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lundi 17 juin 2019

De Hambourg à Biarritz : «United we stand» - On reste soudé·e·s!

Appel à actions décentralisées les 6 et 7 juillet 2019 en solidarité avec tou·te·s ceux·elles qui sont touché·e·s par la répression, entre autres suite au G20 de Hambourg.

Appel à actions décentralisées les 6 et 7 juillet 2019 en solidarité avec tou·te·s ceux·elles qui sont touché·e·s par la répression, entre autres suite au G20 de Hambourg.
Nous relayons ici l’appel de « United we stand » pour des actions décentralisées les 6 et 7 juillet 2019 en solidarité avec tou·te·s ceux·elles qui sont touché·e·s par la répression. 

Cela fait déjà deux ans que les manifs, les colonnes de fumée, les vitres brisées et les sirènes du G20 de Hambourg sont passées. Malgré la violence policière massive, ce sont les souvenirs de moments libérateurs qui prédominent, comme un espoir tangible exprimé à travers la colère de dizaines de milliers de personnes.

Unite against repression – Uni·e·s contre la répression 

La répression n’a pas seulement pris la forme d’une violence policière inouïe pendant le sommet. Elle est allée bien plus loin : surveillance, traques publiques, enquêtes, diffamation, amendes et privations de liberté pour de nombreux·ses ami·e·s.
Des conditions de détention indescriptibles et un système de justice politique, infligeant des privations de libertés aberrantes directement après le sommet, sont une riposte brutale pour un sommet échoué que personne ne voulait. Pourtant, l’escalade et le démantèlement conséquent de droits fondamentaux par la police étaient d’une évidence prévisible. Le « festival de la démocratie » s’est transformé en un désastre pour les libertés publiques.
En décembre 2018 a démarré le procès de la « Elbchaussee ». Quatre jeunes Allemands d’Offenbach et le poète français Loïc S., seul encore en détention à ce jour, doivent payer pour une série de voitures et vitres dégradées aux abords d’une manifestation dans le quartier d’Altona. Comble de l’ironie, l’expression de notre solidarité a été qualifiée de « pédagogiquement négative » par le tribunal et a été utilisée pour justifier le déroulement du procès à huis clos.
Outre le procès « Elbchaussee », d’autres poursuites judiciaires contre notre mouvement sont en cours et à venir. Elles concernent la fête des barricades dans le quartier « Sternschanze », la manifestation de la veille au port, et le déchaînement de violences policières dans le district « Rondenbarg ». Il est donc plus que jamais nécessaire de rendre notre solidarité audible et visible.

Unite to resist – Uni·e·s pour résister 

Mais la résistance de Hambourg était et reste légitime dans toute son ampleur face à la crise mondiale actuelle de la machinerie capitaliste. Nous ne nous laisserons pas impressionner par les lois autoritaires à venir et le violent virage vers la droite que prend la société. Il s’agit au contraire de s’opposer d’autant plus à l’oppression économique, la catastrophe environnementale et l’agitation raciste et antiféministe.
Cette année, la France de Macron tient la présidence du G7. Dans un climat de tensions sociales croissantes et de répression, le sommet de Biarritz en août 2019 donnera également lieu à des protestations massives. Nous serons à nouveau debout côte à côte, sur les plages de l’Atlantique, pour lever nos poings face à l’appareil répressif. Aucun sommet ne se passera jamais au calme.
Construisons la solidarité transfrontalière ! Poursuivons la lutte pour une société fondée sur la solidarité et contre les sommets des dirigeants et de leurs sbires ! Après le sommet, c’est avant le sommet ! Notre solidarité contre leur domination !

L’alliance des structures solidaires contre le G20 en Allemagne appelle à des actions de soutien à l’occasion du second anniversaire du sommet de Hambourg les 6 et 7 juillet 2019. Organisez-vous dans votre ville et devenez actif ! La solidarité est notre force !
De Hambourg à Biarritz : United we stand ! 

Source : https://de.indymedia.org/node/33676


Communiqué : Soutien à Yannis Youlountas

Le 14 juin 2019
La Fédération anarchiste apporte son soutien plein et entier à Yannis Youlountas, lâchement agressé par des néo-nazis, dans la nuit de jeudi à vendredi 145 juin 2019, au Pirée, Grèce.
Même s’il est hors de danger, il a dû passer la nuit à l’hôpital. Yannis semble avoir été suivi après être sorti du centre social autogéré Favela, alors que la nuit venait de tomber. Il portait un tee-shirt au logo de Favela qu’on venait de lui offrir. Par chance les trois agresseurs ont été dérangés par l’arrivée d’un groupe de personnes en provenance de la station de tram voisine. Yannis a aussitôt été emmené aux urgences.
La Fédération anarchiste souhaite un prompt rétablissement à Yannis et réaffirme son engagement antifasciste.
No pasaran !

Fédération Anarchiste

mercredi 12 juin 2019

Poznań (Pologne) : Rozbrat ; on y est, on y reste !

En octobre, le squat Rozbrat fête ses 25 ans. Malheureusement, son avenir est plus que jamais menacé. Rozbrat est situé dans la ville de Poznań, dans l’ouest de la Pologne. Le terrain a été squatté en 1994 et est depuis devenu un centre culturel et politique. Plus de 20 personnes habitent le squat, qui sert également de refuge pour les personnes sans abri.



Le lieu est assez grand. C’est ici qu’est né le syndicat anarchiste Initiative Ouvrière et l’organisation d’autodéfense juridique. Rozbrat abrite le siège de la Fédération Anarchiste locale, le Food not Bombs, une bibliothèque et une maison d’édition anarchiste, des ateliers de vélo et d’impression, une école de langue, un club de sport, des salles de concert et de répétition pour les musiciens. De nombreux évènements ont été organisés à Rozbrat, notamment des expositions et des concerts, des pièces de théâtre et des projections de films, des conférences et des séminaires, des ateliers et des réunions …

Rozbrat a accueilli plusieurs générations de militants qui ont joué un rôle crucial lors de nombreux mouvements sociaux. Ils ont activement défendu les habitants les plus exclus de la ville, en soutenant et lançant des manifestations de défense des travailleurs, des locataires, de l’environnement et d’évènements antifascistes. Ils ont aussi cofinancé l’association régionale des locataires et organisé des blocages d’expulsions, rendant presque impossible l’abandon des sans-abri, des personnes malades, handicapées, agées ou ayant des enfants.

Dans un communiqué paru le 15 mai, Rozbrat a déclaré :
« Nous avons fourni un soutien organisationnel, juridique et moral à des milliers de victimes du capitalisme et de l’Etat, et nous avons soutenu d’autres groupes indépendants en Pologne. Nous construisons un mouvement qui repose sur la solidarité et l’entraide, plutôt que sur la concurrence et le chacun-pour-soi. Nous avons organisé des centaines de rassemblements et de manifestations, refusant le mépris que subissent les gens des classes exploitées, ayant des opinions politiques ou une couleur de peau différentes. »
Une tentative d’expulsion a déjà eu lieu en 2009, mais aucun acheteur ne s’est déclaré lors de la vente aux enchères. Aujourd’hui, l’avenir du squat est à nouveau incertain. En mai, le bureau des huissiers de justice a annoncé qu’il préparait une vente aux enchères de la propriété. Cette décision a été prise malgré le fait que Rozbrat avait saisi le tribunal pour obtenir des droits de possession (l’affaire est toujours en cours).

Le statut juridique du terrain, où Rozbrat est situé, est compliqué. Il a été nationalisé après la Seconde Guerre mondiale et, après 1989 et la transition de la Pologne au capitalisme, il a été repris par une entreprise privée, dans le cadre du processus de reprivatisation. Le nouveau propriétaire a rapidement fait faillite, suite à plusieurs emprunts. Le prêteur, une banque, a vendu le terrain à une société de négoce de titres de créance. La société demande maintenant que le terrain soit vendu pour un montant estimé à 1,4 million d’euros, ce qui va certainement mener à une nouvelle tentative d’expulsion du squat, afin de laisser le champ libre aux développeurs et spéculateurs fonciers.

Rozbrat ajoute, dans son communiqué :
« Le maire de Poznan a déclaré qu’il ne disposait d’aucun outil pour forcer la banque à renoncer à son droit et laisser les anarchistes occuper le terrain. Or, nous savons que l’Etat et la municipalité peuvent légalement défendre la propriété sociale. Ils refusent simplement de faire usage de ce droit et de mettre fin à la spéculation foncière. L’huissier de justice, les spéculateurs immobiliers et leurs alliés politiques ont à nouveau pris des mesures juridiques pour se débarasser de nous. Nous sommes convaincus qu’après 25 ans, cette zone appartient à la communauté de Rozbrat et doit rester une propriété collective du mouvement. Nous ne l’abandonnerons pas sans nous battre. Rozbrat a prouvé à de nombreuses reprises qu’il servait l’intérêt public, contrairement aux autorités qui représentent les intérêts privés des promoteurs immobiliers. »

Rozbrat sera certainement obligé de se lancer dans une bataille juridique onéreuse et compliquée pour se défendre. Le squat a lancé un appel au don de solidarité pour couvrir les frais de justice sur le compte de WSL : BIGBPLPW 03 1160 2202 0000 0002 3589 7475 (« Don pour sauver Rozbrat »).

Merci de partager l’information.
Bien sûr, nous invitons chaleureusement à notre festival d’anniversaire les 13 et 14 septembre
Collectif Rozbrat

Evénement facebook pour ses 25 ans https://www.facebook.com/events/337285440347555/
Rozbrat
Pułaskiego 21a
60-607 Poznan, Pologne
http://www.rozbrat.org/
Si vous souhaitez soutenir ce lieu :
le compte bancaire c’est : Wielkopolskie Stowarzyszenie Lokatorów IBAN: PL 03 1160 2202 0000 0002 3589 7475
SWIFT: BIGBPLW

vendredi 3 mai 2019

Tentative d’assassinat à Publico

Un compagnon anarchiste a été violemment agressé à coup de couteau dans la librairie Publico cet après-midi. A priori, rien ne montre qu'il s'agisse de le viser spécifiquement mais plutôt l'organisation qu'il représente, nous, anarchistes au sein de la Fédération Anarchiste.

