personnes et de nombreuses autres sont convoquées pour un interrogatoire. Les personnes furent obligées de donner leur ADN et leurs empruntes digitales, contre leur volonté. Trois anarchistes, Petr, Martin et Aleš sont placés en détention provisoire. La police garde le silence total sur les informations concernant l’affaire.
Mai 2015 : Petr, Martin, Aleš et Sasa (Sasa n’était pas placé en détention provisoire) sont accusés de conspiration en vue de la préparation d’une attaque terroriste sur un train transportant de l’équipement militaire. Deux autres anarchistes sont accusés d’être des co-conspirateurs, étant au courant du projet d’attaque, mais ne l’ayant dénoncé à la police. Malgré le silence sur l’affaire, les médias publient l’information fuitée selon laquelle l’objectif officiel de l’opération Fenix est de révéler et de se débarrasser du Réseau de Cellules Révolutionnaires, un groupe qui a incendié de nombreux véhicules de police, barrières de péage, ainsi que les véhicules d’un patron et propriétaire de restaurant qui ne payait pas les salaires.
Le collectif AntiFenix est fondé en tant que groupe de radicales-aux qui sentent qu’on ne peut pas rester calmes face à une telle répression. AntiFenix coopère de près avec l’Anarchist Black Cross, avec une attention particulière sur les événements autour de la répression immédiate de retour à la maison.
6 mai 2015 : Après trois ans d’existence, le squat Cibulka est expulsé. L’expulsion est une énorme et coûteuse opération policière, avec plus de 120 flics anti-émeute lourdement équipés.
L’information sur le coup monté est diffusée.
6 juin 2015 : Les médias sont remplies d’informations selon lesquelles une maison du ministre de la défense de République Tchèque a été attaquée avec plusieurs cocktails molotov. Il n’y a pas eu de feu, les pompiers n’ont pas été appelés et la femme du ministre a trouvé les bouteilles plus de 24 heures après « l’attaque » et a ensuite appelé la police. Les anarchistes se demandent si cette attaque visible et suspecte aura des conséquences et se tournera contre nous.
Juin 2015 : L’information sur le coup monté est diffusée. Le groupe accusé de conspiration était infiltré depuis 2014 déjà par deux agents provocateurs qui ont gagné leur confiance. Les agents enregistraient les réunions avec pour but de développer un plan afin de commettre des actions plus combatives, pour pouvoir commencer l’opération répressive contre le mouvement. En dépit de l’affirmation de la police, selon laquelle toute l’opération a détruit le Réseau de Cellules Révolutionnaires (un groupe insurrectionnel), les sabotages et incendies contre la police et les capitalistes continuent, et leur nombre augmente.
26 juin 2015 : Un autre anarchiste, le compagnon Igor S. est arrêté et reste en détention provisoire, accusé de l’attaque incendiaire contre la maison du ministre de la défense de République Tchèque. Aucune preuve n’est fournie, et cependant les conditions les plus strictes lui sont imposées.
9 août 2015 : Aleš, un des quatre anarchistes emprisonnés, sort de prison alors qu’il était en préventive. La police abandonne l’accusation d’attaque terroriste et l’accuse de port illégal d’armes [NdT : 310 000 personnes possèdent un permis de port d’arme en République Tchèque], accusation basée sur la perquisition de son domicile. Après plusieurs mois, Aleš est déclaré coupable et écope d’un contrôle judiciaire pour ce délit. Aleš ne fait pas appel de la décision de la Cour.
Fin d’été 2015 : Un autre anarchiste, Lukáš Borl, prend la décision de passer en clandestinité, à cause de la surveillance et du harcèlement policier envers lui et celles et ceux qu’il aime.
25 septembre 2015 : Igor est libéré sous caution de sa détention provisoire. Petr et Martin restent en prison.
Novembre 2015 : Petr est libéré de prison grâce aux manquements dans la procédure et au bon travail de son avocat.
Hiver 2015 : La police publie sur internet un profil de Lukáš Borl, comme étant « Recherché » et affirme qu’il est dangereux et armé. Nous considérons ce moment comme étant le début de Fenix 2.
5 avril 2016 : La police débarque dans l’appartement de nos compagnon-nes à Prague. La raison officielle est la recherche de Lukáš Borl. Le jour suivant, le 6 avril, les flics pénètrent dans un autre appartement à Brno, donnant la même raison pour réaliser la perquise.
26-27 avril 2016 : Les premières audiences au tribunal depuis le début de Fenix débutent. Pendant ce grand moment de théâtre judiciaire, l’affaire concernant Igor S. est close à cause du manque de preuves, ce qui est intéressant à la lumière de la décision de la Cour de première instance du sixième district de Prague, de changer la classification de l’acte et de l’accusation de terrorisme. Néanmoins, comme punition pour un graffiti solidaire sur un mur de prison, Igor écope de 2 années de déportation hors de République Tchèque – après que le proc’ a demandé une déportation et de 4 à 8 mois de prison. Igor fait immédiatement appel.
9 juin 2016 : Martin commence une grève de la faim pour protester contre sa détention, contre l’opération Fenix et les mauvaises conditions en prison, telles que l’isolement des activités sociales et sportives, et contre le non-respect de son régime vegan de la part de la cantine de la prison. Martin arrête la grève après 10 jours, en raiosn de la mauvaise santé de sa mère.
20 juillet 2016 : La Haute Cour change la punition de Igor. Il est toujours reconnu coupable d’avoir enregistré quelqu’un qui taguait les murs de la prison. Au lieu de la déportation, il est banni de tous les événements anarchistes publiques pour une durée de 3 ans. Utilisant cette punition comme un outil de contrôle, la police coopère avec le service de liberté surveillée et bannit Igor de tous les événements ou actions qu’elle considère comme anarchiste – des Food not bombs aux manifs, à n’importe quel événement publique annoncé dans un espace gauchiste ou anarchiste, aux concerts ou aux discussions ; pour faire sa liste mensuelle des événements dont il est interdit, la police utilise la page internet radar.squat.net.
Août 2016 : Début des seconde et troisième audiences des anarchistes accusés dans l’opération Fenix.
3 août 2016 : La police débarque à nouveau dans le même appartement à Brno, comme lors du 6 avril 2016, à la recherche de Lukáš Borl. Pareil que pour la fois précédente, ils n’avaient aucune autorisation officielle.
4 septembre 2016 : Lukáš Borl est arrêté à Most, ville où il réside après une année en clandestinité, et placé en détention préventive avec l’accusation de fonder, soutenir et faire la promotion d’un mouvement ayant pour objectif la suppression des droits et de la liberté humaines, de chantage, ainsi que d’attaques incendiaires.
27 septembre 2016 : Après 17 mois de détention préventive, Martin L. est relâché sur décision de la cour Constitutionnelle concernant l’illégalité de n’importe quel prolongement de son incarcération.
Automne, hiver 2016 : Auditions de l’affaire Fenix. De 1 à 5 anarchistes sont accusé-es d’une attaque terroriste contre le train.
13 avril 2017 : Lukáš Borl est libéré sous caution de détention préventive après 7 mois d’emprisonnement.
24 avril 2017 : Petr Blahuš, membre de la Cour, en est exclu pour non-objectivité. Il s’est avéré qu’il a travaillé pendant 13 ans avec la même unité de police, celle qui a en fait créé l’opération Fenix.
10 mai 2017 : Igor est totalement innocenté. Selon la Cour Suprême et la sixième administration de la ville de Prague, il n’a pas commis ne serait-ce que le moindre délit. Le Ministre de l'(in)justice s’excuse des actions illégales de la police et paye une compensation d’envergure d’environ 14,000 euros.
Juin 2017 : La police débarque avec de nouvelles accusations dans l’affaire Fenix 2, accusant 4 personnes supplémentaires, toutes et tous accusé-es de 16 crimes au total. La police fait un lien entre ces quatre personnes et Lukaš et les accuse « d’établir, de supporter et de diffuser un mouvement visant à la suppression des droits humains et de la liberté » pour avoir mis des communiqués en ligne ou pour avoir certaines brochures chez elles et eux.
22 septembre 2017 : Le tribunal de Prague innocente de toutes les accusations les anarchistes accusés par Fenix 1 (l’attaque contre le train). L’avocat d’État fait immédiatement appel. Toute l’affaire ira en Cour Suprême. Il y a toujours une possibilité de peine de prison, dont de la prison à vie pour deux personnes. Les médias ont changé de discours et sont généralement neutres quant aux accusés, ils écrivent sur les provocations policières.
27 mars 2018 : La Cour Suprême de Prague confirme l’acquittement de toutes et tous les accusé-es. Le plus probable, c’est que c’est la fin de la première partie de l’opération Fenix, mais pas de la répression en tant que telle. On reste attentif-ve-s..