Nous ne nous laisserons pas impunément menacer, intimider ou violenter. Nous continuerons à porter, haut et clair, nos messages politiques, qui sans doute dérangent en ces temps de lutte. Nous continuons le combat contre cette société qu'on nous impose.

Solidarité avec notre compagnon, Solidarité avec Publico,

Vive l'anarchie
Paris 2 mai

lundi 8 avril 2019

Solidarité avec GIORGOS et les membres du groupe anarchiste ROUVIKONAS

https://www.lepotcommun.fr/pot/mjj83sy2


NOUVEL APPEL DU 7 AVRIL 2019 
CONTRE L'EMPRISONNEMENT 
DU CO-FONDATEUR DE ROUVIKONAS 


Suite à une énième condamnation, Giorgos Kalaitzidis, l'un des membres les plus exposés du groupe anarchiste ROUVIKONAS en Grèce, vient d'être sommé, ce samedi 6 avril 2019, de payer sous huitaine 3 000 euros sans quoi il sera aussitôt incarcéré pour une durée de 1 an et 4 mois de prison.

Cette somme s'ajoute à beaucoup d'autres amendes et frais de Justice et, concernant les peines, à un total de 56 mois de prison à lui seul (Giorgos a déjà passé 18 mois en prison). 

Le groupe ROUVIKONAS dans son ensemble est aujourd'hui menacé de 200 000 euros d'amendes et de 528 mois de prison (44 ans au total), auxquels s'ajoutent environ 25 000 euros de frais de Justice.

Parmi les nombreuses actions poursuivies : la destruction du fichier des personnes surendettées, celle du bureau de privatisation du bien commun, le blocage de négociations avec la Troïka, plusieurs intrusions au Parlement et dans d'autres lieux de pouvoir...). Pour plus de détails sur les actions de ROUVIKONAS :



Ni Giorgos ni les membres du groupe ne sont aujourd'hui en mesure de payer ces sommes astronomiques. Le groupe ROUVIKONAS sont soudeur.euses de chantier, électricien.nnes, institutrice.eurs, serveur.euses, libraires, jardinier.ères, infirmière.er, marin.es, éducateur.trices spécialisé.es, étudiant.es en philo...

Fin février, un convoi solidaire(1) en provenance de France, de Suisse et de Belgique a apporté un important soutien financier à ROUVIKONAS, mais cette forte somme a entièrement été utilisée le mois dernier par le groupe pour éponger une partie de ses dettes. 

C'est pourquoi, ce dimanche 7 avril 2019, nous lançons un nouvel appel pour soutenir Giorgos et les autres membres de ROUVIKONAS, leur éviter d'être incarcéré.es et leur permettre de continuer à lutter. 

Nous appelons à une solidarité financière aussi forte que leur engagement. Depuis plusieurs années, la solidarité offensive de ROUVIKONAS continue grâce à notre solidarité défensive qui parvient, dans l'entraide, à annuler certaines des peines qui les menacent.

L'objectif de cet appel est d'atteindre au moins 10 000 euros supplémentaires(2) pour mettre en échec la répression par l'argent de l'Etat.
                                                                                           
Ce soutien n'est pas seulement financier, mais politique. C'est pourquoi, même si vous n'avez pas les moyens de participer à ce pot commun, il est important que vous propagiez l'information dans vos réseaux.

Merci pour Giorgos et les autres membres de ROUVIKONAS.

LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME ! 

LA LUTTE POUR LA JUSTICE, L'ÉGALITÉ ET L'ÉMANCIPATION SOCIALE N'A PAS DE FRONTIÈRES !

Collectif de soutien à Rouvikonas


(1) Compte-rendu du convoi, dont le soutien à Rouvikonas :
http://lamouretlarevolution.net/spip.php?rubrique15

(2) Précision concernant le montant affiché sur le compteur : 1300 euros ont déjà été versés précédemment pour les frais du Justice d'une action de Rouvikonas devant l'ambassade et le consulat de France à Athènes, en avril 2018 (des projections de peinture rouge sur toute la longueur de la façade du bâtiment pour protester contre la répression subie, dans l'hexagone, par les manifestant.es, zadistes, migrant.es et solidaires). La somme collectée cette fois est donc la somme totale affichée au compteur moins 1300 euros.

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Co-fondateur du groupe Rouvikonas, Giorgos est sur le point d'être jeté en prison pour une durée de plus d'un an, suite à une nouvelle sommation à payer reçue hier.

NOUVEL APPEL POUR EMPÊCHER L'INCARCÉRATION DE GIORGOS ET DES AUTRES MEMBRES DE ROUVIKONAS

Les condamnations tombent et se multiplient(1). Le groupe Rouvikonas est écrasé par un total de 200 000 euros d'amendes et de 528 mois de prison (44 ans), auxquels s'ajoutent environ 25 000 euros de frais de Justice.
Fin février, un convoi solidaire(2) en provenance de France, de Suisse et de Belgique a apporté un important soutien financier à ROUVIKONAS, mais cette forte somme a entièrement été utilisée le mois dernier par le groupe pour éponger une partie de ses dettes.
C'est pourquoi, ce dimanche 7 avril 2019, nous lançons un nouvel appel pour soutenir Giorgos et les autres membres de ROUVIKONAS, leur éviter la prison et leur permettre de continuer à lutter :
https://www.lepotcommun.fr/pot/mjj83sy2

Nous appelons à une solidarité financière aussi forte que leur engagement. Depuis plusieurs années, la solidarité offensive de Rouvikonas continue grâce à notre solidarité défensive qui parvient, dans l'entraide, à annuler certaines des peines qui les menacent.
L'objectif de cet appel est d'atteindre au moins 10 000 euros supplémentaires(2) pour mettre en échec la répression par l'argent de l'Etat.
Ce soutien n'est pas seulement financier, mais politique. C'est pourquoi, même si vous n'avez pas les moyens de participer à ce pot commun, il est important que vous propagiez l'information dans vos réseaux.
Merci pour Giorgos et les autres membres de Rouvikonas.

LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME !
LA LUTTE POUR LA JUSTICE, L'ÉGALITÉ ET L'ÉMANCIPATION SOCIALE N'A PAS DE FRONTIÈRES !

Collectif de soutien à Rouvikonas

(1) Parmi les nombreuses actions poursuivies : la destruction du fichier des personnes surendettées, celle du bureau de privatisation du bien commun, le blocage de négociations avec la Troïka, plusieurs intrusions au Parlement et dans d'autres lieux de pouvoir...). Pour plus de détails sur les actions de ROUVIKONAS :
https://www.youtube.com/watch?v=342ZzVVCm70
(2) Compte-rendu du convoi, dont le soutien à Rouvikonas :
http://lamouretlarevolution.net/spip.php?rubrique15

samedi 3 novembre 2018

Russie : Soutenons les anarchistes et les antifascistes arrêtés à Pétersbourg et à Penza!

L'affaire "Réseau"

L'affaire pénale du "réseau" terroriste " a été ouverte par le FSB en octobre 2017. En moins d'un mois, Yegor Zorin, Ilya Shakursky, Vasily Kuksov, Dmitry Pchelintsev, Andrey Chernov et Arman Sagynbayev ont été arrêtés à Penza. Deux Penzents - Maxim Ivankin et Mikhail Kulkov - ont quitté la Russie et ont été mis sur la liste des personnes recherchées. En janvier 2018, Victor Filinkov et Igor Shishkin ont été arrêtés à Petersburg dans la même affaire. Le 11 avril, des accusations ont été portées contre un autre homme de Saint-Pétersbourg, Yulia Boyarshinov. Le 5 juillet, deux autres personnes impliquées dans cette affaire, Mikhail Kulkov et Maxim Ivankin, ont été arrêtées à Penza. Ils ont été accusés de se préparer à la production et à la vente de drogues à grande échelle (section «d» de la partie 4 de l'article 228.1 du Code pénal utilisant la partie 3 de l'article 30 du code pénal). En juin, les affaires Ivankin et Kulkov ont été jointes à l'affaire de l'organisation du « réseau ». Auparavant, des jeunes avaient été arrêtés en mars 2017 avec Alexei Poltavts, un antifasciste, et accusés de possession de drogue. Selon Poltavets, après avoir été arrêtés, ils ont été torturés et battus, exigeant de témoigner contre leurs camarades de la mouvance antifasciste.
La plupart des personnes impliquées dans cette affaire sont des antifascistes et des anarchistes. Le FSB affirme que toutes les personnes arrêtées étaient membres de l'organisation clandestine « réseau » et voulaient commetre des attentats lors de l'élection présidentielle et de la Coupe du monde dans le but de «secouer la population pour déstabiliser davantage la situation politique dans le pays» et susciter une insurrection armée. Le "réseau" de cellules aurait fonctionné à Moscou, Saint-Pétersbourg, Penza et en Biélorussie.
Les proches des accusés à Penza ont déclaré que, lorsqu'ils ont été arrêtés, les jeunes gens ont été tabassés et ensuite torturés. Victor a décrit en détail la torture. Ilya Kapustin a également parlé d'interrogatoires avec l'utilisation d'un pistolet paralysant, il a été libéré mais reste sous contrôle judiciaire. Plus tard, comme l'épouse d'Alexandre Filinkov, il s'est rendu en Finlande, où il a demandé l'asile politique. Pchelintsev et Shakursky ont affirmé que les agents du FSB les avaient torturés à l'électricité dans le sous-sol du centre de détention de Penza. Shishkin n'a pas dit avoir ete torturé, mais les médecins lui ont diagnostiqué une fracture inférieur de l'orbite, de nombreux hématomes et écorchures, et des membres du POC qui se sont rendus à Shishkin dans un centre de détention provisoire ont enregistré de nombreuses traces sur son corps, similaires à des brûlures de fils électriques.
Auparavant, le CI avait déjà refusé d'engager des poursuites pénales pour torture à l'encontre de Filinkov et de Kapustin. L'enquêteur avait alors décidé que, dans l'affaire Filinkov, l'utilisation d'un pistolet paralysant était légale et que les marques sur le corps de Kapustin provenaient de piqûres de punaises de lit. Valery Tokarev est à la tête de l’enquête menée par le département du Penza-Penza, qui s’occupe du dossier. À Saint-Pétersbourg, l’enquête est menée par l’enquêteur du FSB, Gennady Belyaev.
Les proches des personnes arrêtées étaient réunis au sein du comité «Réseau de parents». La partie 2 de l'article 205.4 du Code pénal (participation à une communauté terroriste), selon laquelle «l'affaire Penza» a été ouverte et fait actuellement l'objet d'une enquête, prévoit une peine de cinq à dix ans d'emprisonnement.

Soutenez les anarchistes et les antifascistes arrêtés à Pétersbourg et à Penza!

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Anarchic Black Cross Moscou
Traduction : juste une étincelle noire - Fédération Anarchiste Lyon

Russie : L'antifasciste Viktor Filinkov dénonce la torture par des officiers du FSB

Texte datant de janvier 2018
"L'antifasciste Viktor Filinkov, accusé de participation à une entreprise terroriste, a été torturé. Cela découle de la conclusion de la Commission d’observation publique de Saint-Pétersbourg, qui a rendu visite au jeune homme au SIZO-3. La conclusion est à la disposition des éditeurs d'ATS-Info. Les observateurs ont enregistré de nombreuses traces de brûlures causées par un pistolet paralysant dans la poitrine. Selon Viktor, il aurait été blessé dans la voiture dans laquelle il aurait été mis par des agents du FSB après avoir été arrêté à l'aéroport de Pulkovo. De là, il a été conduit au département de police du district de Krasnogvardeisky, puis à l'hôpital numéro 26.
De l'hôpital, Viktor a été emmené dans la forêt où il a été battu par des hommes masqués pendant cinq heures. Durant les tortures, les officiers du FSB ont demandé à Viktor de faire des aveux. Viktor a été menacé, si il refusait, ce passage à tabac serait "une version « soft » de ce qui pourrait lui arriver".
Après que Viktor ait été emmené au FSB, il a donné un "témoignage". Le jeune homme a été menacé, en cas de refus de témoigner au procès, de le placer en centre de détention dans une cellule avec des personnes atteintes de tuberculose.
Il a ensuite été conduit dans son appartement où il vivait avec un ami pour une perquisition. L'ami a également été menacé, lui demandant "ce qu'il saivait" pour que « tout se passe bien ».
Sur les mains de Viktor ont pouvait voir les très grosses marques rouges des menottes. Le sang de Viktor, venant d'être battu, a été essuyé avec un chapeau lui appartenant. L'acte de l'enquête a été lui aussi été imprégné du sang de Viktor par des membres du PMC, ces traces sont maintenant dans le dossier de la conclusion de la commission. "

Source : https://avtonom.org/
Traduction : Juste une étincelle noire- Fédération Anarchiste Lyon

Russie : Souhaitons un bon anniversaire à Viktor Filinkov, anarchiste et prisonnier politique !

Le 8 novembre 2018, Victor Filinkov, ami et camarade ,activiste de la cybersécurité anarchiste, antifasciste, fêtera ses 24 ans. Malheureusement, il passera son anniversaire dans les cachots du SIZO N ° 3 à Saint-Pétersbourg. Mais Victor ne désespère pas même lorsqu'il est confronté à la torture et à une détention prolongée. Le moment est venu de lui exprimer notre soutien.
Victor Filinkov est né au Kazakhstan, dans la petite ville de Petropavlovsk, près de la frontière avec la Russie. Il est allé en Russie pour faire des études supérieures, dans la ville d'Omsk, où il a fait des études de programmeur. Il a également commencé à s'engager dans politiquement. Victor a participé à des manifestations syndicales, politiques et à des actions antifascistes. Ayant déménagé à Saint-Pétersbourg, il a travaillé comme programmeur et a consolidé ses connaissances et ainsi que celles de ses camarades. Victor n'a jamais caché ses convictions et n'a pas craint d'engager des discussions au travail ou dans la rue, choisissant toujours des arguments scientifiquement fondés et pesants, détruisant les stéréotypes racistes, de genre et envers son engagement.
En janvier 2018, Victor a été arrêté par des agents du FSB à l'aéroport de Pulkovo. De là, il a été emmené dans une zone forestière, puis torturé, l'obligeant à avouer. Mais Victor n'a pas été brisé, il a été le premier inculpé dans l' affaire du Réseau , qui a ouvertement dénoncé la torture et a ainsi lancé une alerte publique autour de cette affaire.
Victor était et reste un partisan des connaissances scientifiques et, même maintenant, dans le SIZO, il ne cesse de s'instruire et utilise son temps au maximum. Nous lui souhaitons un bon anniversaire de préserver sa persévérance et sa fermeté de caractère, et surtout de pouvoir célébrer son prochain anniversaire avec des amis et des proches.
Rappelons que Yana Teplitskaya, membre de la Commission d'observation publique de Saint-Pétersbourg, a déclaré que Viktor n'avait pas reçu de médicaments pour le centre de détention. L'administration a "une instruction spéciale" de ne pas prendre de médicaments pour Filinkov ". Victor a de graves problèmes de foie et d'estomac, d'ostéochondrose et de psoriasis aggravés.

Nous invitons tout le monde à faire preuve de solidarité et à soutenir Victor! Vous pouvez écrire vos félicitations à travers le site RosUznik .
Vous pouvez également envoyer vos lettres par courrier indépendamment à l'adresse suivante: 191123, région de Saint-Pétersbourg et de Léningrad, Saint-Pétersbourg, PKU Sizo-3 FSIN de Russie, ul. Shpalernaya de 25 ans Filinkov Viktor Sergeevich 1994, n.

Source : https://avtonom.org/
Traduction : Juste une étincelle noire - Fédération Anarchiste lyon

Russie : Arman Sagynbayev: I Was Tortured by the FSB

Antifascist and anarchist Arman Sagynbayev, who was arrested and remanded in custody as part of the Penza-Petersburg “terrorism” case, had until recently admitted his guilt. On September 4, he withdrew his confession, explaining that initially he had been tortured into testifying against himself and other young men arrested in the case, and then had been afraid to go against case investigators. His defense counsel has sent a statement to the Russian Federal Investigative Committee. Mediazona has published Sagynbayev’s deposition to his lawyer, in which Sagynbayev recounts how FSB field agents tortured him after detaining him in Petersburg.
In November 2017, officers of the Russian FSB [Federal Security Service] used unlawful investigative methodw (torture) against me. The circumstances were as follows.
On 5 November 2017, at approximately six o’clock in the morning, the doorbell of an apartment at [omitted] in St. Petersburg, where I was located at the time, rang. I opened the door, since when I had asked who was there, I was told the neighborhood beat cop was at the door. As soon as I opened the door, at least four men burst into the apartment. They yelled that they were from the FSB. They pushed a weapon (pistol) into my face before making me face the wall and handcuffing me with my hands behind my back. The men searched the apartment.
When the search was over, I was taken to a burgundy colored minivan parked next to the house whose address I have given. I would be hard pressed to name the vehicle’s make and model. A cloth sack was put over my head when I was in the vehicle. One of the men hit me in the body and head, demanding I tell them where I actually lived in St. Petersburg.
I could see through the fabric of the sack over my head that the man beating me was thickset and had blue eyes. I also made out the tattoo on the backside of his left hand: “For the Airborne Forces.” Later, I heard the other FSB officers call him [omitted].
Unable to withstand the beating, I told them where I actually lived in St. Petersburg: [omitted]. I was taken to the address I gave them, and there the men conducted a search without producing a warrant and without having official witnesses present [as required by Russian law].
When the search was finished, I was again put in the minivan and the sack was put over my head. At some point, I realized we were leaving St. Petersburg, but I had no way of knowing where we were going. I had a sack over my head and was handcuffed during the entire trip.
As we drove, I noticed that the man with the Airborne Forces tattoo, who had assaulted me, pulled a brown box from under his seat. There were two switches of some kind on the sides of the box. I cannot say what they were for. It is possible they controlled the intensity of the electrical current. Two wires came out of the box, which were attached to my thumbs. I was told they would check whether they had a current or not. I then experienced agonizing pain. I realized they were shocking me with electric currents. Meanwhile, the men in the vehicle asked me different questions. For example, I was asked to identify people whom I did not know, and when I said I did not know them, I would be shocked with the electrical current.
The men also hit me hard over the head with an object that resembled a day planner. When they realized I could not identify the people they named, they asked me other questions, for example, how to manufacture explosive devices and what parts were used in those devices. When my answers did not satisfy the men, I was hit over head and shocked with electrical current until I told them what they wanted to hear. They also told me that if I were not cooperative, they could do anything whatsoever to me and my loved ones, and they would get away with it, because I was a terrorist. They told me they could rape (“gang-bang”) my girlfriend [omitted], cut off her hands and my hands, and burn us with a soldering iron.
The torture lasted for around four hours, but I cannot say for sure, since I had no way of keeping track of the time, and I was in a great deal of pain.
When I was delivered to Penza Regional Remand Prison No. 1, there were burns from the electrical shocks on my hands, but no one paid any mind to these injuries, and the doctors did not record them when I was given a medical exam. Since I have been in custody in Penza Regional Remand Prison No. 1, no more illegal actions—beatings, torture, etc.—have been taken against me.
Fearing for the lives of my close relatives, for the life of [omitted], and for my own life, due to my health, which has worsened due to a serious illness, and due to the torture I endured, I testified against [Dmitry] Pchelintsev and myself, saying we had organized the so-called Network,  which was not really true.
Attorney Timur Miftakhutdinov: Did you report the circumstances you have described and the unacceptable investigative methods used on you to the public defender and the case investigator?
Saginbayev: I told attorney O.V. Rakhmanova everything and showed her the injuries from the electrical shocks on my hands. But I flatly refused to file a statement about the incident, since I still feared for the lives and safety of my relatives and the people I love. I thus forbade attorney O.V. Rakhmanova from reporting the incident to anyone and especially from sending complaints to the prosecutor’s office and the Investigative Committee. That was why I wrote to you in February 2018 that I had not been subjected to torture.
Miftakhutdinov: What position do you now intend to pursue with regard to the criminal case?
Saginbayev: My position, which I communicated to the case investigator when I was interrogated, has not changed for now.  I ask you to stick to it.
The deposition was conducted on May 31, 2018. Since then, Arman Sagynbayev has changed his stance. On September 4, 2018, he denounced his confession and decided to file a torture complaint.
The Penza-Petersburg “Terrorism” Case
The criminal case against the so-called Network “terrorist community” was launched by the FSB in October 2017. Over the course of a month, Yegor Zorin, Ilya Shakursky, Vasily Kuksov, Dmitry Pchelintsev, and Andrei Chernov were detained in Penza. Arman Sagynbayev was detained in Petersburg and extradited to Penza. Two Penza residents, Maxim Ivankin and Mikhail Kulkov, left Russia and were put on the wanted list.
In January 2018, Viktor Filinkov and Igor Shiskin were detained in Petersburg as part of the same case. On April 11, 2018, charges were filed against another Petersburger, Yuli Boyarshinov.
Most of the young men charged in the case are antifascists and anarchists, and many of them share a passion for the game . The FSB claims that all the arrested men belonged to an underground organization known as the Network and, allegedly, had plans to “arose the popular masses to further destabilize the political situation” in Russia and instigating an armed revolt by setting off a series of explosions during the March 2018 Russian presidential election and the 2018 FIFA World Cup. The Network supposedly had cells operating in Moscow, Petersburg, Penza, and Belarus.
The relatives of the accused in Penza have related that when the young men were detained, weapons were planted in their homes and cars, and late they were tortured. Viktor Filinkov, Dmitry Pchelintsev, and Ilya Shakursky have provided detailed accounts of their torture at the hands of the FSB. Ilya Kapustin, who was released as a witness, also spoke of being interrogated by the FSB as they tasered him. Like Filinkov’s wife Alexandra, Kapustin subsequently left for Finland, where he requested political asylum.
Pchelintsev and Shakursky claimed FSB officers tortured them with electrical shocks in the basement of the Penza Remand Prison. Shishkin made no statement about torture, although doctors found that the lower wall of his eye socket had been fractured, and that he had suffered numerous bruises and abrasions. Members of the Petersburg Public Monitoring Commission who visited him in remand prison noted numerous traces on his body of what looked like electrical burns.
The Investigative Committee has refused to open criminal cases in connection with Filink and Kapustin’s claims of torture. The lead investigator decided that in Filinkov’s case the taser had been employed legally, while the spots on Kapustin’s body had been caused by flea bites, not electrical burns.
Valery Tokarev heads the team of investigators handling the case in the FSB’s Penza office, while in Petersburg the investigation has been led by Investigator Gennady Belyayev.
The relatives of the accused have formed a support committee known as the Parents Network.
The accused have been charged with violating Russian Federal Criminal Code Article 205.4 Part 2, i..e., involvement in a terrorist community, which carries a punishment of five to ten years in prison.
Source : https://avtonom.org/en/news/arman-sagynbayev-i-was-tortured-fsb