FENIX EST-ELLE TERMINÉE ? QUE VA-T-IL ARRIVER ENSUITE ?
Igor est totalement innocenté, les anarchistes accusés par Fenix 1 ont totalement gagné le premier cas, vont-illes donc arrêter de nous appeler terroristes ? Eh bien, l’un de nos efforts est de faire une compréhension commune, que la manière dont nous labelle les institutions répressives ne pose pas vraiment de problème. Ce n’est pas vraiment notre tâche de nous battre contre les grands médias et de prouver que nous ne sommes pas des terroristes ou des extrémistes. On peut plutôt penser à comment se connecter avec des personnes autour de nous et continuer d’expliquer pourquoi un objectif de créer de vraies communautés basées sur l’entraide et la solidarité a toujours été et sera toujours en conflit avec l’État et ses institutions répressives.
Pour beaucoup d’entre nous, le verdict de la Cour est un soulagement. On peut respirer pour un moment, se voir pour dîner et voir nos ami-es dans un état d’esprit plus relaxé, hors des murs de la prison. Ces moments sont importants dans la vie et c’est chouette que l’on puisse en profiter. La Prison est une institution inutile, elle divise les relations, isole les gens et détruit des vies. C’est pourquoi le verdict, peut importe à quel point il soit plus plaisant que « coupable », n’est pas une victoire totale pour nous. Nous n’oublions pas ce que trois années d’investigations ont signifié. Aleš, Martin et Petr ont été emprisonnés pour 27 mois au total et Lukaš a passé un an en clandestinité et après ça 7 mois en prison. N’oublions pas Igor, aujourd’hui innocenté, qui fut cependant dans la plus dure des détentions provisoires pendant trois mois. Il doit toujours faire face à de difficiles restrictions et a du se signaler aux services de liberté surveillé pendant un an et demi. Par dessus le marché, il risque toujours une expulsion de République Tchèque à cause de son séjour en détention provisoire. Les familles, les ami-es et les personnes les plus proches des accusé-es et des emprisonnés tout autant que toutes celles et ceux directement affecté-e-s par l’affaire « Fenix » font face à un gros deal de pression émotionnelle et de séparation. Les perquisitions, les comportements menaçants, la surveillance, les expulsions. Pour résumer, il n’y a rien à fêter. Dans des affaires comme Fenix, il est nécessaire de comprendre ce dont il s’agit réellement. La police ne cherche pas essentiellement de longues peines de prison pour quelques anarchistes. Les unités de répression n’ont pas peur de nous tous-tes seuls-es. Ce qui les effraie c’est que de plus en plus de personnes peuvent en venir à s’identifier à nos idées, plus spécifiquement s’ils utilisent une plus large variété de tactiques. Les défenseurs du statu quo investissent beaucoup d’énergie et de ressources pour garder les gens dans la croyance que c’est la liberté dont ils et elles rêvent.
Nous avons appris une chose. Si nous voulons que nos actions et que notre façon de s’organiser soient vraiment efficaces et dangereuses pour les structures d’oppression qui nous gardent sous contrôle, cela doit venir de discussions collectives et de négociations (sic?) qui vont au delà des contours dans lesquels l’État s’assoit pour nous. Nous avons appris qu’il n’y a pas d’intérêt à se cacher face à la répression, il vaut mieux être prêt-e à lui faire face et créer les conditions qui rendront de telles opérations inefficaces.
Fenix n’est pas une opération visant quelques anarchistes naïf-ves, mais une attaque contre la subversion future dans sa totalité. Prenons soin des un-es les autres, pour être dangereux-euses ensemble.

LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME
Dans cette chronologie nous nous sommes concentré-es sur des événements menés par l’État et ses institutions pour éclairer ce qu’on a traversé. Ça ne veut pas dire que nous devrions nous concentrer et agir en fonction de l’oppresseur. Une des plus grande tâches pour nous en tant qu’abolitionnistes est d’analyser les motifs de la répression partout dans le monde et de transformer notre organisation en une qui soit proactive plutôt que coincée dans la réaction constante. Nous n’avons pas mis les différentes événements et actions solidaires dans cette chronologie parce que les informations sur la répression se seraient presque dissoutes dans toutes les petites actions locales qui ont lieu partout dans le monde. Cependant, nous voulons toujours rester critiques. Au début, quand les choses ont mal tourné, il y eut une grande confusion, un manque de solidarité et une assez grande division au sein de la scène anti-autoritaire. Ce que nous avons trouvé de plus important, c’était d’assurer la solidarité avec les accusé-es et celles et ceux qui les entourent, et principalement de briser la peur et la paranoïa qui s’est rapidement diffusée au sein de la scène de gauche. Nous sentons surtout la nécessité de nous étendre comme un pont au dessus des espaces entre les différents groupes et les différentes approches, pour en venir à une compréhension qu’il nous faut rester uni-es au delà de nos différences quand il s’agit de répression. Nous pensons que créer une défense forte contre la répression ainsi qu’une base solide de solidarité passe par la compréhension de la répression et de ses objectifs, ainsi qu’en s’éduquant les un-es les autres au niveau local et international avec une attention portée sur l’amélioration de la culture de la sécurité.
En tant qu’Anarchist Black Cross/AntiFenix nous avons tenu plusieurs présentations et discussions sur différents sujets, publié plusieurs affiches, brochures et autocollants. Nous maintenons un contact avec les compagnon-nes persécuté-es et leur familles et les soutenons émotionnellement et matériellement par les collectes, des nuits d’écritures de lettre, du bruit ou d’autres manifestations etc…
Dès le début de Fenix, nous avons pu voir de nombreuses actions se tenir partot dans le monde. Des banderoles, des tags, des manifs, des actions aux ambassades tchèques jusqu’aux incendies de voitures de flics, aux banques enflammées ou la libération de visons et d’autres sabotages de fermes à fourrure. Les tactiques sont autant diverses que nous le sommes, et de nombreuses différentes actions et activités peuvent être connectées avec la solidarité et il est important d’agir en solidarité avec différentes luttes et parmi les un-es les autres.
[Traduit d’une affiche publiée en plusieurs langues, avril 2018.]