mardi 4 septembre 2018

Clément Méric : L'extrême droie tue, faisons son procès



Le premier rendez-vous de cette campagne est un rassemblement mardi 4 septembre à 18h30 rue Havre-Caumartin, sur les lieux où Clément est tombé il y a 5 ans sous les coups des militants de Troisième Voie. Une plaque sera apposée à sa mémoire.

Vendredi 7 septembre

Toujours dans le cadre de la campagne, le comité pour Clément invite à une réunion publique dans l’amphithéâtre de Belleville, afin d’une part de faire le point sur les premiers jours du procès, mais aussi pour revenir sur les circonstances et le contexte de la mort de Clément, et discuter des stratégies antifascistes à mette en place aujourd’hui pour contrer l’extrême droite, dans la rue et ailleurs. La discussion se poursuivra de façon conviviale autour d’un repas préparé par la Cantine des Pyrénées.

Samedi 8 septembre

L’Action Antifasciste Paris-Banlieue appelle à un meeting le samedi 8 septembre à 12h à la Bourse du Travail de Paris. Il réunira différents intervenants autour des axes de lutte chers à Clément, pour tenter de dépasser les enjeux uniquement répressifs de la justice et de mettre en évidence l’évolution de la lutte antifascisme. Plus d’infos ici

Mardi 11 septembre

Le Comité pour Clément appelle à se rassembler pour une action symbolique à 18h30 sur le Pont du Carrousel, là où, en 1995, Brahim Bouarram était jeté à la Seine par des skinheads néonazis en marge d’une manifestation du FN. Un hommage sera rendu à toutes les victimes de l’extrême droite.

Vendredi 14 septembre

Enfin, pour clore la campagne, et dans l’attente du verdict, le Comité pour Clément organise une manifestation qui partira de la place de la République.

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Le 5 juin 2013, à Paris, Clément Méric, syndicaliste à Solidaires étudiant-e-s et militant antifasciste, mourait sous les coups de skinheads néo-nazis.
Du 4 au 14 septembre aura lieu à la Cour d'Assises de Paris le procès des agresseurs de Clément et de ses camarades présents à ses côtés ce jour là.
Les audiences sont publiques : toutes celles et ceux qui le souhaitent peuvent y participer. Tout soutien est le bienvenu.
Il importe que le procès se déroule en toute sérénité.
Il se tiendra à l'ancien Palais de Justice, sur l'Ile de la Cité à partir du mardi 4 à 9h30.
Des moments d'expression militante sont prévus dans des lieux et des moments distincts de ceux des audiences. (Plus d'infos à venir)

Qu’en attendons-nous ?
Essentiellement que la vérité soit dite publiquement sur les circonstances de la mort de Clément et que la dimension politique de ce crime soit clairement mise en évidence. Il ne doit pas y avoir d'impunité pour les crimes fascistes.
Le procès sera l'occasion d'une attention particulière des médias et de l'opinion envers la question des violences de l'extrême droite. Il devra aussi être l'occasion de déconstruire le schéma que certains discours tentent d'imposer, renvoyant dos à dos extrême gauche et extrême droite.

Souvenons-nous : après l’effroi est rapidement venu le temps du doute, soigneusement orchestré. On s’était emballé, les agresseurs n’étaient pas ceux que l’on croyait. Invoquant mensongèrement le contenu d’images de vidéosurveillance, une manipulation médiatique, probablement initiée par des relais de l’extrême droite dans la police, faisait des agressés les agresseurs. Elle venait opportunément cautionner les déclarations des skinheads qui prétendaient avoir agi en légitime défense. Bien que contredite par des responsables de la police judiciaire, cette version fut relayée sans précaution par une large partie de la presse – déclenchée sur RTL trois semaines après la mort de Clément, l’opération de désinformation « La vidéo de l’agression a parlé » avait notamment trouvé un puissant écho au JT de 20 heures de France 2, sous forme d’une infographie représentant Clément attaquant traitreusement un paisible Esteban Morillo. L’effet fut évidemment dévastateur et conduisit une partie de l’opinion à considérer que, finalement, il s’agissait sans doute d’une simple bagarre qui avait mal tourné entre bandes rivales violentes, renvoyées dos à dos.

Or, la mort de Clément Méric n’est pas le résultat d’un malheureux hasard, encore moins le fruit d’une culture de la confrontation physique que partageraient également les groupuscules d’ultra-droite et les mouvements antifascistes.

L’agression doit être resituée dans le contexte politique du printemps 2013, c’est-à-dire un fort mouvement d’opposition conservatrice à l’adoption du mariage homosexuel. La Manif pour tous, mobilisant toutes les droites, avait excité l’activisme d’extrémistes et entraîné une multiplication des violences homophobes ou racistes.

L’agression de Clément et de ses camarades n’a pas été le fait d’électrons libres : les hommes aujourd’hui traduits devant la cour d’assises étaient membres ou sympathisants de Troisième voie, groupuscule ultranationaliste dirigé par Serge Ayoub, alias Batskin, connu dans les années 80 comme chef de bande de skinheads parisiens d’extrême-droite. Ce dernier s’était également entouré d’une milice de gros bras chargée du service d’ordre de son mouvement, les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR). Ces deux organisations ont été dissoutes par le gouvernement consécutivement à la mort de Clément.

L’enquête a établi que le 5 juin 2013, Esteban Morillo a été en contact téléphonique avec Serge Ayoub immédiatement avant et immédiatement après l’agression, et que tout le groupe s’est retrouvé autour de lui le soir même, dans son bar, où ils ont eu tout loisir d’arranger leur version des faits.

L’actualité récente fournit des exemples de l’implication de proches d’Ayoub et de son organisation dans d’autres affaires, pour certaines criminelles. Ainsi du procès du White Wolf Klan au printemps dernier en Picardie, bande néonazie fondée par un ancien des JNR après leur dissolution et qui s’est rendue coupable de graves méfaits. Ainsi encore de la réouverture en juin 2017 de l’enquête sur la mort d’Hervé Rybarczyk, militant antifasciste lillois retrouvé noyé dans la Deûle en 2011. Deux anciens membres des JNR sont poursuivis pour cette agression qui pourrait avoir été la mise en œuvre d’un rituel initiatique d’admission dans la milice de Serge Ayoub.

Clément Méric a été victime d’un groupe de jeunes gens entretenus dans le culte de la violence par un chef porteur d’un programme politique fascisant, ce que souligne la devise des JNR, empruntée au parti de Mussolini : « Croire, combattre, obéir ».

Non, les extrêmes ne se rejoignent pas. Renvoyer dos à dos racistes et antiracistes, homophobes et défenseurs des libertés, fascistes ou néonazis et antifascistes, c’est faire le lit de la haine et de la violence gratuite.

Le procès des agresseurs de Clément sera l’occasion de mettre en lumière la réalité des faits. Nous espérons qu’il soulignera ainsi la différence fondamentale des postures politiques : refuser de fermer les yeux, dénoncer résolument des idéologies contraires aux principes d’égalité, de liberté, et de fraternité, ce n’est pas faire acte de violence, c’est faire acte de résistance salutaire.

http://www.pourclement.org/

lundi 6 août 2018

Soutien à Yannis Youlountas contre defend europe

Communiqué de Yannis :

Defend Europe me poursuit à nouveau en appel : rendez-vous le 17 septembre à Aix-en-Provence

Toujours aussi sympas mes retours dans l’hexagone : une fois de plus, un charmant huissier guettait ma venue pour me remettre une accueillante citation à comparaitre en tant que prévenu
DEFEND EUROPE ME POURSUIT À NOUVEAU EN APPEL : RENDEZ-VOUS LE 17 SEPTEMBRE À AIX-EN-PROVENCE
Trois des chefs européens du réseau anti-migrants Defend Europe (le Lyonnais Clément Gandelin alias Galant, l’Allemand Robert Timm et l’Italien Lorenzo Fiato) ont décidé de continuer leurs poursuites contre moi. Décidément, le fiasco de l’été passé leur reste en travers de la gorge. Il est vrai qu’ils ont battu tous les records du ridicule sur leur radeau de la Méduse repoussé de Chypre à Malte, en passant par la Crète et la Tunisie (petite pensée pour mes camarades de Defend Mediterranea et de la Horde).
Après avoir été relaxé en première instance à Nice le 27 mars dernier, je serai donc jugé cette fois par la cour d’Appel d’Aix-en-Provence le 17 septembre prochain à 14h00.
Mon ami Jean-Jacques Rue sera également à mes côtés (après avoir été condamné à trois mois de prison avec sursis en premier instance pour un simple commentaire sur Facebook).
Si vous voulez nous soutenir, rejoignez-nous le lundi 17 septembre à Aix (il y aura des surprises !), notamment pour le débat contradictoire au tribunal. Notre comité de soutien me demande également de rappeler l’existence d’un pot commun si vous souhaitez nous aider à payer ces frais de justice supplémentaires (que nous n’arrivons pas à couvrir pour l’instant) :
https://www.lepotcommun.fr/pot/hvfshv5n
Bon, retour à mon café. Heureusement qu’il y a d’autres nouvelles plus réjouissantes dans l’épais courrier
Salutations amicales et antifascistes,
Yannis Youlountas

http://blogyy.net/2018/08/04/defend-europe-me-poursuit-a-nouveau-en-appel-rendez-vous-le-17-septembre-a-aix-en-provence/

 

lundi 23 juillet 2018

La croissance de l'anarcho-syndicalisme au Bangladesh et appel à la solidarité.

Le mouvement ouvrier anarchiste du Bangladesh a moins de cinq ans, né des cendres du marxisme-léninisme raté. L'auteur de cet article rappelle la période antécédente de l'histoire du Bangladesh où le marxisme-léninisme était hégémonique. C'était une période de foi profonde et d'affection pour la pensée de Marx, d'Engels, de Lénine, de Staline, de Mao Tsetung et de Trotsky. À la connaissance de l'auteur, aucun des membres du mouvement ne connaissait l'anarchisme en tant qu'idéologie politique et ne le saurait que des décennies plus tard. Nous avons adoré les portraits suspendus des dirigeants marxistes, nous avons étudié leurs livres, et nous avons intégré la discussion de leurs idées dans nos vies quotidiennes. La poursuite de notre vie était de devenir des révolutionnaires socialistes.
Nous étions si fervents dans nos croyances d'un monde meilleur que nous avons sacrifié des vêtements pour les livres, de la nourriture pour le papier. Le mouvement socialiste était déjà actif au Bangladesh lorsque ma génération est passée d'étudier le socialisme à aider à développer un mouvement socialiste de masse. À Dhaka, la capitale, nous avons aidé à la diffusion de journaux pro-soviétiques, nous avons rejoint des organisations étudiantes et nous avons participé à des interviews. Nous avons expliqué le socialisme au peuple, aux travailleurs, des usines aux champs. Notre chemin a été guidé par la science et la liberté d'expression, et nous diffusons nos idées sans imposer aux autres. Mais nous avons fait face au rejet public et à la mort dans nos efforts.
Quand on parlait dans les régions dominées par les musulmans, beaucoup nous condamnaient comme athées et injustes. Et là où nous n'étions pas simplement dénoncés, beaucoup d'entre nous ont été assassinés. Notre lutte a été l'histoire d'effusion de sang. Nous avons perdu beaucoup de nos compagnons. Et bien que les appareils oppressifs nous aient torturés et tués, nous avons poursuivi le rêve de la révolution et continué à faire ces pas pour faire la révolution. Notre travail a augmenté le nombre d'organisations socialistes et de sympathisants dans les villes et les villages. Ils avaient l'intention de lutter contre la tyrannie de l'oppression, contre la dictature militaire nationale et contre l'impérialisme. 


Dès 1980, nous avons pu entendre parler de la nature autoritaire et des contradictions de l'Union soviétique et de la Chine. Nous ne croyions pas que c'était la vérité, que le socialisme «scientifique» pouvait être faux. Nous pensions plutôt que c'était de la propagande impérialiste et de la CIA. L'effondrement de l'Union soviétique et la destruction de la statue de Lénine ont été un grand choc pour nous tous. Avec le bloc de l'Est, les pays socialistes du monde ont changé. Ils se sont éloignés les uns des autres et accueillirent ouvertement une restructuration capitaliste.
Cela a produit un énorme choc dans la pensée de notre mouvement. Nous relisons encore et encore le marxisme, ses fondamentaux. Mais rien de tout cela ne nous a aidé à mieux comprendre l'échec du "socialisme". Nous nous sommes cependant intéressés aux révolutionnaires qui critiquaient le marxisme-léninisme. Cela nous a conduit à lire les œuvres de nombreux anarchistes, tels que Mikhail Bakunin, William Godwin, PJ Proudhon, Peter Kropotkin, Emma Goldman, Errico Malatesta, Alexander Berkman, Max Stirner, Élisée Reclus et Noam Chomsky. Leurs œuvres ne sont pas imprimées, ni en bengali. Notre moyen d'apprentissage a donc été de lire des textes anarchistes à travers Internet en langues étrangères. 



En 2012, beaucoup d'entre nous, anciens marxistes, ont acquis une idée claire de l'anarcho-syndicalisme à partir de nos études sur internet. Parce que j'ai été impliqué dans les luttes des travailleurs du thé (1) depuis 2000, c'est parmi les travailleurs du thé et les amis proches que nous avons introduit les pratiques anarcho-syndicalistes à travers le développement du Tea Workers 'Council. Ce conseil ne portait pas le nom d'une doctrine ou d'une partie spécifique. Parce que les vieilles méthodes autoritaires persistaient, une articulation claire de l'anarchisme et un ré-arrangement selon ses principes étaient nécessaires.
En conséquence, le 1er mai 2014, de nombreux militants syndicaux ont formé un comité de 23 membres attachés aux principes de l'anarcho-syndicalisme.



Ce comité a favorisé l'émergence d'organisations anarcho-syndicalistes dans 52 localités au Bangladesh. Nous recevons actuellement de l'aide de la Fédération anarcho-syndicaliste australienne pour améliorer notre organisation. Avec leur soutien, nous essayons également de devenir membre de l'International Workers Association (IAA, appelé aussi IWA-AIT).
Nous recherchons la solidarité de nos frères et sœurs camarades dans le monde entier. Nous voulons travailler avec tout le monde et lutter aujourd'hui pour la solidarité des compagnons de voyage à travers le monde.
 
Texte de AKM Shihab (basfsylhet (A) gmail.com)  Sylhet, Bangladesh, Juin 2018.
Traduction "Juste une étincelle noire"

(1) La plus grande partie de la production de thé exportée au Bangladesh est relativement élevée dans les exportations agricoles. Dans le même temps, il s'agit d'une zone de production où les travailleurs sont souvent presque totalement privés de leurs droits et exploités dans de très mauvaises conditions de travail et des salaires extrêmement bas. Souvent, les travailleurs du thé (environ ¾ sont des femmes *) sont des descendants de migrants venus d'Inde. L'exclusion économique et sociale et la discrimination dont ils font souvent l'objet font que beaucoup d'entre eux ont peu d'autres possibilités que la production de thé.

mercredi 11 juillet 2018

Rassemblement : Urgence pour Sentsov, Koltchenko et les autres prisonniers politiques ukrainiens de Poutine

Le 13 juillet 2018, deux jours avant la finale de la Coupe du monde de football, ce sera le 61ème jour de grève de la faim du réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, ce sera également son anniversaire : 42 bougies qu'il soufflera en tant que prisonnier politique de Vladimir Poutine. Il a, à ce jour, perdu plus de 15 kg. (voir ci après le texte de sa soeur qui a pu le voir pour la première fois en 4 ans).
Poutine détient dans son goulag d'autres prisonniers politiques, dont nombre ont été soumis à la torture. Parmi eux également Alexander Koltchenko, connu en Crimée pour ses engagements antifascistes, syndicaux, anarchistes, écologistes, et condamné par l’État russe lors du même procès que Sentsov. L’accusation de « terrorisme », qui a servi à couvrir ces ignobles décisions d’un tribunal qui exécute les ordres du pouvoir politique russe, n’a aucun fondement. Ils ont été torturés et condamnés parce qu'ils luttent contre l'oppression exercée par l’État russe, tant sur le territoire russe qu'en Crimée. 
Sentsov ne combat pas pour sa propre libération. Il a annoncé qu'il ferait grève de la faim tant que tous et toutes les prisonnier-e-s politiques ukrainien-ne-s détenu-e-s en Russie et en Crimée ne seraient pas libérés. Au delà c'est contre le tyran Poutine qu'il combat : "Nous sommes peut-être destinés à devenir des clous dans le cercueil du tyran. J'aimerais être un de ces clous. En tout cas, sachez que ce clou-là ne pliera pas." 