Les prisonniers ukrainiens en Russie attendent que le monde leur vienne en aide

Entretien réalisé le 20 juin 2018 à Kiev par Piotr Andrusieczko, correspondant en Ukraine du quotidien polonais Gazeta Wyborcza.

 
- Je demande de l'aide pour libérer tous les prisonniers politiques détenus en Russie ; par des efforts communs nous pourrions y arriver  - dit la mère de l'Ukrainien Oleksandr Koltchenko, qui a mené une grève de la faim en solidarité avec son compatriote, le réalisateur Oleh Sentsov, en danger de mort après plus de cinq semaines de grève de la faim.


Oleksandr Koltchenko, 28 ans, se trouve depuis quatre ans dans une prison russe. Le 16 mai 2014, ce jeune activiste aux idées anarchistes et antifascistes a été arrêté par le Service fédéral de sécurité (FSB, successeur du KGB), ensemble avec le réalisateur Oleh Sentsov, à Simferopol, capitale de la Crimée annexée. Ils ont été accusés de préparer des attentats terroristes, d'avoir incendié les bureaux du parti Russie Unie de Poutine et d'appartenir à l'organisation ukrainienne Pravyï Sektor (Secteur droit) interdite en Russie. Ils n'ont pas reconnu les faits dont on les accusait.
En août 2015, le tribunal russe à Rostov s/Don a condamné Sentsov à 20 ans et Koltchenko à 10 ans de goulag. Les défenseurs des droits de l'homme les considèrent comme des prisonniers politiques. Koltchenko purge sa peine dans une colonie pénitentiaire à Kopeïsk (oblast de Tchéliabinsk) en Oural. Le 31 mai, il a entamé une grève de la faim en solidarité avec Sentsov, en grève de la faim depuis le 14 mai. Mais vu son état de santé, il l'a suspendue le 7 juin. Sa mère, Larissa Koltchenko, vendeuse dans un magasin à la gare de Simferopol (veuve, elle y habite et travaille toujours), s'est rendue à Kiev le 8 juin pour rencontrer le président Petro Porochenko. Elle espère toujours qu'il sera possible de libérer son fils.

Entretien avec Larissa Koltchenko, mère d'Oleksandr, emprisonné en Russie


Piotr Andrusieczko : Vous avez rencontré le président Petro Porochenko…

Larissa Koltchenko : Cette rencontre s'est tenue à l'initiative des personnes dont les proches sont emprisonnés en Russie. Certaines attendaient ce moment depuis quatre ans. C'est bien qu'un comité soit enfin créé auprès du président pour s'occuper des prisonniers politiques, auquel participeront également les représentants des familles. A mon avis, c'est la grève de la faim d'Oleh Sentsov qui a accéléré la décision de mettre en place ce comité.

Votre fils a également fait la grève de la faim, en solidarité avec lui…

Je l'ai appris par les médias. Ce fut un choc. Ensuite, les défenseurs des droits de l'homme à Tchéliabinsk, qui s'occupent de mon fils, m'ont transmis des informations détaillées.
Sacha se préparait à cette grève de la faim pendant deux semaines. Cela me tourmentait énormément, parce qu'il lui arrivait déjà d'être transféré à l'hôpital pénitentiaire avec un diagnostic d'insuffisance de poids.
J'ai reçu un coup de fil de la Commission sociale d'observation [en Russie, cette commission contrôle le respect des droits de l'homme dans les lieux de détention ; ses représentants collaborent probablement avec la police et la justice], et ils ont exigé que je persuade mon fils d'interrompre la grève de la faim. Je leur ai dit que Sacha prenait ses décisions de manière autonome, et que je ne pouvais que l'épauler. De même, la déléguée russe aux droits de l'homme, qui est venue le voir en prison, l'incitait à interrompre la grève. Elle a accusé les avocats de Sacha de l'avoir poussé à cesser de s'alimenter.
Finalement, Sacha a suspendu la grève vu son état de santé. L'avocat qui l'a rencontré disait qu'il avait maigri d'environ 10 kg, qu'il perdait connaissance et qu'on lui donnait du glucose.

Quand l'avez-vous vu la dernière fois ?

Je suis allée le voir pendant trois jours en octobre. C'est la durée autorisée par la loi pour pouvoir rester avec mon fils. Comme toujours, j'ai essayé de lui apporter quelque chose de bon pour manger. Sacha vit dans une baraque avec 90 autres prisonniers. Pour les familles qui viennent voir les prisonniers il y a dix chambres, avec cuisine et salle de bains communes.
Mon fils m'inonde toujours de questions concernant la maison, les amis, la famille. Il s'intéresse à tout, à la situation en Crimée, en Ukraine et dans le monde. Il ressent un manque d'informations. Il ne sait pas ce qui se passe, bien qu'il lise beaucoup (on lui a permis de s'abonner à la "Novaïa Gazeta" russe). Il a essayé aussi de poursuivre ses études, mais ça n'a pas marché. Mais il apprend l'anglais et fait de la musculation.

Quel est son état d'esprit ?

Sacha c'est quelqu'un de nature optimiste, et il a l'espoir que l'Ukraine ne le laissera pas tomber. Il croit que quelque chose devra changer. C'est impossible qu'il soit obligé de purger simplement toute la peine.

Comment est-il traité par les autres prisonniers et par l'administration de la prison ?

Il sait toujours trouver un langage commun avec tout le monde. C'est quelqu'un de très positif, de non conflictuel. C'est pourquoi il n'a pas de problèmes avec les autres codétenus. Mais l'administration de la prison, c'est autre chose ; là il y a des conflits. On le punit pour la moindre entorse au règlement. Cette année, il a été placé à trois reprises au mitard, deux dimanches de suite à chaque fois. La première fois, parce qu'il ne répondait pas aux gardiens de manière conforme au règlement. La deuxième fois, parce qu'il a lavé ses vêtements carcéraux, mais n'a pas eu le temps de recoudre l'insigne de la prison. Et la troisième fois, avant les élections présidentielles en Russie, lorsqu'il a été déclaré "élément ennemi".

Vous habitez et travaillez en Crimée. Sur quels soutiens pouvez-vous compter ?

Je n'ai pas été victime de persécutions, comme cela fut le cas pour d'autres. Mais en même temps aucun journaliste local n'a essayé de parler avec moi. Seuls les amis de Sacha me soutiennent. Nous nous voyons régulièrement ; ils viennent me rendre visite. Mais de nombreux cousins lointains ont cessé de parler avec moi. A mon travail, les gens ne font que me tolérer, simplement, mais ils ne partagent pas mes opinions ni celles de Sacha.

Comptez-vous sur l'aide de la communauté internationale ?

Je voudrais demander que le monde aide à libérer tous les prisonniers politiques, si nombreux à être détenus en Russie. Par des efforts communs nous pourrions y arriver.
Le plus dur pour moi, c'est que mon fils est en train de passer sa jeunesse en prison. Mais j'espère que son sort pourra changer.


Traduit du polonais par Stefan Bekier
Source en polonais : http://wyborcza.pl/7,75399,23564368,ukrainscy-wiezniowie-przetrzymywani-w-rosji-czekaja-na-pomoc.html
Source en français :  https://blogs.mediapart.fr/stefan-bekier/blog/230618/les-prisonniers-ukrainiens-en-russie-attendent-que-le-monde-leur-vienne-en-aide


Note du traducteur :
Sentsov et Koltchenko sont emprisonnés dans des colonies pénitentiaires dites à régime sévère. Oleh Sentsov – à Labytnangui en Iamalie (district de Iamalo-Nénétsie) en Sibérie de l’Ouest, au nord du cercle polaire, pas loin (130 km...) des tristement célèbres camps staliniens de Vorkouta. Oleksandr Koltchenko - dans la colonie pénitentiaire n° 6 à Kopeïsk, une ville minière dans le district de Tchéliabinsk, près de la frontière avec le Kazakhstan. D’importantes mutineries y ont éclaté en 2012 et depuis, contre un système carcéral basé sur la torture. On peut lire par exemple Libération http://www.liberation.fr/planete/2008/06/11/les-prisonniers-brises-de-kopeisk_73853 , ou RFI http://www.rfi.fr/contenu/20100518-russie-on-torture-prisons-etat, ou encore les infos de l’ONG European Prison Litigation Network http://www.prisonlitigation.org/?p=1262.

Source : http://collectifkoltchenko.blogspot.com/2018/06/les-prisonniers-ukrainiens-en-russie.html

Russie : Coupe du monde et Affaire "Réseau"

Informations publiées sur le site Meduza
Les 14-15 juin, la détention de plusieurs jeunes arrêtés dans le cadre de l’affaire du « Réseau », ou « affaire de Penza », a été prolongée. 9 jeunes de gauche, originaires de Penza et Saint-Petersbourg, sont accusés d’avoir créé une « organisation terroriste » vouée à commettre des attentats pendant la Coupe du Monde pour déstabiliser le pays. Le dossier repose sur les aveux des accusés, mais beaucoup d’entre eux ont dit avoir fait ces aveux sous la torture du FSB.

Qui sont les personnes arrêtées, qu’est-ce qui les unit, pourquoi leur passion pour le strikeball fait-elle partie du dossier ?

Neuf hommes (âgés de 21 à 29 ans) ont été arrêtés entre octobre 2017 et janvier 2018 à Penza et SPB. Au moins deux mecs de Penza, M. Ivankine et P. Koulkov, ont fui la Russie et font l’objet d’un mandat d’arrêt. Ils ne se connaissaient pas tous, mais étaient tous des activistes de gauche (certains mais pas tous se disent anars ou antifa). Tous, sauf un, étaient joueurs de strikeball (un jeu de tactique militaire où on se canarde avec des balles en plastique). Leurs entrainements sont considérés par l’instruction comme un apprentissage illégal des techniques de survie en forêt et des premiers soins médicaux ». Apparemment c’est le mix idées de gauche / strikeball qui a motivé les arrestations. D’autres activistes de Penza, qui ne jouaient pas au strikeball, ont été convoqués comme simples témoins.