Pour la libération immédiate d'Oleg Sentsov, d'Alexandr Koltchenko et de tous les autres prisonniers politiques ukrainiens en Russie, et pour les libertés démocratiques dans tous les pays :


 ♦ nous invitons le 13 juillet 2018, à 19h, place Igor Stravinski (Paris, à coté de Beaubourg), tous les hommes et toutes les femmes qui considèrent que le combat de Sentsov est juste, qui demandent la libération immédiate de Koltchenko et Sentsov, et au-delà la libération rapide de tous et toutes les prisonnier-e-s ukrainien-n-es poursuivi-e-s pour des raisons politiques en Crimée et en Russie, et tous ceux qui comprennent que, pour la démocratie dans tous les pays, Vladimir Poutine est dangereux

♦ nous invitons les rédactions et journalistes commentant la coupe du monde à prendre leur responsabilité et à profiter du fort audimat pour faire connaître lors de cette dernière semaine de coupe du monde les cas de Koltchenko et de Sentsov, et d'exiger leur libération

 ♦ nous appelons les diplomates, leaders et officiels (français notamment) à cesser de cautionner les exactions de l’État russe et à refuser d'assister à la Coupe du monde. Ainsi Macron ne doit pas aller voir le match en Russie mardi 10 juillet et doit œuvrer pour une victoire : celle de sauver des vies, et notamment celle de Sentsov en exigeant sa libération immédiate

 ♦ nous appelons à amplifier la solidarité internationale afin de dénoncer l'enlèvement et la détention de Koltchenko et Sentsov, et exiger leur libération immédiate


Collectif Koltchenko : Ligue des Droits de l’Homme, Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme, Groupe de résistance aux répressions en Russie, Ukraine Action, Russie-Libertés, CEDETIM - Initiatives Pour un Autre Monde - Assemblée Européenne des Citoyens, Action antifasciste Paris-Banlieue, Collectif Antifasciste Paris Banlieue, Mémorial 98, Union syndicale Solidaires, CNT-f, CNT-SO, Emancipation, FSU, FSU 03, CGT Correcteurs, SUD éducation, SUD-PTT, Alternative Libertaire, Ensemble !, L’Insurgé, NPA, Fédération Anarchiste, Critique sociale. 

Lien pdf : ici 

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Des nouvelles d'Oleg Sentsov

Information d'après le média Hromadske, 5 juillet 2018 :

La soeur de Oleg Sentsov (Mme Kaplan) pour la première fois depuis 4 ans a été autorisée à le visiter et l'a fait.
"J'ai pu rencontrer Oleg Sentsov, nous avons pu parler durant deux heures. Il s'agissait d'une visite de courte durée. Actuellement Oleg pèse 75 kg.,  sa taille étant de 190 cm., durant la grève de la faim il a perdu 15 kg."
Mme Kaplan dit avoir parlé à Oleg des actions de soutien qui se déroulent dans le monde et de ce que le militant qirimtatar Emir Hussein Koukou l'a rejoint dans sa grève de la faim.
"Il est très reconnaissant de ce que l'on fasse tant d'actions autour de son nom, que les gens ne baissent pas les bras et continuent la lutte. Mais en même temps il est très déçu par le peu d'attention que l'on porte aux autres prisonniers politiques, et que si le seul résultat est sa libération à lui, son action aura été un échec total."
 
"Il demande notamment tant à Lyoudmyla Denissova, qu'aux médecins indépendants qui avaient tentés de venir le voir, les consuls, l’archevêque Clément, d'aller voir les autres prisonniers, de ne pas les oublier."
Aujourd'hui, selon Natalie Kaplan, l'état de santé de Oleg Sentsov est satisfaisant, "quoique les analyses ne soient pas très bonnes". Rien de critique pour l'heure.
"Hier, il allait très mal, aujourd'hui ça va mieux. Il est venu à la visite sans aide extérieur. Son état empire le soir. Il dit que ça va beaucoup mieux maintenant. Les plus difficiles ont été les trois premières semaines de la grève de la faim. Maintenant il reçoit des injections intraveineuses.  Sans quoi il ne serait plus en vie. Il n'a pas l'attention d'arrêter la grève de la faim. Il dit qu'il ira jusqu'au bout et qu'il croit en la victoire. Il est optimiste. Il pense que ce n'est pas en vain. Il croit en la victoire." 

Lettre de prison de l’anarchiste Lukas Borl de République Tchèque

Voici une lettre du compagnon anarchiste Lukáš Borl, inculpé pendant l’opération Fenix, qui a frappé des anarchistes de République Tchèque. Depuis, il est sorti de prison. Pour un aperçu global de ce qu’a été l’opération Fenix, lire le texte en dessous de la lettre du camarade.
 
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Dimanche septembre 4 septembre 2016, j’ai été arrêté par la police dans la ville de Most et incarcéré en préventive dans la prison de Litomerice.
Malheureusement, est arrivé ce que je ne voulais pas qui arrive ; cependant, je savais depuis longtemps que cela pouvait se produire à tout moment. Heureusement, je me suis préparé mentalement à une telle éventualité, ce qui me permet de gérer avec calme ce type de réalité désagréable, à laquelle je suis exposé en ce moment, tout comme le sont mes proches.
J’ai été capturé par ceux qui défendent la domination du Capital sur nos vies. Toutefois, cela ne change rien à ma volonté de continuer le long du chemin que j’ai choisi. Je continuerai à détruire et à créer. A lutter et à aimer. Je reste anarchiste, avec tout ce que cela signifie. J’ai décidé pour l’instant d’écrire quelques lignes à propos de ma détention. Dans peu de temps, je m’exprimerai certainement sur d’autres sujets que je considère importants.



Avant l’arrestation
Ce n’est un secret pour personne qu’à partir d’un certain moment j’ai choisi de « disparaître », car je craignais que la police prévoie de m’arrêter. J’ai exprimé mes raisons dans le texte « Disparition de la surveillance du pouvoir d’État » [à lire en anglais ici : https://lukasborl.noblogs.org/disappearing-the-state-control/ ], qui a été publié sur différents sites du mouvement anarchiste. Le choix que j’ai fait m’a permis de vivre caché et assez heureux pendant quelques mois. Je me suis déplacé librement et j’ai mangé de la bonne nourriture. Le monde entier est devenu ma maison et j’ai pu y trouver des havres d’existence sociale et culturelle.
Grâce au soutien émotif et matériel reçu, j’ai eu assez d’énergie pour continuer à me battre pour l’émancipation. J’avais connaissance des risques qui étaient associés à un tel choix, mais je n’ai jamais pensé arrêter et je ne le pense pas maintenant non plus. Se libérer de l’autorité de l’État et du capitalisme est un but tellement attrayant que ça m’est impossible d’en distraire mon attention. Même le fait que le pouvoir me menace de ses mains, ses bâtons ou ses prisons… Être anarchiste signifie pour moi voir chaque menace comme une conséquence inévitable de mon désir manifeste de liberté. Cela est lié à la vie quotidienne des rebelles. Un fait que je ne peux pas éviter, mais que je peux défier. Chose que je fais et que je continuerai à faire.
Les circonstances de mon arrestation
La police m’a arrêté à Most, la petite ville où je suis né et où j’ai longtemps vécu. J’ai une partie de ma famille et beaucoup d’ami-es. A Most, au côté d’autres personnes, on avait fait vivre le centre « Ateneo » et on avait organisé une longue série d’événements liés au mouvement anarchiste. Bref, dans cette ville, je suis assez connu, et par les gens et par la police et les bureaucrates.
Certains jugeront « stupide » ma décision de venir dans cette ville pendant que j’étais sous le coup d’un mandat d’arrêt européen. Même si les personnes qui me sont les plus proches le pensaient, je ne les blâmerais pas. Parce qu’elles observent cela à partir d’une position différente de la mienne. Du coup, je conçois que certaines personnes ne comprennent pas les pensées et les actes de quelqu’un qui est en clandestinité depuis longtemps. La vie d’une personne en cavale est marquée par la séparation avec les personnes qu’elle aime et avec lesquelles, auparavant, elle était en contact strict et fréquent. C’est une des choses les plus dures à affronter pour une personne qui se trouve dans une telle situation. Trouver de l’argent, de la nourriture, un abri ou la sécurité sont, par rapport à cela, des tâches relativement faciles. Il y a deux façons d’affronter une telle séparation. Soit l’accepter passivement, ce qui signifie aussi s’exposer à la douleur et à une frustration infinie. Ou bien essayer de surmonter la séparation par des contacts occasionnels, ce qui, bien entendu, augmente de beaucoup le risque d’être capturé par la police. J’ai « instinctivement » choisi la deuxième option. Je savais ce que j’étais en train de risquer et ce que je pouvais perdre. Mais je savais aussi que dans l’isolement je pouvais perdre quelque chose de très important pour moi – les contacts avec les personnes auxquelles je tiens et qui tiennent à moi. C’est pourquoi j’ai décidé de venir à Most, en ayant conscience des risques.
Tout aurait pu bien se passer et j’aurais pu très prochainement me déplacer en lieu plus sûr ; cela n’était pas difficile et j’avais tout préparé avec soin. Mais, comme tout le monde le sait, dans la vie arrivent parfois des événements inattendus, qui ne peuvent pas être prévus ni évités. Dans de tels cas, la préparation, la volonté ou l’habilité n’aident pas. On est entraîné par les événements, sans être capable de les prévoir ou de les changer. C’est exactement ce qui m’est arrivé. Du coup, non seulement je n’ai pas pu voir mes proches, mais j’ai également été arrêté. Je n’expliquerai pas maintenant pourquoi et comment cela est arrivé. Je le ferai peut-être à l’avenir.
Déclarations de la police
Peu après mon arrestation, on m’a présenté un document qui officialisait ma mise en cause dans une affaire criminelle. J’ai décidé d’exercer mon droit au silence pendant toute cette procédure L’enquête est menée par la section de police pour la lutte contre le crime organisé (ÚOOZ). Ils m’accusent d’avoir fondé, supporté et promu un mouvement visant à la suppression des droits humains et des libertés. Selon l’ ÚOOZ, j’ai fondé le Réseau des cellules révolutionnaires (SRB), participé à certaines des actions du SRB et j’aurais écrit certains de ses communiqués, ainsi que publié ces derniers sur le site web « Asociace Alerta ». De plus, ils déclarent que j’ai perpétré une violation de la propriété et la dégradation de la propriété d’autrui, cela à quatre reprises. Deux fois lors d’incendies de voitures de police. Une fois lors de l’incendie de la porte d’un magasin. Et une par un tag sur la prison Ruzyne de Prague. Enfin, l’ÚOOZ m’accuse aussi de la campagne de boycott du propriétaire du restaurant de steaks « Rizkarna ».
J’ai étudié attentivement toutes ces accusations, pour trouver sur quelles bases l’ÚOOZ croit que j’ai mené ces actions. Honnêtement, cela m’a tranquillisé, parce que ces « preuves » sont un mélange de spéculations et d’évaluations de « pistes » qui, en réalité, ne prouvent pas ma participation à ces actions.
Défense
Cela est bien connu, je n’ai pas de sympathie pour le système judiciaire. Je le considère comme une partie des instruments répressifs du capitalisme, dont je suis un ennemi. J’ai néanmoins décidé d’essayer de me défendre au tribunal, au vu de la faiblesse des « preuves » que le ÚOOZ présente contre moi. Je me rends compte que ce choix signifie se battre sur le terrain de l’ennemi avec des armes limitées. Cela est la raison pour laquelle je n’ai pas des attentes exagérés ou des illusions sur le fait que le tribunal soit une institution indépendante qui puisse servir aux luttes d’émancipation.
Je me défendrai au tribunal, mais je reste toujours sur l’idée que la lutte anarchiste doit se baser en premier lieu sur la logique subversive de l’action directe plutôt que faire confiance à des instruments institutionnels de l’État et à des formes d’action indirectes (avec des représentant-es médiateurs-trices). Au vu de ce que j’ai dit et fait depuis des années, le type de lutte que je préfère est clair. Je continuerai à agir en accord avec cela et je veux que ce soit la même de la part des personnes qui se solidarisent avec moi.
Encore armé et dangereux
Pendant ma période de cavale, la police et les médias me définissaient comme « dangereux et armé ». J’ai confirmé cela dans un texte (Lukas Borl in viewfinder of the police). Au moment de mon interpellation, la police m’a pris ma gazeuse de défense, mon poing américain, un pistolet à gaz avec deux chargeurs et 23 recharges (ces armes peuvent être achetées légalement en République Tchèque, sans un permis de port d’arme). Maintenant ils me gardent en taule. Je maintiens que je suis encore armé et dangereux. Dangereux (pour la capitalisme) parce que, même derrière ces barreaux, je refuse de m’adapter aux conditions d’exploitation et j’encourage d’autres à se rebeller contre celles-ci. Je suis encore armé, grâce à ma volonté d’être solidaire. Jusqu’à présent, ils ne sont pas parvenus à me l’enlever et l’ont considéré comme quelque chose d’important pour les poursuites criminelles. La solidarité et l’esprit de révolte sont des armes que j’ai encore en moi et que je suis prêt à utiliser. Je l’ai déjà fait, je le fais et je continuerai à le faire.
Terrain de lutte
En tant qu’anarchiste, j’ai toujours été conscient de la possibilité d’être arrêté. Après tout, chaque régime supprime ses opposants de cette manière. Maintenant, je suis en détention préventive mais je ne considère pas cela comme la fin de mon parcours anarchiste. La prison est simplement une des nombreuses étapes qu’un révolutionnaire peut (mais ne doit pas nécessairement) traverser. Ce n’est pas la fin. Juste un changement de circonstances et du terrain où je lutterai à présent contre les oppresseurs. Ça me fait plaisir de pouvoir continuer à combattre au côté d’autres anarchistes. Avec ceux qui comprennent que la lutte collective est la seule issue pour sortir du marécage capitaliste.
Actions de solidarité
Tou.te.s ceux/celles qui sentent le besoin de me soutenir peuvent choisir leur façon et temporalité, selon leurs propres considérations. Je ne dirai à personne quoi faire, ni comment. Mais clairement je ne veux voir personne, sans mon consentement, renier des actions directes faites en solidarité à mon encontre. Si je ne suis pas d’accord avec une action, je le dirai moi-même, si je le considère important.
Un conseil pour ceux/celles qui ont des doutes sur quel type d’action serait la bienvenue : prenez des informations sur mon passé, pour comprendre quelle sont mes positions idéologiques. Si cela vous fait sens. De cette manière vous pourrez mettre de côté tout doute sur quel type d’action serait la bienvenue pour moi et quel type ne le serait pas. Pas de temps à perdre.
Aucune paix sociale avec ceux/celles qui nous oppriment et nous exploitent. La lutte continue !
Salutations anarchistes depuis la taule.
Votre frère, ami, compagnon Lukáš Borl
11.9.2016, Litoměřice 
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Répression dans la soi-disante République Tchèque