De quoi sont-ils accusés ?

Selon le FSB, ils voulaient déstabiliser le pays et provoquer une révolte armée en commettant des attentats pendant les élections présidentielles et la CDM de foot. Le dossier est vide, aucune preuve. D’ailleurs ils ne sont pas accusés d’avoir fomenté des attentats mais d’avoir participé à une « organisation terroriste », dont le but était d’instaurer un "système anarchique". Le FSB estime que l’orga terro avait des groupes dans diverses villes, il a les noms de ces cellules. Mais d’après les accusés c’étaient juste les noms de leurs équipes de strikeball.


De quelles preuves dispose le FSB ?

L’enquête est toujours en cours, l’ensemble des preuves ne sera présenté qu’au procès. Apparemment les seules preuves sont les aveux des accusés. Ca se fonde sur des aveux spontanés de Zorine, le plus jeune des accusés. Il avait été arrêté au printemps 2017 pour une affaire de drogue, mais relâché ; les amis des arrêtés pensent qu’il a commencé à collaborer avec le FSB.

Autres éléments du dossier : des échanges de mails entre accusés, des vidéos qu’ils ont eux-mêmes tournées de leurs entrainements de strikeball, des écoutes de leurs conversations.

Chez trois d’entre eux, d’après le FSB, des armes auraient été découvertes au moment de leur arrestation, chez un autre, un seau contenant des éléments potentiellement explosifs. Les trois premiers disent que ce sont les gens du FSB qui ont caché les armes chez eux ; le quatrième (celui des explosifs) avoue tout, ce qui lui vaut de meilleures conditions de détention (il a le droit à parler à sa mère, et de recevoir des colis avec des médocs, nécessaire car il a une maladie chronique). Un autre est aussi accusé d’avoir eu un faible explosif chez lui.

Enfin y a des dépositions de témoins. L’identité de certains de ces témoins n’a pas été révélée. Une certaine Frolova, proche des accusés, a quitté la Russie après avoir fait une déposition contre eux. Elle dit maintenant que c’était sous la contrainte.


Pourquoi ont-ils avoué ? Parce qu’ils ont été torturés ?

Au départ la plupart ont avoué, puis sont revenus sur leurs aveux en affirmant qu’ils avaient été torturés ou menacés de l’être.

Exemple : « Ils se sont mis à enlever mon slip, j’étais couché sur le ventre, ils ont essayé d’attacher des fils électriques à mes organes génitaux. Je me suis mis à crier et à leur demander d’arrêter. Ils ont répété plusieurs fois : « Tu es le leader. » Pour qu’ils arrêtent, j’ai répondu : « Oui, je suis le leader. » « Vous aviez l’intention de commettre des attentats terroristes. » J’ai répondu : « Oui, nous avions l’intention de commettre des attentats terroristes. », dit Dmitri Ptchelintsev qui dit avoir avoir été torturé dans le sous-sol de la maison d’arrêt de Penza.

Ilia Chakourski a lui aussi dit avoir été torturé dans cette même maison d’arrêt : « Ils ont accroché des fils à mes gros orteils. J’ai ressenti un coup de jus, je n’ai pas pu m’empêcher de gémir, mon corps s’est mis à trembler. Ils ont répété cette procédure jusqu’à ce que je promette de dire tout ce qu’ils voudront. A partir de ce moment-là, j’ai oublié le mot « non » et j’ai toujours répété tout ce qu’ils me disaient de dire. »

Viktor Filinkov a raconté en détail tout ce qui lui est arrivé après son arrestation à l’aéroport de Poulkovo : « Celui qui me torturait alternait coups de courant dans la jambe et coups de courant dans mes menottes. (…) Je me suis rendu pratiquement tout de suite. Je criais : « Dites-moi ce
que je dois dire, je le dirai ! », mais la torture a continué.

Ce qui est marquant dans la description des tortures, c’est leur méticulosité. Filinkov se souvient qu’avant d’être torturé il avait été emmené faire une visite médicale. Ptchelintsev relate que pendant qu’il était torturé à l’électricité, un agent du FSB en gants blancs se tenait à côté de lui et lui prenait régulièrement le pouls.

Igor Chichkine, de SPB, n’a pas déclaré avoir été torturé, mais le doute n’est pas permis ; les membres de la Commission civique de surveillance des prisons de Saint-Petersbourg ont remarqué sur son corps des traces de brûlures dues à des coups de jus, et les médecins ont diagnostiqué chez lui une fracture du plancher de l’orbite, ainsi que de nombreux hématomes et écorchures. Chichkine a signé au FSB une déclaration affirmant qu’il avait subi toutes ces blessures pendant un entrainement.

Aujourd’hui, seuls trois des neufs accusés reconnaissent leur culpabilité, dont le fameux Zorine, qui est le seul à avoir été libéré (les autres sont toujours en maison d’arrêt).

Comment les autorités russes réagissent aux récits relatant ces tortures ?

Elles ne réagissent pas du tout. Le comité d’enquête a refusé d’ouvrir une enquête sur les tortures à l’égard de l’un d’eux, Filinkov.  Idem pour Kapoustine, qui a été libéré après avoir été interrogé (parce qu’il connaît l’un des accusés) et dit s’être fait taser dans le panier à salade qui l’amenait au commissariat. L’un des neuf, Ptchelintsev, est revenu sur ses déclarations relatives aux tortures qu’il a subies, mais a ensuite déclaré que c’est parce qu’à la suite de ces déclarations, il avait été de nouveau torturé, justement pour le faire revenir sur ses déclarations.

La chaine NTV a diffusé un docu d’u ne demi-heure, « Réseau dangereux », où les arrêtés sont qualifiés de dangereux radicaux. On y voit notamment un montage qui cherche à démontrer que Ptchelintsev s’est infligé lui-même les blessures dont il dit qu’elles sont dues aux tortures qu’il a subies.


Que dit le docu de NTV ?
Les mères de deux détenus ont dit que l’enquêteur du FSB les a forcées par le chantage à collaborer avec les journalistes de la chaine. L’avocat de l’un de ces deux-là a déclaré à NTV que le FSB avait démontré la culpabilité de son client (suite à quoi ce dernier a décidé de ne plus faire appel à ses services). L’administration de la maison d’arrêt a cherché les détenus à donner une interview à la chaîne RT, mais ils ont refusé.

C’est un cas unique ? Ou des histoires comparables se sont déjà produites ?

Cette affaire rappelle celle des « terroristes de Crimée », l’affaire Sentsov. À ceci près qu’en Crimée il y avait eu des dégâts commis, quoique minimes ; ici, rien.

Certains lient cette affaire aux élections et au championnat du monde, ou en faisant filtrer les infos sur les tortures les plus atroces, les services ont pu "nettoyer" le milieu à moindres frais, une partie des activistes liés à ceux qui ont été arrêtés ont quitté le pays, d'autres ont fait le profil le plus bas possible.

Quand et où le procès aura lieu ?


L’enquête peut durer jusqu’à l’automne, voire plus longtemps. Pour l’instant, les affaires de Penza et de SPB sont examinées séparément. Il y aura donc peut-être deux procès séparés. Mais comme ils sont inculpés pour des articles « terroristes », seuls quelques tribunaux militaires du pays peuvent les juger. Les gars de Saint-Petersbourg peuvent être jugés dans l’un de ces tribunaux à Moscou, ceux de Penza dans un autre, situé dans à Rostov  — celui-là même où ont été jugés Sentsov et ses camarades.

Camp d'été antiautoritaire 1.-5. Août 2018 à Pirkanmaa en Finlande

Camp d'été antiautoritaire 1.-5. Août 2018 à Pirkanmaa



Bienvenue au camp d'été anti-autoritaire de la nature de Pirkanmaa.
C'est une invitation pour toutes celles, tous ceux qui se battent pour une société plus équitable, horizontale et juste ou qui veut se joindre à la lutte. Il est temps de rassembler et de voir ce qu'il y a à apprendre sur nos victoires et nos pertes. Il est également temps d'avoir une discussion sur la façon dont l'environnement dans lequel nous agissons a changé et de mettre à jour notre analyse. Et enfin, il est aussi temps de se connaître, de s'amuser et d'être ensemble. Le programme du camp se composera d'ateliers, de discussions, de détente et de détente. Les thèmes des discussions concernent les différentes manières de s'organiser en anarchistes, la solidarité, les campagnes locales et globales, les compétences pratiques nécessaires, la récupération de la vie quotidienne, la joie et le sport. Il est temps de mettre à jour les activités anti-autoritaires pour répondre aux demandes d'aujourd'hui!
Le prix du camp est de 50 € pour l'ensemble du camp ou de 12 € par jour et comprend la nourriture végétalienne, l'hébergement (possibilité de camper) et le programme.
Inscrivez-vous au camp en envoyant un mail à l'adresse leiri2018(A)riseup.net . Faites-nous savoir votre nom, numéro de téléphone, et quel groupe ou projet vous êtes actif.
Si vous n'êtes pas organisé dans un groupe, dites-nous quelque chose sur vous et sur ce qui vous intéresse.
Vous recevrez une réponse avec des informations sur le paiement et des informations supplémentaires sur le camp.
Le camp est organisé par la Fédération anarchiste Alusta. Bienvenue!
Fédération anarchiste - Alusta"
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"Welcome to the antiauthoritarian summer camp at Pirkanmaa nature. This is an invitation for everyone who is fighting for more equal, horizontal and just society. Or anyone who wants to join the fight. It's time to gather up and see what there is to learn about our victories and losses. It's also time to have a discussion on how the environment in which we act has changed and update our analysis. 
    And lastly it's also time to get to know each other, have fun and be together.  The program of the camp will consist of workshops, discussions, chilling out and relaxing.  
    The themes of the discussions concern different ways of getting organized as anarchists, solidarity, local and global campaigns, necessary practical skills, reclaiming everyday life, joy and sports. It's time to update antiauthoritarian activities to meet the demands of present day!
    The price of the camp is 50e for the whole camp or 12e per day and it includes vegan food, accommodation (there's also possibility for camping) and the program.
     Sign up for the camp by sending mail to address leiri2018@riseup.net. Let us know your name, phone number, and what group or project you are active with. If you are not organized in any group, please tell us something about yourself and what you are interested in about.
You'll get a reply with information about the payment and some extra-information about the camp.
     The camp is organized by the anarchist Federation Alusta. Welcome!