Anti Fenix (traduction reçue par mail) / avril 2018



Sur un mur de la prison de Prague. « La répression n’arrêtera pas le désir de liberté ! »

Les répressions et la surveillance policière dirigées contre les mouvements anti-autoritaires et subversifs ont toujours été présents. Ces dernières années, nous avons pu en faire l’expérience à une échelle jusqu’alors inconnue dans le contexte et l’histoire de la République Tchèque, avec coup monté, des accusations de terrorisme, large diabolisation médiatique, tentatives de diviser le mouvement, propagation de la paranoïa, emprisonnement et de longues et exténuantes audiences pénales. « L’Opération Fenix », le nom donné par la police à l’opération de provocation policière qui a eu lieu, a un rapport avec d’autres mesures répressives dans des contextes d’Europe et d’Amérique du Nord. Particulièrement parce que le status quo utilise la tactique de diviser pour mieux régner, au cœur même de ses sens et objectifs. Nous espérons que cette chronologie vous aidera à mieux comprendre notre expérience et à savoir à quoi vous attendre à l’endroit où vous vivez et où vous vous organisez.
28 avril 2015 : Les mesures répressives majeures ont débuté. Tôt le matin, la police perquisitionne plusieurs maisons, ainsi que le centre social Ateneo dans la ville de Most. Ils confisquent plusieurs outils informatiques, notamment un serveur qui hébergeait des pages web radicales et du matériel imprimé. Ils arrêtent 11 personnes et de nombreuses autres sont convoquées pour un interrogatoire. Les personnes furent obligées de donner leur ADN et leurs empruntes digitales, contre leur volonté. Trois anarchistes, Petr, Martin et Aleš sont placés en détention provisoire. La police garde le silence total sur les informations concernant l’affaire.
Mai 2015 : Petr, Martin, Aleš et Sasa (Sasa n’était pas placé en détention provisoire) sont accusés de conspiration en vue de la préparation d’une attaque terroriste sur un train transportant de l’équipement militaire. Deux autres anarchistes sont accusés d’être des co-conspirateurs, étant au courant du projet d’attaque, mais ne l’ayant dénoncé à la police. Malgré le silence sur l’affaire, les médias publient l’information fuitée selon laquelle l’objectif officiel de l’opération Fenix est de révéler et de se débarrasser du Réseau de Cellules Révolutionnaires, un groupe qui a incendié de nombreux véhicules de police, barrières de péage, ainsi que les véhicules d’un patron et propriétaire de restaurant qui ne payait pas les salaires.
Le collectif AntiFenix est fondé en tant que groupe de radicales-aux qui sentent qu’on ne peut pas rester calmes face à une telle répression. AntiFenix coopère de près avec l’Anarchist Black Cross, avec une attention particulière sur les événements autour de la répression immédiate de retour à la maison.
6 mai 2015 : Après trois ans d’existence, le squat Cibulka est expulsé. L’expulsion est une énorme et coûteuse opération policière, avec plus de 120 flics anti-émeute lourdement équipés.
L’information sur le coup monté est diffusée.
6 juin 2015 : Les médias sont remplies d’informations selon lesquelles une maison du ministre de la défense de République Tchèque a été attaquée avec plusieurs cocktails molotov. Il n’y a pas eu de feu, les pompiers n’ont pas été appelés et la femme du ministre a trouvé les bouteilles plus de 24 heures après « l’attaque » et a ensuite appelé la police. Les anarchistes se demandent si cette attaque visible et suspecte aura des conséquences et se tournera contre nous.
Juin 2015 : L’information sur le coup monté est diffusée. Le groupe accusé de conspiration était infiltré depuis 2014 déjà par deux agents provocateurs qui ont gagné leur confiance. Les agents enregistraient les réunions avec pour but de développer un plan afin de commettre des actions plus combatives, pour pouvoir commencer l’opération répressive contre le mouvement. En dépit de l’affirmation de la police, selon laquelle toute l’opération a détruit le Réseau de Cellules Révolutionnaires (un groupe insurrectionnel), les sabotages et incendies contre la police et les capitalistes continuent, et leur nombre augmente.
26 juin 2015 : Un autre anarchiste, le compagnon Igor S. est arrêté et reste en détention provisoire, accusé de l’attaque incendiaire contre la maison du ministre de la défense de République Tchèque. Aucune preuve n’est fournie, et cependant les conditions les plus strictes lui sont imposées.
9 août 2015 : Aleš, un des quatre anarchistes emprisonnés, sort de prison alors qu’il était en préventive. La police abandonne l’accusation d’attaque terroriste et l’accuse de port illégal d’armes [NdT : 310 000 personnes possèdent un permis de port d’arme en République Tchèque], accusation basée sur la perquisition de son domicile. Après plusieurs mois, Aleš est déclaré coupable et écope d’un contrôle judiciaire pour ce délit. Aleš ne fait pas appel de la décision de la Cour.
Fin d’été 2015 : Un autre anarchiste, Lukáš Borl, prend la décision de passer en clandestinité, à cause de la surveillance et du harcèlement policier envers lui et celles et ceux qu’il aime.
25 septembre 2015 : Igor est libéré sous caution de sa détention provisoire. Petr et Martin restent en prison.
Novembre 2015 : Petr est libéré de prison grâce aux manquements dans la procédure et au bon travail de son avocat.
Hiver 2015 : La police publie sur internet un profil de Lukáš Borl, comme étant « Recherché » et affirme qu’il est dangereux et armé. Nous considérons ce moment comme étant le début de Fenix 2.
5 avril 2016 : La police débarque dans l’appartement de nos compagnon-nes à Prague. La raison officielle est la recherche de Lukáš Borl. Le jour suivant, le 6 avril, les flics pénètrent dans un autre appartement à Brno, donnant la même raison pour réaliser la perquise.
26-27 avril 2016 : Les premières audiences au tribunal depuis le début de Fenix débutent. Pendant ce grand moment de théâtre judiciaire, l’affaire concernant Igor S. est close à cause du manque de preuves, ce qui est intéressant à la lumière de la décision de la Cour de première instance du sixième district de Prague, de changer la classification de l’acte et de l’accusation de terrorisme. Néanmoins, comme punition pour un graffiti solidaire sur un mur de prison, Igor écope de 2 années de déportation hors de République Tchèque – après que le proc’ a demandé une déportation et de 4 à 8 mois de prison. Igor fait immédiatement appel.
9 juin 2016 : Martin commence une grève de la faim pour protester contre sa détention, contre l’opération Fenix et les mauvaises conditions en prison, telles que l’isolement des activités sociales et sportives, et contre le non-respect de son régime vegan de la part de la cantine de la prison. Martin arrête la grève après 10 jours, en raiosn de la mauvaise santé de sa mère.
20 juillet 2016 : La Haute Cour change la punition de Igor. Il est toujours reconnu coupable d’avoir enregistré quelqu’un qui taguait les murs de la prison. Au lieu de la déportation, il est banni de tous les événements anarchistes publiques pour une durée de 3 ans. Utilisant cette punition comme un outil de contrôle, la police coopère avec le service de liberté surveillée et bannit Igor de tous les événements ou actions qu’elle considère comme anarchiste – des Food not bombs aux manifs, à n’importe quel événement publique annoncé dans un espace gauchiste ou anarchiste, aux concerts ou aux discussions ; pour faire sa liste mensuelle des événements dont il est interdit, la police utilise la page internet radar.squat.net.
Août 2016 : Début des seconde et troisième audiences des anarchistes accusés dans l’opération Fenix.
3 août 2016 : La police débarque à nouveau dans le même appartement à Brno, comme lors du 6 avril 2016, à la recherche de Lukáš Borl. Pareil que pour la fois précédente, ils n’avaient aucune autorisation officielle.
4 septembre 2016 : Lukáš Borl est arrêté à Most, ville où il réside après une année en clandestinité, et placé en détention préventive avec l’accusation de fonder, soutenir et faire la promotion d’un mouvement ayant pour objectif la suppression des droits et de la liberté humaines, de chantage, ainsi que d’attaques incendiaires.
27 septembre 2016 : Après 17 mois de détention préventive, Martin L. est relâché sur décision de la cour Constitutionnelle concernant l’illégalité de n’importe quel prolongement de son incarcération.
Automne, hiver 2016 : Auditions de l’affaire Fenix. De 1 à 5 anarchistes sont accusé-es d’une attaque terroriste contre le train.
13 avril 2017 : Lukáš Borl est libéré sous caution de détention préventive après 7 mois d’emprisonnement.
24 avril 2017 : Petr Blahuš, membre de la Cour, en est exclu pour non-objectivité. Il s’est avéré qu’il a travaillé pendant 13 ans avec la même unité de police, celle qui a en fait créé l’opération Fenix.
10 mai 2017 : Igor est totalement innocenté. Selon la Cour Suprême et la sixième administration de la ville de Prague, il n’a pas commis ne serait-ce que le moindre délit. Le Ministre de l'(in)justice s’excuse des actions illégales de la police et paye une compensation d’envergure d’environ 14,000 euros.
Juin 2017 : La police débarque avec de nouvelles accusations dans l’affaire Fenix 2, accusant 4 personnes supplémentaires, toutes et tous accusé-es de 16 crimes au total. La police fait un lien entre ces quatre personnes et Lukaš et les accuse « d’établir, de supporter et de diffuser un mouvement visant à la suppression des droits humains et de la liberté » pour avoir mis des communiqués en ligne ou pour avoir certaines brochures chez elles et eux.
22 septembre 2017 : Le tribunal de Prague innocente de toutes les accusations les anarchistes accusés par Fenix 1 (l’attaque contre le train). L’avocat d’État fait immédiatement appel. Toute l’affaire ira en Cour Suprême. Il y a toujours une possibilité de peine de prison, dont de la prison à vie pour deux personnes. Les médias ont changé de discours et sont généralement neutres quant aux accusés, ils écrivent sur les provocations policières.
27 mars 2018 : La Cour Suprême de Prague confirme l’acquittement de toutes et tous les accusé-es. Le plus probable, c’est que c’est la fin de la première partie de l’opération Fenix, mais pas de la répression en tant que telle. On reste attentif-ve-s..