Anarchist Federation - Alusta"

lundi 25 juin 2018

Russie : La solidarité plutôt que la coupe du monde


Appel Antifa et communiqué de la Fédération Anarchiste

Appel à mobilisation

contre le camp d’été du Bastion Social à Avallon !

 Les 29, 30 juin et 1er juillet devrait se tenir près d’Avallon (89) le « camp d’été » de « Bastion Social », une organisation néofasciste proche des italiens de CasaPound. Impossible de les laisser faire ça tranquillement !

Les 29, 30 juin et 1er juillet doit se tenir, près d’Avallon (89), le camp d’été du Bastion Social.
Comme son nom ne l’indique pas, Bastion Social est une organisation d’extrême droite radicale.
Bastion Social, GUD, Génération Identitaire, Action Française… la montée en puissance de ces groupes fascistes et la façon dont ils agissent deviennent de plus en plus inquiétantes.
Ils procèdent toujours de la même manière : ils profitent d’un ras le bol légitime contre les institutions pour se présenter comme une solution honorable. Pour eux, toujours les mêmes boucs émissaires : l’étranger, la différence.
Il est toujours plus facile pour ces néofascistes de s’attaquer au migrant(e) qui quitte son pays et passe les frontières au péril de sa vie que de s’en prendre aux puissants.
Dresser des pauvres contre des pauvres n’est pas une solution acceptable.
Ces réactionnaires pensent pouvoir se faire passer pour des défenseurs des acquis sociaux, mais jamais le fascisme partout où il réussit à arriver n’a été synonyme d’avancées sociales.
Malgré leurs discours volontairement confus invoquant la "justice sociale", leurs quelques ridicules actions d’ouverture de "centres sociaux" réservés aux Blanc·hes ou leurs cantines (au porc), ils ne nous feront pas oublier leur vraie nature et leurs actions violentes : ratonnades, attaques de lieux LGTB-friendly, têtes de sangliers à l’entrée de mosquées, couteaux dans le dos...
Ils sont racistes, fascistes, antisémites, homophobes et ils ne pourront jamais être une réponse aux injustices que nous subissons.
Pour leur université d’été qu’ils comptent tenir à Avallon, Bastion Social a nommé sa promo « François Duprat », du nom d’un fasciste revendiqué, antisémite assumé membre fondateur du FN.
Pour nous c’est un affront à ce que représente le Morvan : le Morvan a été une terre du maquis avec plus d’une trentaine de groupe organisés pour combattre le nazisme et ses idées qu’aujourd’hui ils veulent nous ramener.
Il est hors de question de tolérer cet affront, il est hors de question de tolérer ces fachos, ici ou ailleurs.
Nous ferons donc tout pour empêcher la tenue de leur camp et appelons

le 30 juin à 12H sur la place du marché/place du Général de Gaulle à Avallon

près de la mairie, à un pique-nique tiré du sac et manifestation festive qui prouvera que le Morvan est avant tout une terre d’accueil.
Que chacun·e passe un appel à la mairie, à la sous-préfecture ou à l’endroit qui va loger ces fachos, pour dire notre colère face à ce rassemblement !
Sous-Préfecture : 03 86 34 92 00
Préfecture : 03 86 72 79 89

P.-S.

Il va sans dire que cet événement nécessite la plus grande vigilance de la part de toutes et tous : il n’est pas rare que ces groupuscules, galvanisés par leur lâcheté, traînent les rues pour « ratonner » les personnes seules ou en infériorité. Sous leurs apparences « sociales », ils continuent à agresser, allant parfois jusqu’à poignarder.

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Communiqué de la Fédération Anarchiste

Convergence Antifascite à Avallon!

La Fédération Anarchiste se joint à l’appel ci dessus de divers syndicats, associations, organisations politiques et collectifs antifascistes à se mobiliser le 30 juin à 12H sur la place du marché à Avallon (89) contre le camp d’été de « Bastion Social » fondé par les ex GUDards, organisation néofasciste proche des italiens de CasaPound. Nous ne pouvons tolérer que de tels groupes organisent en toute impunité des camps d’entrainements politiques et semi militaires.
Pas de quartiers pour les fascistes pas de fascistes dans nos campagnes !!

25/06/2018
Fédération Anarchiste