FENIX EST-ELLE TERMINÉE ? QUE VA-T-IL ARRIVER ENSUITE ?
Igor est totalement innocenté, les anarchistes accusés par Fenix 1 ont totalement gagné le premier cas, vont-illes donc arrêter de nous appeler terroristes ? Eh bien, l’un de nos efforts est de faire une compréhension commune, que la manière dont nous labelle les institutions répressives ne pose pas vraiment de problème. Ce n’est pas vraiment notre tâche de nous battre contre les grands médias et de prouver que nous ne sommes pas des terroristes ou des extrémistes. On peut plutôt penser à comment se connecter avec des personnes autour de nous et continuer d’expliquer pourquoi un objectif de créer de vraies communautés basées sur l’entraide et la solidarité a toujours été et sera toujours en conflit avec l’État et ses institutions répressives.
Pour beaucoup d’entre nous, le verdict de la Cour est un soulagement. On peut respirer pour un moment, se voir pour dîner et voir nos ami-es dans un état d’esprit plus relaxé, hors des murs de la prison. Ces moments sont importants dans la vie et c’est chouette que l’on puisse en profiter. La Prison est une institution inutile, elle divise les relations, isole les gens et détruit des vies. C’est pourquoi le verdict, peut importe à quel point il soit plus plaisant que « coupable », n’est pas une victoire totale pour nous. Nous n’oublions pas ce que trois années d’investigations ont signifié. Aleš, Martin et Petr ont été emprisonnés pour 27 mois au total et Lukaš a passé un an en clandestinité et après ça 7 mois en prison. N’oublions pas Igor, aujourd’hui innocenté, qui fut cependant dans la plus dure des détentions provisoires pendant trois mois. Il doit toujours faire face à de difficiles restrictions et a du se signaler aux services de liberté surveillé pendant un an et demi. Par dessus le marché, il risque toujours une expulsion de République Tchèque à cause de son séjour en détention provisoire. Les familles, les ami-es et les personnes les plus proches des accusé-es et des emprisonnés tout autant que toutes celles et ceux directement affecté-e-s par l’affaire « Fenix » font face à un gros deal de pression émotionnelle et de séparation. Les perquisitions, les comportements menaçants, la surveillance, les expulsions. Pour résumer, il n’y a rien à fêter. Dans des affaires comme Fenix, il est nécessaire de comprendre ce dont il s’agit réellement. La police ne cherche pas essentiellement de longues peines de prison pour quelques anarchistes. Les unités de répression n’ont pas peur de nous tous-tes seuls-es. Ce qui les effraie c’est que de plus en plus de personnes peuvent en venir à s’identifier à nos idées, plus spécifiquement s’ils utilisent une plus large variété de tactiques. Les défenseurs du statu quo investissent beaucoup d’énergie et de ressources pour garder les gens dans la croyance que c’est la liberté dont ils et elles rêvent.
Nous avons appris une chose. Si nous voulons que nos actions et que notre façon de s’organiser soient vraiment efficaces et dangereuses pour les structures d’oppression qui nous gardent sous contrôle, cela doit venir de discussions collectives et de négociations (sic?) qui vont au delà des contours dans lesquels l’État s’assoit pour nous. Nous avons appris qu’il n’y a pas d’intérêt à se cacher face à la répression, il vaut mieux être prêt-e à lui faire face et créer les conditions qui rendront de telles opérations inefficaces.
Fenix n’est pas une opération visant quelques anarchistes naïf-ves, mais une attaque contre la subversion future dans sa totalité. Prenons soin des un-es les autres, pour être dangereux-euses ensemble.

LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME
Dans cette chronologie nous nous sommes concentré-es sur des événements menés par l’État et ses institutions pour éclairer ce qu’on a traversé. Ça ne veut pas dire que nous devrions nous concentrer et agir en fonction de l’oppresseur. Une des plus grande tâches pour nous en tant qu’abolitionnistes est d’analyser les motifs de la répression partout dans le monde et de transformer notre organisation en une qui soit proactive plutôt que coincée dans la réaction constante. Nous n’avons pas mis les différentes événements et actions solidaires dans cette chronologie parce que les informations sur la répression se seraient presque dissoutes dans toutes les petites actions locales qui ont lieu partout dans le monde. Cependant, nous voulons toujours rester critiques. Au début, quand les choses ont mal tourné, il y eut une grande confusion, un manque de solidarité et une assez grande division au sein de la scène anti-autoritaire. Ce que nous avons trouvé de plus important, c’était d’assurer la solidarité avec les accusé-es et celles et ceux qui les entourent, et principalement de briser la peur et la paranoïa qui s’est rapidement diffusée au sein de la scène de gauche. Nous sentons surtout la nécessité de nous étendre comme un pont au dessus des espaces entre les différents groupes et les différentes approches, pour en venir à une compréhension qu’il nous faut rester uni-es au delà de nos différences quand il s’agit de répression. Nous pensons que créer une défense forte contre la répression ainsi qu’une base solide de solidarité passe par la compréhension de la répression et de ses objectifs, ainsi qu’en s’éduquant les un-es les autres au niveau local et international avec une attention portée sur l’amélioration de la culture de la sécurité.
En tant qu’Anarchist Black Cross/AntiFenix nous avons tenu plusieurs présentations et discussions sur différents sujets, publié plusieurs affiches, brochures et autocollants. Nous maintenons un contact avec les compagnon-nes persécuté-es et leur familles et les soutenons émotionnellement et matériellement par les collectes, des nuits d’écritures de lettre, du bruit ou d’autres manifestations etc…
Dès le début de Fenix, nous avons pu voir de nombreuses actions se tenir partot dans le monde. Des banderoles, des tags, des manifs, des actions aux ambassades tchèques jusqu’aux incendies de voitures de flics, aux banques enflammées ou la libération de visons et d’autres sabotages de fermes à fourrure. Les tactiques sont autant diverses que nous le sommes, et de nombreuses différentes actions et activités peuvent être connectées avec la solidarité et il est important d’agir en solidarité avec différentes luttes et parmi les un-es les autres.
[Traduit d’une affiche publiée en plusieurs langues, avril 2018.]